‹ Histoire de Charles VIIChapitre 90 sur 307 · CONDITIONS DE LA CAPITULATION · texte numérisé non relu

CONDITIONS DE LA CAPITULATION

comme nous l'avons dit, plutôt des bêtes féroces que des hommes, aux yeux de la plupart de ces gens simples ; les autres parce que, à l'instigation de certains (dans quel dessein, nous l'ignorons), on leur affirmait presque chaque jour que sous peu le duc de Bourgogne, alors à Paris avec le roi, viendrait à leur secours à la tête d'une forte armée et qu'avec son aide ils pourraient attaquer le camp des Anglais et se débarrasser du fardeau du siège. Et, pour mieux cheviller au cœur des bourgeois l'espoir de cet événement, on feignait que des messagers et des lettres transmises aux bourgeois au nom dudit duc et même lues publiquement eussent apporté sa promesse qu'à jour certain et désigné d'avance il arriverait pour leur donner secours et protection.

Cette confiance vaine et trompeuse ne nuisit pas peu à la ville. Si elle avait plus mûrement étudié la situation avant, de se rendre, elle aurait obtenu du roi d'Angleterre des conditions qui auraient garanti sa liberté et ses privilèges et évité les très grands malheurs qu'elle dut endurer. Enfin, le sixième mois du siège, ne pouvant plus supporter les angoisses et les misères qui les accablaient, et voyant que le nombre des manquants et des morts augmentait sans cesse du fait de la famine et des diverses maladies, tous ces maux les pressant de plus en plus, les habitants parlèrent de se rendre^. Et ils ne le firent pas à leur guise, mais en se soumettant à la loi du vainqueur, qui les requit avant toutes choses de se rendre sans conditions. Cependant, fléchi par l'intervention du duc de Clarence et de quelques autres princes du sang royal, il laissa aux bourgeois, sains et saufs, la disposition de leurs biens, un très petit nombre restant à sa discrétion ^. Mais il les frappa d'une forte contribution en

Rouen au pouvoir des Anglais (Rymer, Foedera, t. IV, 3^ partie, p. 82). Le roi d'Angleterre y fit son entrée solennelle le 19 janvier.

2. Trois seulement, d'après Monstrelet (éd. Douët d'Arcq, t. III, 1859, p. 305) : Robert de Livet, vicaire général de l'archevêque, Jean Jourdain, chef de l'artillerie, et Alain Blanchart, « qui estoit capitaine du menu commun ». Cf. Le Fèvre de Saint-Remy (éd. Morand, t. I, 1876, p. 357).

Thomas Basin, I. 8

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