‹ Histoire de Charles VIIChapitre 27 sur 307 · Voir plus bas, p. xxxiii · texte numérisé non relu

Voir plus bas, p. xxxiii

DÉCOUVERTE DE L'œUVRE ET DE l'AUTEUR XXXIII

fixée ^. Arnold Buchelius la recueillit dans son Histoire des évêques d'Utrecht parue en 1642, et elle passa par son intermédiaire à Matthaeus, de Leyde, qui donna en 1698 dans ses Analecta veteris aevi, d'après la copie de Gisbert Lapp, douze chapitres du livre VI et cinq du livre VII de l'Histoire de Louis XI.

En France, chose étrange, la publication de Jacques Meyer était passée inaperçue, ou du moins ce qui concernait Thomas Basin n'avait été relevé par personne. A notre connaissance, il n'y a aucune trace de l'Histoire dans la littérature historique française du xvi® siècle. Brantôme parle bien quelque part d'une « histoire sanglante » de Louis XI, qui aurait été conservée à la Bibliothèque du roi et dont François I®^ n'aurait pas voulu autoriser l'impression^, mais l'anecdotier, dont les recueils d'ailleurs n'ont vu le jour qu'au xvii^ siècle, fait peut-être allusion à la Chronique dite Scandaleuse. Dans les ouvrages imprimés, le silence persiste jusque sous Henri IV et Louis XIII.

C'est, semble-t-il, Nicolas Camuzat qui, dans un ouvrage d'histoire locale paru en 1610 sous le titre de Promptuarium antiquitatum Tricassinae dioecesis, donne, le premier en France, un court extrait de l'Histoire de Charles VII. Et, dès lors, la légende d'Amelgardus, Leodiensis presbyter, s'introduit. C'est, en effet, à cet auteur inconnu que Camuzat attribue l'Histoire de Charles VII, sans dire du reste où il en a consulté le manuscrit.

André Du Chesne emboîta le pas. Lui aussi avait remarqué

1. G. J. Vossius, De historicis latinis (Leyde, 1627), p. 551-552.

2. « ... l'histoire sanglante qui a esté escrite de luy [Louis XI], où elle touche plus sur les cordes aigres de sa vie que sur les douces. On m'a dit qu'elle est en la bibliotecque du roy, que le roy François ne voulut jamais qu'elle fut imprimée, dont c'est dommage » {Œuvres, éd. Lalanne, t. II, 1866, p. 332).

Thomas Basin, I. 3

XXXIV DÉCOUVERTE DE L'œUVRE ET DE l'AUTEUR

l'ouvrage du pseudo-Amelgardus. Quand il écrivait, avant 1624, son Histoire de la maison de Montmorency, il avait su y découvrir le curieux passage relatif à l'édit de Louis XI sur la chasse ^. Occupé par d'autres travaux, il n'avait pas étudié de très près l'ouvrage, mais quand, en 1633, il avait dressé la liste des historiens français dont il se proposait de publier les oeuvres, il n'avait pas manqué d'y comprendre le pseudo- Amelgard^. La copie dont il comptait se servir nous est même parvenue. C'est le n^ 5963 du fonds latin de la Bibliothèque nationale^.

En passant par Pierre Dupuy et par le P. Labbe, qui, le premier, dans son Traité des libertés de V Église gallicane^, le second, dans ses Éloges historiques et Meslange curieux^, ont fait eux aussi une petite place au pseudo-Amelgard, nous arrivons à l'érudit qui a le plus fait pour répandre dans le public la connaissance de l'Histoire : dom Martène, qui, au quatrième volume de son Amplissima collectio, paru en 1729, a donné le texte de quarante-trois chapitres pris en divers endroits de l'Histoire de Louis XI.

Personne, cependant, n'avait encore songé à faire une étude particulière de l'auteur et de l'ouvrage. A la fin du xviii® siècle, La Porte du Theil paraît avoir eu cette intention. En 1787, il donna une notice sur ce sujet dans le premier volume des Notices et extraits des manuscrits de la Bibliothèque du roi. Il annonçait qu'il traiterait aussi bien de l'His-

Page 1