LIVRE III
CHAPITRE PREMIER Ou l'on voit que, malgré la paix faite et jurée, il n'y
EUT QUE PEU ou POINT DE CONCORDE ET d'aMITIÉ ENTRE
LE ROI Charles et Philippe, duc de Bourgogne.
Donc la paix était faite et ménagée à Arras, comme nous l'avons dit, entre Charles, roi de France, et Philippe, duc de Bourgogne. Par les clauses de cette paix, le roi concédait et accordait audit Philippe plusieurs choses très favorables. Celui-ci eut, en effet, pour lui et pour ses hoirs les villes et comtés d'Auxerre et de Mâcon, avec plusieurs autres places et terres dépendant de la couronne et faisant partie du domaine royal. Il eut toutes les villes, places et châteaux situés de part et d'autre de la rivière de Somme et tout ce qui dépendait du roi au delà de ladite rivière, vers la Flandre, tant à l'intérieur du royaume qu'à l'extérieur, en terre d'Empire. Mais ces places de la Somme avec leurs fruits, revenus, émoluments et contributions, il les reçut pour les tenir et posséder jusqu'à ce que, pour leur rachat, on lui payât à lui ou à ses hoirs 400,000 écus ; au versement de cette somme, dans laquelle ne seraient nullement compris les revenus de ces terres, elles devaient faire librement et sans contestation retour à la couronne ^.
sont écrites dans la marge, de la main de l'auteur, en G ; suis manque en P.
I. On sait que plus tard Louis XI fit jouer cette clause du traité d' Arras pour racheter en septembre 1463 ces « villes de la Somme », telles qu'Amiens, Abbeville, Saint-Quentin et autres, dont l'importance stratégique avait toujours été considérable.
1 homas Basin, I. 16