XXX , LES DEUX REDACTIONS
niers chapitres du livre VII de l'Histoire de Louis XI, que donne seul le manuscrit de Gottingen. Il y a là une anomalie dif&cile à expliquer. W. Meyer, à qui elle n'a pas échappé, pense que ce peut être une simple négligence de copiste. On peut conjecturer aussi que dans sa dernière rédaction Basin a voulu supprimer, pour des raisons de circonstance, les chapitres où il avait dépeint Louis XI sous le jour le plus fâcheux.
Quoi qu'il en soit, le manuscrit de Gottingen fournit des passages et des chapitres entiers qui ne se trouvent pas dans le manuscrit 5962 et qu'un éditeur a par conséquent le devoir de ne pas négliger, car ils reflètent la pensée de l'auteur à une certaine étape de son travail. Il arrive aussi, quoique beaucoup plus rarement, que le manuscrit 5962 donne des passages ou des membres de phrases qui ne correspondent pas au texte du manuscrit de Gottingen. Nous devons également en faire état, parce qu'ils peuvent représenter la pensée de l'auteur sous sa dernière forme. Quant aux variantes légères (mots changés ou transposés), on constate que, sauf exceptions imputables à une négligence passagère, les leçons du manuscrit 5962 doivent céder le pas à celles du manuscrit de Gottingen. Celles-ci ont d'ailleurs pour elles l'autorité d'une revision attentive faite par l'auteur lui-même, et elles permettent souvent de saisir sur le vif l'origine des fautes du manuscrit 5962. Nous en donnerons plus loin quelques exemples, quand nous verrons comment Quicherat s'est comporté vis-à-vis des mauvaises leçons du manuscrit 5962.
Ainsi se justifie la méthode que nous avons choisie pour notre édition. Elle consiste à prendre pour base le texte du manuscrit de Gottingen qui représente, il est vrai, une rédaction antérieure à celle du manuscrit 5962, mais qui est cependant plus complet et qui surtout offre une garantie particulière, celle d'être passé tout entier sous les yeux de l'auteur.
DÉCOUVERTE DE l'œUVRE ET DE l'aUTEUR XXXI
Les variantes du manuscrit 5962 seront données dans l'apparat critique, sauf les cas, assez rares, où ces variantes nous paraissent représenter les bonnes leçons ; elles remplaceront alors dans le texte les leçons fautives que l'auteur, au cours de sa revision, n'a pas aperçues dans le manuscrit de Gôttingen. On verra que pour l'Histoire de Charles VII les différences entre les manuscrits de Gottingen et de Paris sont la plupart du temps de pure forme et de peu d'importance. Il en va autrement pour l'Histoire de Louis XI, et nous aurons sans doute à nous en expliquer en tête de l'édition de ce dernier ouvrage.