‹ Histoire de Charles VIIChapitre 44 sur 307 · DE REBUS A KAROLO GESTIS · texte numérisé non relu

DE REBUS A KAROLO GESTIS

fuerit ejus animi'* aliquibus rébus preciosis cum aliqua pecuniarum summa abreptis, fines regni excedere et ad Hyspanias proficisci^; vel, una parte regni* retenta, aliam hostibus cedere, cum tune eorum viribus et machinamentis obsistere posse minime confideret. Sed, miserante ipsum Deo regnumque illud nobile, in quo Dei et christiane religionis cultus magni ficus semper et sincerus fuit, tanta sibi, postquam innumeris pêne casibus et fortunis jactatus^ fuerat, gracia collata est, ut, conciliatis sibi primum intestinis inimicis, demum eciam ipsos Angles, antiques regni hostes, non modo terris quas, vel suo, vel patris sui tempore, in regno occupaverant, sed eciam Acquitania, quam ducentos circiter et XL^ annos tenuerant ^, prorsus expulerit atque ejecerit ; regnumque ipsum, quod diuturnis causantibus guerris, tum hostilibus, tum eciam ex civilibus regni procerum ac principum dissentionibus ^ et factionibus obortis, magna ex parte attritum, squalens, incultum et accolis nudatum fuerat, pacatum et quietum, jam pulchre ad priorem felicitatis statum et culturam assurgens et optime convalescens, filiosuo dereliquerit.

Ut autem calamitatum et guerrarum, que suis temporibus regnum ipsum, supra quam dici vel estimari potest, miro modo attriverant, et a quibus majore ex parte liberatum ipsum suis vigiliis ac laboribus reliquit, fomitem^ atque radicem ostendamus, de hoc nobis quam brevius poterimus narracio premittenda est.

a. Ces deux mots, qui manquent en G, sont donnés par P en addition marginale. — b. Manque en P. — c. jactus P. — d. En marge, de la main de l'auteur, dans G. — e. fontem P.

et de se munir d'un peu d'argent pour franchir les frontières et passer en Espagne ^ ; ou bien, ne gardant qu'une partie du royaume, d'abandonner l'autre à ses ennemis, alors qu'il n'osait se flatter de pouvoir résister à leur puissance et à leurs intrigues. Mais Dieu eut pitié de lui et de ce noble pays, où Dieu et la religion chrétienne ont toujours été l'objet d'un culte magnifique et sincère. Après avoir été ballotté dans des péripéties et des revers sans nombre, il obtint la merveilleuse grâce d'abord de faire la paix avec ses ennemis de l'intérieur, ensuite de chasser et de rejeter entièrement les Anglais eux-mêmes, anciens ennemis du royaume, non seulement des territoires qu'ils avaient occupés sous son règne ou sous celui de son père, mais encore de la Guyenne, qu'ils avaient tenue pendant deux cent quarante ans environ ^. Et ce même royaume, que des guerres sans fin, tant étrangères que civiles, et des factions entre grands seigneurs avaient pour une bonne part foulé et laissé désert, inculte et vide d'habitants, était de nouveau pacifié, rasséréné, s'acheminant déjà bellement vers son premier état de prospérité et de culture, bref en excellente condition de convalescence, quand il le transmit à son fils.

Pour montrer dans quel foyer prirent naissance les malheurs publics et les guerres qui, de son temps, fondirent merveilleusement, et plus qu'on ne peut le dire, sur la France, et dont il la laissa en majeure partie délivrée, grâce à ses travaux et à ses veilles, il importe que nous fassions d'abord un récit aussi succinct que possible des événements antérieurs à son règne.

1. Voir, dans le même sens, Pierre Sala, Robert Blondel et le pape Pie II cités par Quicherat au tome IV de son édition de Th. Basin, p. 280, 349 et 509. Cf. Beaucourt, Hist. de Charles VII, t. II, 1882, p. 176.

2. Depuis 1154, date de l'avènement de Henri Plantagenet, cela fait bien près de trois siècles. On peut supposer une faute de copie restée inaperçue de Basin au cours de sa revision : ii<=xl pour ii^xc.

CAPITULUM II

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