Arr. d'Orléans. On écrit aujourd'hui à tort B^augency
4. Thomas Montacute, l'un des meilleurs lieutenants de Henri V. « Plus vaillant homme que lui », dit Le Fèvre de Saint-Remy, « ne fut en Angleterre ni ne peut être sous le soleil. » Quicherat remarque, se fondant sur le Journal du siège d'Orléans, que la destruction des faubourgs n'eut lieu qu'après la mort du comte de Salisbury.
Il8 DE AURELIANENSI CIVITATE AB ANGLIS OBSESSA
atque ripa in qua est civitas sita castra posita essent'^ et illic plures bastilias, instar castellorum structas^, ipsi Angli valide* munivissent, cives vero de trans flumen quociens^ vellent copias Francorum militum infra urbem suam reciperent et annonam largissime per pontem introducerent, consilium Anglicis fuit copiam ingrediendi egrediendique ^ per pontem civibus atque Francis, si possent, intercludere ^.
Aggressi itaque^ magnis viribus turrem-^" expugnare munitissimam, que ex alia ripa fluminis pontem munit ac tuetur^, ipsam vi et armis, cesis pulsisque custodibus, expugnatam in suam redegerunt potestatem et militum suorum magna illic presidia locaverunt. Quo facto, cum jam nec ex una nec altéra fluminis partibus annona vel ulla Vivendi solacia civibus provenirent, urbe undique armis et castris hostilibus circumvallata, coartati sunt non multo post cives et qui illic in presidio consistebant milites multarum rerum necessariarum penuria et caristia. Non tamen animus viresque eis defuere quin se viriliter^ ab hostibus tuerentur, eosque quomodo possent assidue pêne studerent impugnare. Unde cum, quodam die, quem prediximus comes Salisberiensis arcem illam in altero fine pontis intravisset lustraretque^', prospiciens quomodo per eam civitati de triment a inferret, nutu divine providencie que ' urbem ipsam in hostmm potestatem redigi prohiberet, ex menibus civitatis jactus de bom-
a. Manque en P. — h. valde P. — c. quoties P. — d. egrediendi ingrediendique P. — e. igitur P. — /. turrim P. — g. Manque en P. — h. intraret corrigé en lustraret dans la marge, de la main de l'auteur, en G. — i. per P.
I. Sur la rive gauche de la Loire, les Tourelles et la bastille des Augustins, sur la rive droite la bastille Saint-Laurent et la bas-
SIÈGE d'oRLÉANS par LES ANGLAIS (1428) II9
établi seulement sur la rive du fleuve où se trouve la ville et qu'à cet endroit les Anglais avaient puissamment fortifié plusieurs bastilles construites à la manière de châtelets ^ ; comme, d'autre part, les habitants faisaient passer le fleuve, aussi souvent qu'ils le voulaient, aux troupes françaises et les recevaient dans la ville, tandis que par le moyen du pont, tant à l'entrée qu'à la sortie, ils introduisaient des approvisionnements en abondance, les Anglais résolurent d'interdire, si possible, l'accès du pont aux habitants et aux Français ^.
Ayant donc attaqué avec de grandes forces la tour la plus fortifiée qui, sur la rive opposée du fleuve, défend et protège le pont ^, ils s'en emparèrent de haute lutte, après avoir tué ou repoussé ses défenseurs, et y mirent une importante garnison de leurs soldats. Cela fait, comme désormais ni de l'un ni de l'autre côté du fleuve les vivres ou quoi que ce fût pouvant servir à leur subsistance ne parvenaient aux habitants, la ville étant entourée de tous côtés par les bataillons et les campements ennemis, les habitants et les soldats qui y tenaient garnison furent en proie bientôt après à la disette et pénurie de beaucoup d'objets de première nécessité. Pourtant ni courage ni force ne leur manquèrent ; rien ne les détourna d'opposer aux ennemis une résistance virile ni de chercher avec ardeur à les attaquer par tous les moyens. Si bien qu'un jour, comme le susdit comte de Salisbury était entré dans la tour placée à l'autre bout du pont et la parcourait, examinant de quelle manière il pourrait, de là, porter dommage à la cité, un décret de la divine Providence, qui protégeait la ville et l'empêchait de tomber aux mains des ennemis, fit qu'une pierre, lancée du haut des murs par
tille Saint-Loup ; enfin, au nord de la ville, la bastille « Paris ». Voir sur ce sujet une dissertation de L. Dorez et G. Lefèvre-Pontalis dans leur édition de la Chronique d'A. Morosini, t. IV (1902), p. 306-309.
2. C'est, au contraire, par le côté d'outre-Loire que le siège commença, et dès le commencement les Orléanais furent privés de l'usage de leur pont (Quicherat).