Oa dit plus habituellement souverains pontifes
2. Voltaire a peut-être ici voulu trop abréger, et il a négligé de résumer les conquêtes importantes du tzar, après Pultava. Dès le mois de septembre 1709, Pierre arrive en Lithuanie, puis à Varsovie, pour achever le rétablissement de son protégé Auguste ; à Thorn (7 octobre), il conclut un traité avec les r /is de Danemark, de Pologne, de Prusse, pour reprendre à la Suède les anciennes conquêtes de Gustave-Adolphe ; il achève son traité avec le roi de Prusse à Marienwerder, où il est reçu avec
magnificence (20 octobre 1709'. Puis il va rejoindre en Livonie son armée que commande le maréchal Shérémétief ; il commence le bombardement de Riga, le 21 novembre ; et, après avoir jeté un coup d’œil sur les travaux de Pétersbourg, il triomphe à Moscou (1er janvier 1710). Pendant que les Russes s’emparent d’Elbing (mars 1710), il attaque la Carélie ; il prend Viboürg (23 juin), Kexholm (19 septembre), toutes les places de la province, mal défendue par l’incapable Lubecker ; puis l’île d’OEsel, la Livonie, l’Esthonie ; Riga s’était rendue le 15 juillet, et les Livoniens avaient
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Le czar, plus puissant qu’eux tous ensemble, profitant de la victoire, prit Yibourg^ et toute la Carélie inonda la Finlande de troupes, mit le siège devant Riga, et envoya un corps d’armée en Pologne pour aider Auguste à remonter sur le trône. Cet empereur était alors, ce que Charles avait été autrefois, l’arbitre de la Pologne et du Nord; mais il ne consultait que ses intérêts, au lieu que Charles n’avait jamais écouté que ses idées de vengeance et de gloire. Le monarque suédois avait secouru ses alliés et accablé ses ennemis, sans exiger le moindre fruit de ses victoires; le czar, se conduisant plus en prince, et moins en héros, ne voulut secourir le roi de Pologne qu’à condition qu’on lui céderait la Livonie, et que cette province, pour laquelle Auguste avait allumé la guerre, resterait aux Moscovites pour toujours.
Le roi de Danemark oubliant le traité de Travendal, comme Auguste celui d’Altranstadt, songea dès lors à se rendre maître des duchés de Holstein et de Brême, sur lesquels il renouvela ses prétentions: le roi de Prusse avait d’anciens droits sur la Poméranie suédoise^, qu’il voulait faire revivre: le duc de Mecklembourg ^ voyait avec dépit que la Suèdepossédât encore Vismar®, la plus belle ville du duché ; ce prince devait épouser une nièce de l’empereur moscovite ; et le czar ne demandait qu’un prétexte pour s’établir en Allemagne, à l’exemple des Suédois : Georges, électeur de Hanovre cherchait de
recouvré leurs privilèges, dont Charles XI les avait dépouillés. Voltaire, Histoire de Russie, ch. xix.
1. yibourg ou Viborg, ville bâtie en 1293, dans le gouvernement de ce nom, au sud-est de la Finlande ; c’était jadis la capitale de la Carélie, et l’un des boulevards de la Suède contre les Russes ; son port, sur une baie du golfe de Finlande, reçoit de petits navires; 6,000 h.
2. La Carélie, ancienne principauté finnoise, au sud-est de la Finlande, est un pays de sables et de marais ; enlevée par Pierre le Grand aux Suédois, elle ferma longtemps la Finlande russe ; maintenant elle répond à peu près au gouvernement de Yibourg, l’un des huit gouvernements du grand-duché de Finlande.
3. Frédéric IV avait augmenté ses troupes et les avait aguerries, en les envoyant servir en Allemagne, sous le prince Eugène ; il déclara la guerre le 9 nov. 1709.
4. Poméraxie suédoise. Voir au commencement du livre huitième.
5. Le Mccklcmbüurg est un pays borné, au nord par la mer Baltique, à l’est et au sud par la Prusse, à l’ouest par le Hanovre et les États danois. Depuis le milieu du xvii« siècle, il est divisé en deux duchés, Mecklembourg-Schwérin et Mecklembourg-Strélitz.