‹ Histoire de Charles XII, roi de SudeChapitre 122 sur 285 · Lord Bolingbroke. Voir à la fin du livre septième · texte numérisé non relu

Lord Bolingbroke. Voir à la fin du livre septième

5. Le prince Eugène (François de Savoie-Cari gnan) était né à Paris, en 1663, du comte de Soissons et d’Olympe Mancini, nièce de Mazarin ; repoussé par Louis XIV, il offrit ses services à l’empereur Léopold, SC distingua par ses ta-

lents supérieurs, gagna sur les Turcs, en 1697, la victoire de Zenta, suivie de la paix de Carlovitz ; et s’illustra surtout dans la guerre de la succession, en Italie, à Hochstett (1704), à Oudenarde (1708), à Malplaquet (1709), etc. Pierre le Grand avait eu l’idée en 1707 de le faire nommer roi de Pologne ; mais Eugène, tout-puissant à la cour de Vienne, avait sagement décliné ce périlleux honneur.

6. Heinsius (1640-1720) , ennemi acharné de la France et de Louis XIV, entièrement dévoué à Guillaume III, son protecteur, fut élu grand-pensionnaire de Hollande, en 1689, et réélu de cinq ans en cinq ans jusqu’à sa mort.

C’était la première dignité de la province de Hollande, et par suite de la république, lorsqu’il n’y avait pas de stathouder.

7. Seraient opprimés. Voltaire a plusieurs fois employé cette expression avec le sens du latin opprimere, accabler.

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eût un prince assez esclave de sa parole pour ne pas la sacrifier à sa grandeur et à son intérêt. Il partit donc de la Haye dans le desseindTillersonder les intentions du roi de Suède. M. Fabrice, qui elait alors auprès de Charles XII, m’a assuré que le duc de Marlborough, en arrivant, s’adressa secrètement, non pas au comte Piper, premier ministre, mais au baron deGortz^, qui commençait à partager avec Piper laconflance du roi. Il arriva meme dans le carrosse de ce baron au quartier de Charles XII, et il y eut des froideurs marquées ^ entre lui et le chancelier Piper. Présenté ensuite par Piper avec Robinson, ministre d’Angleterre, il parla au roi en français ; il lui dit qu’il s’estimerait heureux de pouvoir apprendre sous ses ordres ce qu’il ignorait de l’art de la guerre. Le roi ne répondit ace compliment par aucune civilité, et parut oublier que c’était Marlborough qui lui parlait. Je sais même qu’il trouva que ce grand homme était vêtu d’une manière trop recherchée et avait l’air trop peu guerrier. La conversation fut fatigante et générale, Charles XII s’exprimant en suédois, et Robinson servant d’interprète. Marlborough, qui ne se hâtait jamais de faire ses propositions, et qui avait, par une longue habitude, acquis l’art de démêler les hommes ^ et de pénétrer les rapports qui sont entre leurs plus secrètes pensées et leurs actions, leurs gestes, leurs discours, étudia attentivement le roi. En lui parlant de guerre en général , il crut apercevoir dans Charles XII une aversion naturelle pour la France ^ ; il remarqua qu’il se plaisait à parler des conquêtes des alliés. Il lui prononça le nom du czar, et vit que les yeux du roi s’allumaient toujours à ce nom, malgré la modération de cette conférence. Il aperçut de plus, sur une table, une carte de Moscovie. Il ne lui en fallut pas davantage pour juger que le véritable dessein du roi de Suède et sa seule ambition était de détrôner le czar après le roi de Pologne.

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