Voir plus loin, p. 14 et suiv
4. Basin emploiera souvent des formules analogues pour donner plus de poids à ses allégations. Malheureusement, il ne nomme pas toujours ses répondants.
12 DE BURGUNDIAE ET AURELIANENSIUM DUCIBUS
varie ^, décore et elegantia forme ^ speciosissimam, que et ipsa, ut plereque femine nobiles, alti et magni animi erat, contigit quadam die^', dum in palacio regali choreis et lasciviis, nocturnis jam horis, plures tam viri quam femine procerum ac nobilium ex more sese recrearent, ut Aurelianensium dux, qui ut satis famosum tune habebatur, ad omnem ferme speciosam mulierem, velud equus aliquis emissarius adhiniebat, in quodam adito^' palacii, ipsius domine vestigiis insidiatus, et, ut sua estimacione reputabat, loci ac temporis oportunitatem nactus, eam de stupro seu adulterio'^ soUicitarit. Cui sceleri magno animo resistenti vim etiam inferre attemptare presumpsit ^.
Quam injuriam egre nimis et anxie ferens, ut generosa atque magnanima domina, optimo et ardenti amore viro suo conjuncta, vi repuisa et nefando ipsius adulteri conamine depulso, se viro suo protinus querelam facturam de tanta injuria comminata est ^ ; quod et facere non omisit^. Vir autem ejus, qui et ipse juvenis (adhuc enim dux Philippus pater et-^ ipsius vivebat) * et magnanimus erat, et qui non imparem conjugi sue referret amorem, mirum in modum adversus prefatum injuriatorem in iram atque odium exarsit, conjugi sue*^' sacramento magno ^' pollicitus, quod hanc injuriam morte ipsius facinorosi ulturus esset. Quod et postea, dum jam pater suus obiisset et paternorum dominiorum administracio omnis sibi confirmât a esset, opère et facto adimplere cura vit.
a. elegantie forma P. — b. vice P. — c. adito, avec un b intercalé entre l'a, et le d. P. — d. Ces deux mots en marge, de la main de l'auteur, dans G. — e. obmisit P. — /. Manque en P. — g. suo P. — h. magno sacramento P.
I. Marguerite, fille d'Albert de Bavière, comte de Hainaut, de Hollande et de Zélande. Jean sans Peur l'avait épousée le 12 avril
LES DUCS DE BOURGOGNE ET d'ORLÉANS 13
dame, fille d'un duc de Bavière ^. Elle était très belle et, comme la plupart des femmes nobles, elle avait l'âme grande et haute. Il arriva qu'à la faveur des bals et des divertissements nocturnes dont le palais royal était habituellement le théâtre entre grands seigneurs et nobles des deux sexes, le duc d'Orléans, alors assez décrié et qui hennissait comme un cheval étalon après presque toutes les belles femmes, ayant suivi la duchesse dans un recoin du palais et jugé le lieu et l'heure favorables, s'efforça de l'induire au péché d'adultère. Puis, comme elle résistait de toute son énergie à son dessein criminel, il osa tenter de la prendre de force ^.
La duchesse supporta avec peine l'outrage, en noble et généreuse dame qu'elle était, unie d'un ardent amour à son époux, si bien qu'après avoir repoussé la violence et l'horrible tentative, elle demanda à son époux de tirer immédiatement vengeance d'une injure si grande^, ce qu'il n'eut garde d'oublier. Jeune lui-même (le duc Philippe, son père, vivait encore) •* et homme de grand cœur, payant de retour sa femme, le duc s'enflamma d'une merveilleuse colère contre le criminel et il fit à la duchesse le serment solennel de venger l'outrage dans le sang de son auteur. Plus tard, son père étant mort, et le gouvernement des domaines paternels lui ayant été confirmé, il s'employa à tenir effectivement sa promesse.
2. Quicherat (t. I, p. 6, n. i) rappelle à ce propos que, d'après une chronique manuscrite, le motif de la haine entre les deux princes aurait été un soufflet donné par le duc d'Orléans à Jean Sans-Peur devant le père de ce dernier. On a fait aussi d'autres hypothèses, et Quicherat renvoie, à ce sujet, à l'Histoire de Flandre de Kervyn de Lettenhove, livre XIII.
3. Sur la vie dissolue de Louis d'Orléans, les témoignages contemporains abondent. Voir, en particulier, A. Coville, Jean Petit. La question du tyrannicide au commencement du XV^ siècle (Paris, 1932, in-80), p. 302. Mais Basin est, à notre connaissance, le seul auteur qui ait accusé le prince d'avoir cherché à prendre de force la femme de Jean Sans-Peur.