ENTENTE DIFFICILE ENTRE FRANCE ET BOURGOGNE I
Cette paix avait été achetée très cher par le roi, car, outre ce qui a été mentionné, elle renfermait d'autres promesses au duc de Bourgogne. Aussi s'en fallait-il de peu que le roi ne fût accablé de remords et de tristesse à voir ledit duc lui prendre un si beau morceau de son domaine pour les chicanes et les guerres qu'il avait ourdies et soutenues contre lui ; de tels procédés, pensait le roi, de la part d'un vassal contre son suzerain, des traités signés avec les anciens ennemis du roi et du royaume auraient dû en bonne justice mériter au duc un châtiment plutôt que de lui procurer des gains et des bénéfices. C'est pourquoi, si la paix fut acquise, la concorde et l'amitié n'en furent pas moins ou inexistantes ou des plus médiocres. On le vit bien d'après ce qui suivit.
Le roi, cependant, très ferme et très scrupuleux observateur des promesses et de la foi donnée, préféra, tant qu'il vécut, se conformer à cette paix plutôt que de l'enfreindre, et cela bien qu'elle lui fût très lourde, très dommageable et qu'elle apparût, de plus, comme peu conforme à l'honnêteté. Pourtant, beaucoup lui suggérèrent ou lui conseillèrent de faire naître quelque occasion de rupture, et il est censé avoir cherché partout dans cette intention beaucoup d'amitiés et d'alliances, ainsi que nous aurons l'occasion de le dire plus opportunément dans la suite.
Quoi qu'il en soit, la guerre étant assoupie entre Français et Bourguignons, il ne restait plus aux Français qu'à tourner leurs armes contre les Anglais. Ils auraient pu sans nul doute l'emporter aisément sur eux et les chasser de tout le royaume s'ils avaient introduit dans leur armée ordre et discipline ^,
siliumque P. — e. undicumque P. — /. Manque en P.
I. C'est là comme un refrain chez Thomas Basin. On le verra plus loin exposer longuement les mesures prises par Charles VII pour créer une armée régulière, non sans critiquer très vivement, d'ailleurs, leur application.