CHAPITRE VII Siège d'Orléans par les Anglais
Quatre ans environ après la bataille de Verneuil, s'étant emparés de quelques places et châteaux situés sur la rivière de Loire — à savoir Jargeau^, à quatre lieues en amont d'Orléans, Meung^ à quatre et Baugency^ à sept lieues en aval, sur les bords du fleuve — les Anglais décidèrent d'attaquer ladite ville d'Orléans, remplie de toute sorte de richesses et peuplée, plus que beaucoup d'autres, d'un grand nombre d'habitants. Comme elle avait des faubourgs très étendus, puisqu'ils comprenaient quatre couvents des ordres mendiants et l'insigne église collégiale Saint-Aignan, avec plusieurs églises paroissiales et beaucoup d'autres oratoires, les bourgeois, craignant que ces faubourgs ne servissent aux ennemis pour se protéger et pour attaquer la ville, emportèrent à l'intérieur des murs les richesses qui s'y trouvaient, puis mirent le feu aux constructions et, une fois réduites en cendre et poussière, les rasèrent au niveau du sol. Néanmoins, les Anglais arrivèrent, sous la conduite du comte de Salisbury *, dont, en matière militaire, la réputation était prépondérante parmi les capitaines anglais. Ils établirent leur camp contre la ville, qu'ils assiégèrent de tous côtés.
Ledit comte avait alors une très forte armée, qu'il avait ramenée récemment d'Angleterre, et à laquelle on avait réuni des troupes composées de vétérans ayant déjà combattu longtemps en France. Mais, comme le camp avait été