Le 16 avril
3. On forme des liaisons, mais on ne les prend pas, et prenait n’est pas bien rapproché d’ apprendre.
LlVRl< SIXIEME.
qiiie, où il était toujours sur le point d’armer les forces ottomanes contre l’empire des Russes.
Le roi de Suède sollicitait toujours la Porte de le renvoyer par la Pologne avec une nombreuse armée. Le divan ^ résolut en effet de le renvoyer, mais avec une simple escorte de sept à huit mille hommes; non plus comme un roi qu’on voulait secourir, mais comme un hôte dont on voulait se défaire. Pour cet effet, le sultan Achmet lui écrivit en ces termes :
Très-puissant entre les rois adorateurs de Jésus, redresseur des torts et des injures, et protecteur de la justice dans les ports et les républiques du Midi et du Septentrion ; éclatant en majesté, ami de V honneur et de la gloire et de notre Sublime Porte, Charles, roi de Suède, dont Dieu couronne les entreprises de bonheur «Aussitôtquele très illustre Achmet, ci-devantchiaoux- » pachi aura eu l’honneur de vous présenter cette lettre, )) ornée de notre sceau impérial, soyez persuadé et con- )) vaincu de la vérité de nos intentions qui y sont conte- )) nues, à savoir que, quoique nous nous fussions proposé )) de faire marcher de nouveau contre le czar nos troupes )) toujours victorieuses, cependant, ce prince, pour éviter K le juste ressentiment que nous avait donné son retar- » dement à exécuter le traité conclu sur les bords du )) Pruth, et renouvelé depuis à notre Sublime ^Porte, ayant )) rendu à notre empire le château et la ville d’Azof, et 'ù cherché par la médiation des ambassadeurs d’Angle- » terre et de Hollande, nos anciens amis, à cultiver avec » nous les liens d’une constante paix, nous la lui avons » accordée, et donné à ses plénipotentiaires, qui nous » restent pour otages, notre ratification impériale, après » avoir reçu la sienne de leurs mains.
» Nous avons donné au très-honorable et vaillant Delvet
1. Lb divin. Le conseil du Grand Seigneur, le ministère ottoman.
2. On connaît le style emphatique que les Orientaux emploient dans leur langage officiel ; mais il est difficile de comprendre le titre donné à Charles XlI,/)ro/ec^ewr de la justice dans les
ports et les républiques du midi et du septentrion.
3. Les chiàoux ou tchaouks sont les huissiers ; le tchaouch-bachi, leur chef, est le grand-maréchal de la cour ottomane.
4, Sublime Porte, Voir n® 4, p. 132.
» Obérai, kan de Biidziack, de Crimée, de Nagaï et de )) Circassie et à notre très-sage conseiller et généreux )) séraskier de Bender, Ismaël (que Dieu perpétue et » augmente leur magnificence et prudence), nos ordres )) inviolables et salutaires pour votre retour par la Pologne, )) selon votre premier dessein, qui nous a été renouvelé )) de votre part. Vous devez donc vous préparer à partir î) sous les auspices de la Providence, et avec une bonora- » ble escorte, avant l’hiver prochain, pour vous rendre » dans vos provinces, ayant soin de passer en ami par » celles de la Pologne.
)) Tout ce qui sera nécessaire pour votre voyage vous » sera fourni par ma Sublime Porte, tant en argent qu’en )) hommes, chevaux et chariots. Nous vous exhortons )) surtout, et vous recommandons de donner vos ordres )) les plus positifs et les plus clairs à tous les Suédois et » autres gens, qui se trouvent auprès devons, de ne com- )) mettre aucun désordre, et de ne faire aucune action » qui tende directement ou indirectement à violer cette )) paix et amitié.
B Vous conserverez parla notre bienveillance, dont nous » chercherons à vous donner d’aussi grandes et d’aussi )) fréquentes marques qu’il s’en présentera d’occasions. I) Nos troupes destinées pour vous accompagner recevront h des ordres conformes à nos intentions impériales.
)) Donné à notre Sublime Porte de Constantinople, le )) 14 de la lune rebyul eurech 1124. )) Ce qui revient au 19 avril 1712 2.
Cette lettre ne fit point encore perdre l’espérance au roi de Suède. 11 écrivit au sultan qu’il serait toute sa vie reconnaissant des faveurs dont Sa Hautesse l’avait comblé; mais qu’il croyait le sultan trop juste pour le renvoyer^ avec la simple escorte d’un camp volant dans un pays encore inondé des troupes du czar. En effet, l’empereur