Rymer, t. V, part. i. p. 79; D. Morice, t. II, col
3. Du 17 juin au 5 septembre, Tévéque de Verdun et le gouverneur d^Ârras sont employés dans un voyage fait à Calais «c pour traicler certaines abstinences de guerre. » Ârrhivesdu Nord, B 1678, f. 65. Cf. 1969, f. 185 v», 18G, 186 vo.
i. Dès le 14 juin ces démarches avaient commencé. Archives du Nord, B 1969, f. 185 i't 188 vo. Le 14 juillet le corps de ville d'Amiens entendait un rapport des bourgeois qui venaient d'être reçus par la duchesse : « Laquelle leur avoit remontré de sa bouche la guerre présente, le traictié do la paix encommenchié à pourparler avec les Anglois, lequel , pour les afaires du Roy et monseigneur le DofTm, n'estoit pas si bien poursuivi que on porroit faire, et que monseigneur d'Orléans, présentement en Angleterre, esloit celui qui moul y porroit, qui ne pooit estre délivré ne venir par dccha sans paier sa renchon qu*il ne pooit faire sans aide , requérant ladicte dame que les habitans de la dicte ville vausissent prester mil salus pour aidier à paier ladicte renchon, ledit monseigneur d'Orléans venu par decha et non avant, et laquelle somme lesdis habitans reprenderoicnt sur le récepteur de mondit seigneur le duc, en dedans l'an, et s'ils le faisoient ce seroit le très grant bien et proufît du Roiame. >> A.i'chives d'Amiens, Reg, des délibérations, vol. V, f. 59.
5. Voyage de Franche-Comté le héraut, du 1»"^ au 31 juillet 1440. Archives du Nord, B1969,f. 191 V et 188 v<».
6. Procurations du duc en date du 16 mai 1440 ; actes de vente passés à Hesdin les 28 mai et 21 aoi^it. Archives, K 66, n»> 2 à 5.
7. Le l«r juillet, Jean Viguier part pour aller à Moulins, vers le Dauphin et le duc de Bourbon, « pour aucunes choses secrètes. » Le 25, Gorquem le poursuivant part de Hesdin, porteur de lettres doses de la duchesse au chancelier de Bourgttgne, au Daupbin et au sire de la Tremoille, « touchans l'appointement et délivrance de monseigneur d'Orieans. » Archives du Nord, B 1969, f. 157 et 196 v».
Ainsi se révèle la politique du duc de Bourgogne. Rattacher à sa cause, par des liens de parenté ou de reconnaissance, tous les princes du sang, afin d'asseoir sa prépondérance sur raffaiblissemeût de la puissance royale, tel était son dessein. En 1425, il avait refusé de s'emparer de la direction politique et l'avait laissée aux mains de son beau-frère^ le connétable de Richembnt ; présentement il visait à une sorte de suprématie. Le duc de Bretagne était depuis longtemps son allié ; le duc de Bourbon, l'instigateur de la révolte à laquelle avaient pris part le duc d'Alençon, le comte de Vendôme et le Dauphin, était son beau-frère et son ami le plus intime à la Cour de France. Le duc d'Orléans allait devenir à la fois son neveu et son obligé.
Nous n'avons pas la correspondance qui dut être échangée entre le fils de Louis d'Orléans et le fils de Jean sans Peur. Mais nous pouvons y suppléer à l'aide des poésies du prisonnier d'Azincourt. Lors des conférences de Gra vélines et depuis, il y eut de part et d'autre des envois de ballades ; on va voir que les lettres missives elles-mêmes , si nous en possédions le texte , ne nous renseigneraient pas mieux sur les sentiments intimes de Charles et de Philippe.
C'est le duc d'Orléans qui commence. Aussitôt arrivé à Calais, il s'adresse à son cousin :
Puisque je suis vostre voisin En ce païs, présentement, Mon compaignon, fraire et cousin, Je vous requier très chierement Que de vostre gouvernement Et estât me faictes savoir.
n n'est jour, ne soir, ne matin Que ne prie Dieu humblement Que la paix prengnè telle fln Que je puisse joyeusement ' A mon désir prouchainement Parler à vous et vous veoir.
Va ma balade prestement
A Saint-Omer, monstrant comment
Tu vas pour moy ramenlevoir
^4-40 LA. DÉLIVRANCE DU' DUC d'oRLÉANS. lol
Au duc, à qui suis loyaument; Et tout à son commandement, S'il en estoit à mon vouloir '.
Le duc de Bourgogne répond par une ballade où il assure ^û « maistre et amy » de son vif désir de le voir, « sans at- ^'^ep, ï hors de prison; Le duc , une fois délivré , pourra fa- ^^ement pousser à la paix ceux qui la voudraient éloigner ; il termine ainsi :
Or pensons de vous allegier De prison, pour tout engagier, Se n'avons paix et union. .
Et du tout m'y vueU obligier En ces te présente saison *.
^u XTioment de faire voile pour l'Angleterre , après Téchec 6s conférences , le duc d'Orléans reprend la plume :
Et sans plus despendre langage A cours mots, plaise vous penser Que vous laisse mon cueur en gage Pour tousj ours , sans jamais faulser.
Si me vueillez recommander A ma cousine , car croiez Que en vous deux, tant que vivrez, J'ay mise toute ma flance , Et vostre party loyaument Tendray , sans faire changement De cueur , de corps et de puissance
Adieu vous, dy présentement, l'out Bourgongnon sui vrayement De cueur, de corps et de puissance ^.
^ ^iic de Bourgogne répond :