Séraskier. Voir la note 5 de la page
2. Les Musulmans, les Grecs et les Vénitiens avaient, comme les anciens Romains et même les Orientaux, con-
argent; on fut obligé d’em-
servé l’usage de donner aux ambassadeurs étrangers, le logement, la nourriture et les vêtements ; c’est ce qu’on appelait chez les Ottomans, konak, taiïm (thaïm) et kaftan ; l’usage de donner le kaftan est le seul qui ait subsisté jusqu’à ces derniers temps.
prunier à vingt, à trente, à quarante pour cent, des officiers, des domestiques et des janissaires, devenus riches par les profusions du roi. M. Fabrice, l’envoyé de Holstein, Jeffreys, ministre d’Angleterre leurs secrétaires, leurs amis, donnèrent ce qu’ils avaient. Le roi, avec sa fierté ordinaire, et sans inquiétude du lendemain, subsistait de ces dons, qui n’auraientpas suffi longtemps.il fallut tromper la vigilance des gardes, et envoyer secrètement à Constantinople pour emprunter de l’argent des négociants européens Tous refusèrent d’en prêter à un roi qui semblait s’être mis hors d’état de jamais rendre. Un seul marchand anglais, nommé Couk, osa enfin prêter environ quarante mille écus, satisfait de les perdre si le roi de Suède venait à mourir On apporta cet argent au petit camp du roi, dans le temps qu’on commençait à manquer de tout, et à ne plus espérer de ressource.
Dans cet intervalle, ÂI. Poniatowski écrivit, du camp même du grand-vizir, une relation de la campagne du Pruth, dans laquélle il accusait Baltagi Mehemet de lâcheté et de perfidie. Un vieux janissaire, indigné de la faiblesse du grand-vizir, et de plus gagné par les présents de Poniatowski, se chargea de cette relation; et, ayant obtenu un congé, il présentalui-même la lettreau sultan.
Poniatowski partit du camp quelques jours après, et alla à la Porte Ottomane former des intrigues contre le grand-vizir, selon sa coutume.
Les circonstances étaient favorables: le czar,en liberté, ne se pressait pas d'accomplir ses promesses : les clefs d’Azof ne venaient point ^ ; le grand-vizir, qui en était responsable, craignant avec raison l’indignation de son maître, n’osait s’aller présenter devant lui
1. Mimstbe, c’est-à-dire envoyé d’Angleterre auprès de Charles XII.*
2. Cette forme, souvent employée par de bons écrivains au xvii® siècle, n’a pas prévalu.
3. La phrase n’est pas très-claire et pourrait signifier le contraire de ce que Voltaire veut dire ; le sens est celui-ci : « Couk s’exposait avec plaisir à les perdre, quand même le roi viendrait à mourir. »
4. La reddition d’Azoph et la démolition de Taganrok souffraient des difficultés. Il fallait, aux termes du traité, distinguer l’artillerie et les munitions d’Azoph, qui appartenaient aux Turcs, de celles que le czar y avait mises depuis qu’il avait conquis cette place ; le gouvernement traîna en longueur cette négociation, et la Porte en fut justement irritée. (Volt., Hist» de Russie,)