CRUAUTES DES ECORCHEURS
d'autres ennemis prêts à partir en chasse contre elle, et qui n'étaient ni moins importuns ni moins dangereux. La traquant, eux aussi, ravageant les champs à la ronde et dépouillant les paysans, ils l'amenèrent de|nouveau à un état de misère tel que, à l'estimation des personnes les plus véridiques, on pouvait le considérer comme beaucoup plus pénible que celui dont les Français avaient été cause, alors qu'elle était au pouvoir des|Anglais. Toujours est-il qu'à raison de la cherté des vivresIetMes sévices de toute sorte, le nombre de ses habitants décrut beaucoup plus qu'il n'avait fait jusque-là ^
Paris resta dans cette misère, allant toujours|de'mal|en''pis, pendant de nombreuses années, parce qu'aucune règle, aucune discipline n'étaient observées dans l'armée fran- *^ çaise. Il y avait, en effet, des bandes de gens d'armes en nombre indéterminé et sans solde qui erraient de-ci de-là par le royaume ; l'horreur des crimes et des cruautés qu'ils commettaient sans la moindre pitié au préjudice des populations de leur propre pays et|nation les faisait appeler bouchers ou, comme on dit vulgairement, écorcheurs. Et, en effet, ils écorchaient tout ; ils battaient les toitures des maisons à coups de bâton, les brisant comme on brise la paille du blé avec des fléaux ; puis, rompant les piliers ou colonnes, si les ayants droit ne leur^payaient rançon à leur discrétion,, ils les renversaient sur le sol ; et, privant ainsi de toutes leurs ressources les malheureux qui les suppliaient et qui n'avaient pu se défendre les armes à la main contre leurs sévices, ils leur arrachaient jusau'à la peau. C'est pourquoi on les désignait à bon droit sous le nom d'Écorcheurs ou de Bouchers*.
ville, t. I (1858), p. 245 et suiv., a consacré tout un chapitre à décrire la « grant mortalité, pestilence et famine » qui régna dans Paris à cette époque. Cf. le Journal d'un bourgeois de Paris, éd. Tuetey (1881), p. 313 et suiv.
2. Voir A. Tuetey, Les Écorcheurs sous Charles VII (Montbéliard, 1874, 2 vol. in-80).
CAPITULUM VIII
De obsidione posita ad opidum Calesii per ducem
BURGUNDIONUM'' CUM SUIS FlAMINGIS ET QUOMODO LEVATA FUIT.
Pretermittendum autem in hujus narracionis nostre série seu silencio pretereundum minime visum est quid*, postquam apud Attrebatum Philippus Burgundionum dux, pace cum Karolo Francorum rege, quemadmodum supra ^ retulimus^, facta, fedus"^ quod cum Anglis habuerat solvit^, ad versus ipsos Anglos molitus sit. Videns enim ipsos sibi propterea infensos plurimum reddidisse, terrisque et subditis suis ex opido Calesii et castellis aliquibus adjacentibus, que in confinio terrarum suarum Flandrie et Picardie sita sunt, plura nocumenta inferre posse, consilium accepit velle armis ac viribus ea tollere sueque facere dicionis ; simul eciam apud se reputans ergo Karolum regem et Francos graciam atque amiciciam comparare ampliorem si gravissimos eorum hostes sua ex parte impugnare atque eorum vires attenuare contenderet.
Quam cum Flamingi sui talem accepissent gerere/ voluntatem, ei quoad poterant complacere gestientes, tocius Flandrie vires ad ilUus sue exsecucionem voluntatis obtulerunt et se solos id-^ adimpleturos perfecturosque absque ùUis^' suarum aliarum terrarum copiis promiserunt^. Quorum promptum animum sinceramque idem princeps perspiciens voluntatem, eorum oblacionem leto ac grato animo suscepit'. Cujus ut exhibèrent effectum, de singulis patrie opidis et locis, que tum populosissima
a. Burgundie P. — b. quod P. — c. Manque en P. — d. fédère P.