Gierta ou Hierta était colonel des drabans
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malheur; mais il fallait fuir plus loin : on trouva dans le bagage le carrosse du comte Piper; car le roi n’en eut jamais depuis qu’il sortit de Stockholm. On le mit dans cette voiture, et l’on prit avec précipitation la route du Borysthène. Le roi, qui, depuis le moment où on Pavait mis à cheval jusqu’à son arrivée au bagage, n’avait pas dit un seul mot, demanda alors ce qu'était devenu le comte Piper : « Il est pris avec toute la chancellerie S lui )) répondit-on. — Et le général Rehnskôld, et le duc de )) Yurtenberg? ajouta-t-il. — Ils sont aussi prisonniers, )) lui dit Poniatowski. — Prisonniers chez les Russes ! re- » prit Charles en haussant les épaules; allons donc, allons » plutôt chez les Turcs. )) On ne remarquait pourtant point d’abattement sur son visage ; et quiconque l’eût vu alors, et eût ignoré son état, n’eût point soupçonné qu’il était vaincu et blessé.
Pendant qu’il s’éloignait, les Russes saisirent son artillerie dans le camp devant Pultava, son bagage, sa caisse militaire, où ils trouvèrent six millions en espèces, dépouilles des Polonais et des Saxons. Près de neuf mille hommes. Suédois ou Cosaques furent tués dans la bataille environ six mille furent pris. Il restait encore environ seize mille hommes, tant Suédois et Polonais que Cosaques qui fuyaient vers leBorysthènesous la conduite du généralLevenhaupt. Il marcha d’un côté avec ses troupes fugitives; le roi alla par un autre chemin avec quelques cavaliers. Le carrosse où il était rompit dans la marche; on le remit à cheval. Pour comble de disgrâce, il s’égara pendant la nuit dans un bois ; là, son courage ne pouvant plus suppléer à ses forces épuisées, les douleurs de sa blessure devenues ^ plus insupportables par la fatigue, son cheval étant tombé de lassitude, il se coucha
1. La chancellerie. Le sens de ce mot est facile à comprendre, quoique le dictionnaire de l’Académie ne le donne pas : c’est l’ensemble des officiers chargés d’apposer le sceau du prince sur les actes qui émanent de lui.
2. Près de neuf mille hommes. Geyer dit que les Suédois perdirent seulement quatre mille hommes dans cette
journée; Voltaire répète dans V Histoire de Russie, que l’on compta neuf mille deux cent \ingt-quatre Suédois morts sur le champ de bataille, et qu’on leur fit pendant l’action deux à trois mille prisonniers. Il paraît avoir raison.