Georges. Voir à la fin du livre septième, page
son côté à s’enrichir des dépouilles de Charles : l’évêque de Munster 1 aurait bien voulu faire valoir quelques droits, s’il en avait eu le pouvoir.
Douze à treize mille Suédois défendaient la Poméranie et les autres pays que Charles possédait en Allemagne ^ : c’était là que la guerre allait se porter. Cet orage alarma l’Empereur et ses alliés. C’est une loi de l’Empire que quiconque attaque une de ses provinces est réputé l’ennemi de tout le corps germanique
Mais il y avait encore un plus grand embarras ; tous ces princes, à la réserve du czar, étaient réunis alors contre Louis XI V, dont la puissance avait été quelque temps aussi redoutable à l'Empire que celle de Charles L
L’Allemagne s'était trouvée, au commencement du siècle, pressée du midi au nord entre les armées de la France et de la Suède. Les Français avaient passé le Danube^, et les Suédois l’Oder : si leurs forces, alors victorieuses, s’étaient jointes, l’Empire eût été perdu. Mais la même fatalité qui accabla la Suède avait aussi humilié la France: toutefois la Suède avait encore des ressources, et Louis XIV faisait la guerre avec vigueur^, quoique malheureusement. Si la Poméranie et le duché de Brême devenaient le théâtre de la guerre, il était à craindre que
1. Munster, capitale de la Westphalie ; province prussienne ; 24,000 h. Les évêques de cette ville, qui date de Charlemagne, ont joué un rôle politique assez important ; en 1802, l’évèché lut sécularisé; de 1810 à 1814, Munster fut le chef-lieu du département français de la Lippe. Elle est célèbre par les excès des anabaptistes en 1535, et par le traité de 1648.
2. Le général Crassow commandait les Suédois restés en Pologne ; craignant d’aventurer les dernières ressources de son pays, il s’était retiré en Poméranie, laissant Stanislas sans secours entre les Russes et les Saxons.
3. Depuis la paix de Westphalie,les rois de Suède étaient membres du corps germanique, pour les provinces qui leur avaient été cédées dans l’Empire : Poméranie, Brême, Verden, etc.
4. Toutes les nations de l’Europe étaient alors en guerre ; l’Espagne, le Portugal, l’Italie, la France, l’Allema-
gne, la Hollande, l’Angleterre combattaient encore pour la succession du roi d'Espagne, Charles II, et tout le Nord était armé contre Charles XII. II ne manquait qu’une querelle avec la Porte Ottoman, epour qu’il n’y eût pas un village d’Europe qui ne fût exposé aux ravages. Cette querelle arriva. Voltaire, Hist, de Russie, ch. xix.
5. Lorsque les Français, en 1703, passèrent le Danube, les Suédois n’étaient pas encore sur l’Oder ; et au moment où Charles XII pénétrait en Saxe (1706), les revers avaient commencé pour la France ; Hochstett (1704) nous avait rejetés de l’Allemagne ; les désastreuses journées de Ramillies et de Turin sont de 1706.
6. La France, bien qu’accablée, résistait encore glorieusement à Malplaquet (1709), et ses troupes sauvaient en 1710 la couronne de Philippe V par la belle victoire de Villaviciosa, en Espagne.
LIVRi: CliXQUIÉMK.