C’est-à-dire exposer au hasard ; en latin, committere
2. Ce qui put déterminer le vizir à conclure, c’est que le général Renne, avec un corps d’armée, venait de franchir trois rivières, et de prendre Brahilov, sur le Danube; un autre corps d’armée s’avançait des frontières de la Pologne. Puis le vizir n’était probablement pas instruit de la disette que souffraient ies Russes.
F.IVRi: CINQUIEME.
czar, et fit trancher la tOle aux Tartares, qui avaient eu le plus de part à leur enlèvement.
Cependant le kan des Tartares s’opposait à la conclusion d’un traité qui liiiôtait l’espérancedu pillage. Poniatowski secondait le kan par les raisons les plus pressantes; mais Osman l’emporta sur l’impatience tartare et sur les insinuations de Poniatowski.
Le vizir crut faire assez pour le Grand-Seigneur, son maître, de conclure^ une paix avantageuse. Il exigea que les Moscovites rendissent Azof ; qu’ils brûlassent les galères qui étaient dans ce port : qu’ils démolissent les citadelles importantes bâties sur les Palus-Méotides 2, et que tout le canon et les munitions de ces forteresses demeurassent au Grand-Seigneur; que le czar retirât ses troupes de la Pologne; qu’il n’inquiétât plus le petit nombre de Cosaques qui étaient sous la protection des Polonais, ni ceux qui dépendaient de la Turquie, et qu’il payât dorénavant aux Tartares un subside de quarante mille sequins ^ par an, tribut odieux, imposé depuis longtemps, mais dont le czar avait affranchi son pays
Enfin le traité allait être signé, sans qu’on eût seulement fait mention du roi de Suède. Tout ce que Poniatowski put obtenir du vizir fut qu’on insérât un article, par lequel le Moscovite s’engageait à ne point troubler le retour de Charles XII; et, ce qui est assez singulier, il fut stipulé dans cet article que le czar et le roi de Suède feraient la paix, s’ils en avaient envie, et s’ils pouvaient s’accorder.
A ces conditions, le czar eut la liberté de se retirer avec son armée, son canon, son artillerie^, ses drapeaux, son bagage. Les Turcs lui fournirent des vivres, et tout abon-
1. On dirait plus ordinairement, en concluant, ou s’il concluait,