GUERRE EN LORRAINE (1431) ÏJ
entre le roi de Sicile René, duc d'Anjou et de Bar, et celui qu'on appelait communément le comte de Vaudémont ^, chacun d'eux prétendant que le duché de Lorraine devait lui revenir. Cette querelle dégénéra en une lutte sanglante.
Le comte avait l'appui des Bourguignons, dont l'armée ne montait pas à plus de 4,000 hommes, mais ces soldats « peu nombreux » en comparaison de leurs ennemis « étaient du moins vaillants à la guerre^ ». L'armée de René, composée de Lorrains, de Français et d'Allemands, comprenait, disaiton, plus de 20,000 hommes. Car il avait, en même temps que ses Lorrains, beaucoup de gentilshommes allemands du Rhin et des terres voisines. Il avait aussi le très brave et très illustre capitaine messire de Barbasan^ avec un grand nombre de Français.
Les Bourguignons, avec le susdit comte, ayant dressé leur camp en Lorraine et l'ayant établi et fortifié selon l'art et la doctrine militaires, le susdit roi René vint pour les combattre avec toute son armée. Fiers de leur nombre, méprisant la médiocrité de leurs adversaires et en faisant peu de cas, ils voulurent tout de suite et sans aucun délai en venir aux mains avec eux. En vain le vieux chevalier Barbasan s'efforça-t-il de réfréner leur ardeur téméraire. Il leur donnait le conseil de ne pas se jeter précipitamment sur l'ennemi et de ne pas engager la lutte à la légère avec un adversaire qui disposait d'un camp parfaitement fortifié, avec l'avantage du terrain sur lequel il l'avait placé ; il leur conseillait aussi de différer de deux ou trois jours l'attaque et d'installer leur
Angleterre (Paris, 1847, in-40), p. 239-244. Voir aussi le Journal d'un bourgeois de Paris, éd. Tuetey (1881), p. 274 et suiv.
1. Le duc de Lorraine était mort le 25 janvier 1431. « Antoine de Lorraine, comte de Vaudémont, prétendait que la Lorraine n'était pas un fief féminin et que, par conséquent, René d'Anjou n'avait pu y accéder par son mariage avec la fille du dernier duc défunt » (Ouicherat) .