‹ Histoire de Charles VIIChapitre 242 sur 307 · SORT MALHEUREUX DE PARIS REPRIS · texte numérisé non relu

SORT MALHEUREUX DE PARIS REPRIS

C'est ainsi que les Anglais tenaient sur la Marne la cité de Meaux, sur l'Oise le château de Creil, sur la Seine, en amont, celui de Montereau, au confluent de la Seine et de l'Yonne ; en aval du côté de la Normandie, Mantes, Vernon et d'autres places jusqu'à Har fleur ; sur le Loing, ils avaient toujours Montargis, avec sa citadelle, lieu très fort et très bien défendu. Comme en tous ces endroits les Anglais avaient mis des garnisons importantes, ils empêchaient la navigation des rivières par où arrivaient d'habitude toutes les denrées nécessaires à la nourriture et à l'entretien de cette ville royale. Et comme, en outre, les soldats anglais, partant de ces places et citadelles, ne cessaient de faire chaque jour des incursions dans tous les sens, personne ne pouvait trouver passage sûr dans ces contrées vers quelque endroit qu'il voulût aller. Les agriculteurs ne pouvaient jamais non plus se sentir en sûreté dans les campagnes, car les ennemis et les gens du roi de France les sillonnant sans cesse, également armés, ils étaient une proie pour les deux partis et se voyaient même emmenés prisonniers par les Anglais dans leurs places fortes.

Ainsi Paris, évitant beaucoup d'incommodités et de mi sères et aussi les multiples charges qu'il avait appris à connaître et dont il avait grandement pâti pendant de nombreuses années sous la domination anglaise, tombait dans d'autres désagréments qui n'étaient peut-être ni moins lourds ni moins insupportables, mais qu'il n'avait pas encore expérimentés, moins encore prévus ou envisagés auparavant. C'est ainsi que la plupart des hommes, fuyant les maux qu'ils connaissent et qu'ils craignent, se jettent à l'ordinaire dans des difficultés plus grandes, qu'ils jugeaient moins à propos d'écarter ou d'éviter, tant qu'ils ne les connaissaient pas encore d'expérience directe. Pareille aventure advint à la ville de Paris qui, voulant éviter d'être molestée par les Français en les recevant dans son sein, rencontra

de P ; les mots sub Anglorum dominatu manquent en G. — h. Le mot eî manque en P. — i. Ce mot dans l'interligne, de la main de l'auteur, en G.

236 DE SCORTICATORUM EXCESSIBUS

molestias studebat excutere, in alios venatores non minus sibi molestos ac periculosos incidit ; a quibus undique circum vallata, vastatis circumquaque agris et nudatis cultoribus, in talem iterum calamitatem perducta est, que eciam illi quam, sub imperio Anglorum constituta, a Francis pertulerat, a veris rerum estimatoribus multo gravior putaretur. Majorem enim^' in^ suorum numéro "^ civium passa ^ est diminucionem, propter annone caritatem et molestias infinitas, quam hactenus fecisset ^.

Permansit autem in ea miseria invalescente semper in deterius per annos multos, cum nullus ordo seu disciplina in armigeris Francie servarentur. Erant quippe sine certo numéro et stipendio^ ubique vagantes per regnum armatorum turme, qui ob immanitates scelerum et crudelitates, quas in suemet patrie et nacionis populos exercebant, absque uUa miseracione laniones seu scorticatores, juxta vulgi locucionem, appellabantur. Omnia enim rêvera dilaniabant, domorum tecta convellentes seu fustibus, tanquam flagellis, conterentes. Excisis eciam domorum postibus seu columpnis, nisi-^ pro eorum voluntate a dominis quorum juris essent redimerentur, eas ad solum diruebant, omni substancia pauperes atque supplices, qui se armis adversus eorum seviciam tueri minime potuissent, nudantes'et veluti pelle omnino spoliantes : propter quod promeruerunt famosum illud Scorticatorum^ seu Excoriatorum vel Lanionum nomen ac titulum ^.

a. Ce mot dans la marge, de la main de l'auteur, en G. — h. Manque en P. — c. Manque en P. — d. tune passa P. — e. sine stipendio P. — /. et nisi P. — g. Scorticorum corrigé par l'auteur en Scorticatorum G.

I. Jean Chartier, dans sa Chronique française, éd. Vallet de Viri-

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