Abîmés. Enfoncés, perdus dans
5. Les Suédois arrivèrent sur les bords de la Desna, le 15 novembre 1708 ; d’après l’histoire de Russie, Mazeppa aurait rejoint Charles XII avant le passage de la Desna ; de même Lewenhaupt, après avoir lutté contre les Russes, du 7 au 9 octobre, avait assurément opéré sa jonction avant le 15 novembre. D’après le journal d’ Adler feld, Lewenhaupt rejoignit Charles à Rukowa, le 26 octobre ; Mazeppa le rencontra le 11 novembre, et l’on franchit la Desna le 15
I novembre.
niSTOIHE DE CHADEES XTi.
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cordes. Ils traversèrent la rivière selon leur manière accoutumée, les uns sur des radeaux faits à la hâte, les autres à la nage. Le corps des Moscovites, qui arrivait dans ce temps-là meme, n’était que de huit mille hommes: il ne résista pas longtemps, etcelobstaclefutencoresurmonlo.
Charles avançait dans ces pays perdus, incertain de sa routeet de la fidélité de Mazeppa : ce Cosaque parut enfin, mais plutôt comme un fugitit que comme un allié puissant L Les INloscovites avaient découvert et prévenu ses desseins. Ils étaientvenus fondre sur ses Cosaques, qu’ils avaient taillés en pièces : ses principaux amis, pris les armes à la main, avaient péri au nombre de trente par le supplice de la roue ses villes étaient réduites en cendres, ses trésors pillés, les provisionsqu’il préparait au roi de Suède saisies : à peine avait-il pu échapper avec six mille hommes et quelques chevaux chargés d’or et d’argent. Toutefois, il apportait au roi l’espérance de se soutenir, par ses intelligences, dans ce pays inconnu, et l’affection de tous les Cosaques, qui, enragés con tre les Russes, arrivaient par troupes au camp, et le firent subsister^.
Charles espérait au moins que son général Levenhaupt viendraitréparer cette mauvaise fortune. 11 devait amener environ quinze mille Suédois, qui valaient mieux que cent mille Cosaques, et apporter des provisions de guerre et de bouche. Il arriva à peu près dans le meme état queMazeppa^.
1. Suivant le journal d’Adlerfeld, Mazeppa rejoignit Charles, le 11 novembre ; c’était alors un homme de 64 ans, d’une taille médiocre, maigre, ayant l’air sévère ; « il est cependant d’une humeur fort enjouée, aimant à rire et à dire des bons mots pour divertir. Il parle fort à propos... 11 a d’ailleurs étudié la langue latine. »
2. Par le supplice de la roue. Voir la note 3 de la page 117.
3. Dans ÏBistoù'e de Russie, Voltaire ne montre pas tous les Cosaques enragés contre les Russes ; la plupart n’avaient pas voulu suivre Mazeppa, pour combattre en faveur d’un étranger, allié des Polonais, autrefois leurs maîtres et toujours leurs ennemis. Aussi les Russes, instruits par eux et profitant de leur connaissance du pays, allèrent, sous la conduite de Mentschikolfet du prince
Gallitzin, s’emparer de Baturin, qui fut réduite en cendres. Les Cosaques élurent un autre hetman, nommé Skoropasky, que le tzar agréa. Il voulut qu’un appareil imposant fit sentir au peuple l’énormité de la trahison ; l’archevêque de Kiovie et deux autres prélats excommunièrent publiquement Mazeppa (22 novembre) ; il fut pendu en efligie, et quelques-uns de ses complices moururent par le supplice de la roue.
4. Lewenhaupt 'avait reçu l’ordre de marcher vers LUkraine, mais douze jours trop tard ; Charles XII n’avait pas voulu l’attendre 5 et les dépêches que lui adressait son général, pour lui annoncer sa marche difücile et son arrivée, furent saisies par les Russes. Alors le tzar et ses lieutenants purent se jeter entre Charles XII et l’armée de Lewenhaupt.