‹ Histoire de Charles VIIChapitre 278 sur 307 · LE DUC DE SOMERSET EN FRANCE · texte numérisé non relu

LE DUC DE SOMERSET EN FRANCE

ment, à ce que l'on rapporte, que s'il savait que la chemise de lin qu'il portait sur la peau connaissait ses intentions, il la brûlerait aussitôt. Tant il désirait que restât absolument secrète cette grande et difficile tâche qu'il se promettait d'accomplir ! Et, certes, luimême ne manqua pas de tenir entièrement cachées les intentions qu'il roulait dans sa tête. Tout resta secret à ce point que ni lui ni personne ne put jamais savoir au juste ce qu'il voulait faire. C'est dire que ce qu'il entreprit n'eut guère d'importance et encore moins de résultats.

Méprisant donc tout conseil, se fiant à lui seul et se reposant sur sa prudence, il s'entoura de beaucoup de vieux capitaines et soldats anglais ayant longtemps guerroyé en France et conduisit son armée du côté de la Bretagne. Il prit un village de peu d'importance, nommé La Guerche^, puis il alla mettre le siège devant un autre qui se trouvait non loin de là et que l'on appelle Pouancé^. Il avait emmené d'Angleterre sur sa flotte des ponts portatifs faits en partie de bois, de cordages et de peaux d'animaux, de nombreuses perrières et diverses machines de guerre pour battre villes et citadelles. Ainsi il pouvait sans beaucoup de peine franchir les rivières les plus larges et attaquer les villes et les forteresses les mieux défendues. Mais tout ce qu'il entreprenait tournait en efforts inutiles et dérisoires, quoique dans les régions où il manœuvrait les Français n'eussent que fort peu de troupes, le roi de France les ayant emmenées presque toutes en Guyenne, comme nous l'avons dit un peu plus haut. Si bien que cette pauvre et peu importante place de Pouancé, il ne put, malgré un long siège, ni la prendre de force ni l'ame-

1, La Querelle de Bretagne (Ille-et- Vilaine).

2. Maine-et-Loire, arr. de Segré, chef -lieu de canton. En dépit des termes dédaigneux dont Thomas Basin se sert pour caractériser le château de Pouancé, Célestin Port observe {Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire, t. III, 1878, p. 172) que cette forteresse « offre encore un aspect imposant et qui rappelle par sa masse et sa situation le château d'Angers ».

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