‹ Histoire de Charles VIIChapitre 260 sur 307 · SUCCES FRANÇAIS EN NORMANDIE · texte numérisé non relu

SUCCES FRANÇAIS EN NORMANDIE

suite, ils en retirèrent autant de profit que si, négligeant cette besogne, ils avaient été délivrer Harfleur assiégé.

Donc, les Français dégagèrent les fossés de Louviers, remplis et comblés par les débris des premiers murs et des tours détruits par les Anglais six ou sept ans auparavant ; ils creusèrent un grand fossé tout autour de la ville, construisant en peu de temps et garnissant de défenses des portes, des murs, des tours et divers ouvrages, si bien qu'au bout de quelques mois la ville était beaucoup mieux défendue qu'auparavant ^.

On rapporte que, tandis qu'on s'occupait à ce travail, il y eut jusqu'à 14,000 cavaliers qui parcouraient sans arrêt dans un rayon de vingt lieues les campagnes normandes,ravageant tout sur leur passage. Et des paysans prisonniers et de tous ceux qui tombaient entre leurs mains, ils remplissaient la place.

Pendant que les Français agissaient de la sorte en Normandie, la ville de Paris demeurait en proie à de grandes angoisses, ne sachant de quel côté se tourner pour leur échapper. Charles, roi de France, après l'avoir recouvrée des mains des Anglais, n'avait fait que la visiter, en passant, l'espace de quelques jours à peine ^. Si bien que morne, languissante et privée de vie, presque sans espoir de reprendre haleine, elle gisait à terre. Il fallait que Dieu, qui du haut des cieux voit toutes choses et qui vient, quand il le faut, en aide au malheur, mît dans l'esprit du roi Charles, comme endormi et affaibli par un long assoupissement, la volonté de lui porter secours.

1. « En ce temps là [1441], noz gens fortifièrent Loviers et Conches » (G. Gruel, Chronique d'Arthur de Richemont, éd. Le Vavasseur, p. 161).

2. L'entrée solennelle de Charles VII à Paris avait eu lieu le 12 novembre 1437, et il était resté dans la capitale jusqu'au 14. G. de Beaucourt, dans son Histoire de Charles VII, t. III (1885), p. 51 et suiv,, a utilisé les récits connus de cette entrée. Il faut y ajouter celui de Jean Chartier, en vers latins, que nous avons publié pour la première fois dans V Annuaire-Bulletin de la Société de l'Histoire de France, année 1926, p. 244 et suiv.

CAPITULUM XII

Insurreccio Ludovici, Delfini Viennensis, adversus

REGEM KaROLUM, PATREM SUUM ^

Habebat filium tune unicum^, Ludovicum nomine, in quo spes tota tune generis propagandi regnique sueeessionis manebat. Cui, eum cireiter deeimum sextum vel deeimum septimum'' etatis annum ageret^ et esset ingenio aeri, regnandi atque dominandi nimiam gerens eupiditatem ae libidinem, a duee Borbonii et quibusdam pravis hominibus suggestum est ut regni moderaeionem atque administracionem habere pocius deberet quam pater suus aut nonnuUi qui circa eum* erant, cum idem pater suus, ocio vacans et luxui, regnum tam ab hostibus quam a suis, quasi nullam de ejus salut e et incolumitate seu defensione curam habens, diripi, lacerari et devastari ubique permit teret, ipse vero qui juvenis et animosus foret, si semel ipsius regni gubemacula assequeretur, facile talibus incommodis obviaret et remédia oportima afferret remque publicam prorsus dilapsam atque prope extinctam sua vigilancia et industria brevi tempore instauraret et, pulsis ejectisque hostibus, regnum ipsum ad priscam decoris et dignitatis suc gloriam atque opulenciam revocaret.

Talibus delinimentis atque aliis hujuscemodi juvenis iUe^ animus illectus (nec enim difficile fuerat^ persuadere volenti), eorum auxilio et faccione qui sibi talia suaderent, plures ex ducibus paterne milicie militibusque ad se pellexit*, qui, novarum rerum cupidi invidentesque

a. Ces trois mots manquent en P. — b. illum P. — c. dignitatis sue ac decoris P. — d. Leçon de P ; ille manque en G. — e. est P.

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