‹ Histoire de Charles VIIChapitre 173 sur 307 · PROCÈS DE JEANNE D ARC · texte numérisé non relu

PROCÈS DE JEANNE D ARC

d'armes) pleine de piété, fréquentant autant qu'elle le pouvait les églises et les oratoires consacrés à Dieu. Et quand, se trouvant aux champs et gardant son troupeau, elle entendait les cloches sonner, à l'élévation du corps et du sang du Seigneur ou à la salutation de la bienheureuse Marie, elle avait coutume de s'agenouiller et de prier Dieu avec grande dévotion et ferveur.

Mais elle af&rmait avoir consacré à Dieu sa virginité. Et qu'elle eût transgressé son vœu, bien qu'elle eût vécu longtemps au milieu de soldats et d'hommes dissolus et perdus de mœurs, jamais on n'a pu lui en faire reproche. Bien plus, des matrones l'examinèrent et l'inspectèrent sur son intégrité, quand elle était aux mains des Anglais ; elles ne purent reconnaître ni rapporter autre chose, sinon qu'elle était restée absolument intacte. Elle excusait le port de l'habit masculin en disant que Dieu lui avait commandé d'y recourir et de revêtir une armure, de peur d'inciter à de coupables désirs les hommes avec qui elle serait obligée de demeurer jour et nuit au cours des expéditions guerrières, ce qu'elle aurait pu malaisément éviter si elle eût porté un vêtement de femme. Mais évidemment, quelle que fût la vertu dont l'image ou le portrait pût briller en elle, il était bien difficile qu'elle pût se justifier auprès de ceux qui la tenaient prisonnière, alors qu'ils ne cherchaient et ne poursuivaient rien avec plus de chaleur et d'inclination que son malheur et sa perte. Car les Anglais pensaient d'un même avis et proclamaient d'une seule voix qu'ils ne pourraient jamais combattre heureusement les Français ni remporter sur eux la victoire tant que la Pucelle, qu'ils traitaient de sorcière et de malfaisante, serait en vie^Et comment son innocence pouvait-elle

expertas etiam P. — d. inferre P. — e. habitus P. — /. Manque en P. — g. Dans l'interligne, de la main de l'auteur, en G. — h. Ces deux mots manquent en P.

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