‹ Histoire de Charles VIIChapitre 199 sur 307 · A l'abbaye de Saint-Vaast d'Arras, le 5 août · texte numérisé non relu

A l'abbaye de Saint-Vaast d'Arras, le 5 août

l86 DE PAGE APUD ATREBATUM FACTA (I435)

tensa suasque partes ut melius possent servaturi ac defensuri. In propria autem persona"^ affuit illic Philippus, Burgundionum dux, cum multis prelatorum et principum virorumque nobilium et potentium magnifico comitatu, in donariis atque impensis et apparatibus variis magnifici principis exhibens dignitatem. Affuerunt et ad conventum illum reverendissimi ac preclarissimi viri, sciencia virtutibusque insigniter adornati, cardinalis Sancte Crucis ^, Carthusiensis régule et observancie, apostolice sedis* legatus (cui tune presidebat Eugenius papa quartus^'), et cardinalis Cypri^ vulgo nuncupatus, a sacrosancta sjmodo generali, tune Basilee congregata, destinatus.

Lugebat enim merito condolebatque, ut pia mater, sancta romana et tôt a universalis Ecclesia tam nobilis et potentis"' quondam ac^ christianissimi regni totque populorum christianorum contricionem et desolacionem, quod olim clipeus et munimen singulare defencionis tocius christianitatis contra inimicos christiane religionis esse consueverat. Unde, quod sui muneris exigebat racio, execucioni demandans, prefatos reverendissimos patres ad tam sanctum opus, un de solacium et fructus toti christianitati provenirent, perficiendum, sancciendum atque roborandum destinavit ^, qui et partes inibi collectas ad pacis bonum adhortarentur et, ubi ingrueret faciendi nécessitas, pro tocius orbis christiani et-^' Ecclesie Dei salute, éciam ad id perficiendum per gladii spiritualis censuras districte coartarent ceteraque faceret '^ que tam necessarie atque fructuose rei profutura vidèrent, seu eciam obstancia tollerent que conficiende hujusmodi paci

a. Leçon de P ; persona manque en G. — h. sedis apostolice P. — c. 4^"^ G. — ^. ac potis P. — e. et P. — /. destinarunt P. — g. ac P. — h. facerent P.

PAIX d'ARRAS (1435) 187

de garder et de défendre du mieux qu'ils pourraient les droits auxquels ils prétendaient sur le royaume de France, ainsi que leurs intérêts. Philippe, duc de Bourgogne, y fut présent en personne, avec une suite brillante de prélats, de princes, de personnages nobles et puissants, faisant paraître dans ses largesses, ses dépenses, son luxe varié, la puissance et la gloire d'un prince magnifique. Assistèrent également à cette assemblée révérendissimes et illustrissimes personnes, décorées d'un savoir et de vertus insignes, le cardinal de Sainte- Croix^, de l'ordre et observance des Chartreux, légat du siège apostolique (dont le pape Eugène IV était alors le chef), et le cardinal de Chypre^, ainsi qu'on l'appelait communément; envoyé par le saint synode général, alors assemblé à Bâle.

La sainte Église romaine universelle déplorait, en effet, à bon droit, comme une tendre mère, le malheur et la désolation de ce royaume très chrétien, jadis si noble et si puissant, et de tant de populations chrétiennes, qui dans le passé, plus que toutes autres, avaient été habituellement le bouclier et le rempart de la chrétienté tout entière contre les ennemis de la religion chrétienne. Aussi, mettant en pratique ce qu'exigeait logiquement son ofhce, envoya-t-elle les susdits révérendissimes Pères achever, sanctionner et confirmer un si saint ouvrage, d'où devait sortir tant de consolation et de profit pour toute la chrétienté. Ils devaient vanter les bienfaits de la paix aux parties en présence et, au cas où ce serait nécessaire pour le salut de tout le monde chrétien et de l'Église de Dieu, recourir sans réserve aux censures spirituelles, afin de les y contraindre ; ne rien négliger de ce qui leur paraîtrait pouvoir servir un objet si nécessaire et si profitable ; écarter enfin, dans la mesure où les événements le

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