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PRISE DE ROUEN PAR LES ANGLAIS

échapper l'occasion que lui offraient ces sortes d'amusements. Maître de presque toutes les villes, places et châteaux de basse Normandie, il donna tous ses soins à préparer le siège de Rouen, capitale de la province, rassemblant pour cela tous ses frères autour de lui.

Cette ville était merveilleusement pleine de monde, à la fois parce qu'elle était norm.alement très peuplée et parce que beaucoup de gens venus des places ou des campagnes circonvoisines et même de tous les points de la Normandie s'y étaient réfugiés comme au plus sûr asile. Ce fut pour elle la cause d'un plus grand malheur. Le siège durant, en effet, depuis longtemps, et nul secours ne parvenant ni du côté de la terre, ni du côté de la mer, ni du côté du fleuve, il s'en suivit une si grande et terrible famine que, les aliments ordinaires venant à manquer, on ne put se dispenser d'avoir recours aux chevaux et aux chiens, aux souris et aux rats et à d'autres bêtes immondes. Comme jadis il était advenu à Jérusalem, au temps où elle fut assiégée par l'armée romaine — si, selon le mot de Virgile, « il est permis de comparer les petites choses aux grandes «^, — presque le même fléau, causé tant par la faim que par la cruelle peste qui en fut la conséquence, assaillit et dévasta cette ville.

On rapporte que, pendant le siège, plus de soixante mille personnes périrent de faim et de maladie ^. Accablés de tant de maux, ils refusaient encore de se rendre, les uns parce qu'ils avaient horreur du nom anglais, absolument inconnu alors des habitants du pays, malgré la médiocre largeur du bras de mer qui séparait les deux peuples, et qui désignait,

Rouen sous la domination anglaise (Rouen, 1840, in-80), p. 39-66, et surtout L. Puiseux, Étude sur le siège de Rouen, dans les Mémoires de la Soc. des Antiquaires de Normandie, t. XXVI (1869), p. 1-169. Cf. R. A. Newhall, The English conquest (1924), p. iio et suiv., et Wylie et Waugh, The reign of Henry V, t. III (1929), p. 118 et suiv. — Le chiffre de 60,000 morts donné par Basin semble exagéré. Les chroniqueurs contemporains donnent d'ailleurs des chiffres analogues. Le Fèvre de Saint-Remy (éd. Morand, t. I, 1876, p. 353) parle de 50,000 personnes mortes de famine pendant le siège.

64 DE CONDITIONIBUS DEDENDAE URBIS

modico divisi, pocius ferocissime belue quam homines a plerisque simplicioribus, ut diximus, estimabantur, tum eciam quia quorumdam faccionibus (qui quo id animo facerent ignoramus) singulis pêne diebus civibus asserebatur brevi Burgundionum ducem, qui tum Parisius" erat cum rege, cum valida manu auxilio adfuturum, eu jus ope et subvencione castra Anglorum expugnarent et sese obsidionis incommodis libéraient. Et ut hujus rei fides validius animis civium imprimeretur, fingebantur interdum et nuncii'' et epistole ipsius ducis nomine ad civis transmisse, que eciam publiée legerentur, quibus pollicitacio fiebat eum ad certum et prefinitum diem ad vent are et eisdem solacia defensionis prebiturum esse.

Que vana et delusa confidencia non parum obfuit civitati. Que si maturius suo infortunio consuluisset et dedicionem fecisset, potuisset multe libertatis atque immunitatis condiciones ab Anglorum rege accepisse et maximas calamitates quas passa fuit évitasse. Igitur ad ultimum, mense obsidionis sexto, cum loci incole augustias, quibus miserabiliter premebantur, ultra ferre non possent, cotidie excrescere nimium et augeri famé et variis morborum languoribus, deficiencium et moriencium numerum inspicientes, hiisce malis eos perurgentibus, de dedicione' verbum fecerunt^. Quam non suo quidem tunc^ arbitrio sed victoris legibus effecerunt, qui primo ut sese ^ ad voluntatem suam dedert-ut requisivit. Sed intervencione ducis Clarencie et aliorum nonnullorum principum sui sanguinis flexus, salvos cives in-^ bonis suis manere concessit, perpaucis ad suam relictis voluntatem -^, mulcta-

a. Parisiis P. — h. nuncie P. — c. dicione corrigé par l'auteur en dedicione, dans G. — d. Manque en P. — e. se P. — /. et in P.

I. C'est le 13 janvier 14 19 que fut conclu le traité qui fit tomber

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