‹ Histoire de Charles VIIChapitre 104 sur 307 · MORT DE HENRI V ET DE CHARLES VI (I · texte numérisé non relu

MORT DE HENRI V ET DE CHARLES VI (I

die, acquitta le dû de toute chair, cruellement rappelé de ce siècle par le souverain juge pour recevoir son salaire selon les mérites de ses actions ^.

On raconte qu'une enflure de son ventre et de ses jambes, gonflés comme par l'hydropisie, furent cause de sa mort, et le peuple disait communément qu'il avait gagné ce mal parce qu'il avait ordonné ou permis le pillage et la dévastation par ses gens du domaine et de l'oratoire de Saint-Fiacre, près de Meaux ^. On appelle, en effet, communément mal de saint Fiacre cette maladie qui gonfle hideusement le ventre et les jambes. Il laissa un jeune fils, appelé comme lui Henri, qui, son père mort, fut le jouet des caprices les plus divers et les plus imprévus de la Fortune, un jour hissé sur le pavois, un autre précipité à terre, et qui, à la fin, alors qu'il régnait depuis assez longtemps, mourut d'une mort misérable. Tantôt réunissant sur sa tête les couronnes de deux grands royaumes, et les possédant l'un et l'autre en majeure partie, tantôt n'en possédant aucun, ou entre temps n'en possédant qu'un, enfin privé des deux à la fois avec la vie, il mourut de mort violente, étranglé par la main de ses propres sujets ^.

Au lendemain de la mort du susdit roi d'Angleterre — devenu, comme nous l'avons rapporté plus haut, héritier et régent du royaume de France à la suite du déshéritement du dauphin — Charles VI lui-même, sixième du nom, roi de France, après un règne de quarante-huit ans*, dont la majeure partie à l'état de démence, fut privé de cette périssable

l'intention de faire transporter en Angleterre le corps du saint. En tout cas, Jean Chartier dit, dans son « premier Essai » de Chronique latine (éd. Vallet de Viriville, en tête de la Chronique française, t. I, 1858, p. 5-6), que le roi d'Angleterre mourut du mal de saint Fiacre. Voir, sur ce point, une intéressante dissertation dans la Chronique d'A. Morosini, éd. L. Dorez et G. Lefèvre-Pontalis, t. IV (1902), p. 293-298.

3. Allusion à l'assassinat de Henri VI, le 21 mai 147 1. Basin écrivait donc ce chapitre après cette date.

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