‹ Histoire de Charles VIIChapitre 171 sur 307 · PROCÈS DE JEANNE D'ARC I · texte numérisé non relu

PROCÈS DE JEANNE D'ARC I

vigilance dans une prison très rude de la citadelle de Rouen, on ferait contre elle information et procès en matière de foi par-devant messire Pierre Cauchon, évêque de Beauvais^ et l'un des principaux conseillers du roi d'Angleterre, pour cette raison qu'elle avait été prise dans les limites de son diocèse ^.

Il y eut là-dessus de nombreuses discussions, et, pendant des mois, à différents jours et séances, devant les inquisiteurs de l'hérésie, devant plusieurs professeurs de théologie et de droit divin et humain mandés de Paris à cet effet, elle fut interrogée à maintes reprises. Les questions qui lui étaient posées, ainsi que les réponses qu'elle faisait à chacune, furent recueillies avec le plus grand soin par des notaires et rédigées en forme d'actes publics ^. Et l'on s'émerveillait presque unanimement de ce que, à des questions sur la foi ou des articles de foi, ardues même pour des hommes doctes et lettrés, cette petite paysanne répondît avec tant de sagesse et d'à-propos. Les assesseurs, chauds et vifs promoteurs et défenseurs du parti anglais, ne songeaient qu'à s'arranger de telle sorte que, prise au piège d'interrogations habiles et captieuses, elle fût mise en accusation comme coupable d'hérésie. Mais de ses propos et assertions ils ne purent rien tirer dans ce sens de sérieux ni de valable ^.

Elle avait été en fait (comme en témoignaient ceux qui connaissaient sa vie et ses mœurs avant qu'elle fût venue vers le roi et même après qu'elle eut vécu parmi les hommes

celle fût menée à Rouen et avant même qu'elle eût été rachetée de Jean de Luxembourg » (Quicherat).

3. En minute française d'abord, par le notaire Guillaume Manchon, assisté de ses collègues Pierre Taquel et Boisguillaume, minute dont nous n'avons, avec le manuscrit d'Urfé (Bibl. nat., no 8838 du fonds latin), qu'une copie fragmentaire. Après le jugement, on rédigea le procès en latin sous forme authentique en cinq expéditions, dont trois nous sont parvenues en original (Bibl. nat., n°^ 5965 et 5966 du fonds latin ; bibl. de la Chambre des députés, n° II 19). Voir la Note critique mise par P. Champion en tête de son édition du Procès de condamnation, 1. 1 (1920), p. v et suiv.

4. C'est précisément ce que Basin s'appliquera à démontrer plus tard dans son Mémoire consultatif (voir notre Introduction, p. xi).

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