‹ Histoire de Charles XII, roi de SudeChapitre 205 sur 285 · Le comte Désàleurs (voir la · texte numérisé non relu

Le comte Désàleurs (voir la

note 6 de la page 172) avait remplacé, en 1711, M. de Ferriol, qui était devenu fou.

4. Les Turcs avaient proposé à Charles de le conduire à Marseille, d’où il pourrait revenir en Suède par des navires français ou suédois ; il avait toujours refusé : « Je suis venu par terre, « disait-il, c’est par terre que je m’en a irai, s

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ù maître n’a rien ^dépenser, tant qu’il sera sous la pro- )) tection du mien. »

Grolhusen répliqua qu’il y avait tant de différence entre les équipages turcs et ceux des Francs, qu’il fallait avoir recours aux artisans suédois et polonais qui étaient à Yarnitza.

11 l’assura que son maître était disposé à partir, et que cet argent faciliterait et avancerait son départ. Le hacha, trop confiant, donna les douze cents bourses; il vint quelques jours après demander au roi, d’une manière très-respectueuse, les ordres pour le départ.

Sa surprise fut extrême quand le roi lui dit qu’il n’était pas prêt à partir, et qu’il lui fallait encore mille bourses. Le hacha, confondu à cette réponse, fut quelque temps sans pouvoir parler. Il se retira vers une fenêtre, où on le vit verser quelques larmes. Ensuite, s’adressant au roi : (( 11 m’en coûtera la tête, dit-il, pour avoir obligé Ta Ma- » jesté ; j’ai donné les douze cents bourses malgré l’ordre )) exprès de mon souverain. » Ayant dit ces paroles, il s’en retournait plein de tristesse.

Le roi l’arrêta, et lui dit qu’il l’excuserait auprès du sultan. « Ah ! repartit le Turc en s’en allant, mon maître » ne sait point excuser les fautes ; il ne sait que les punir.»)

Ismaël bacha alla apprendre cette nouvelle au kan des Tartares, lequel ayant reçu le même ordre que le bacha, de ne point souffrir que les douze cents bourses fussent données avant le départ du roi, et ayant consenti qu’on délivrât cet argent, appréhendait aussi bien que le bacha l’indignation du Grand-Seigneur. Ils écrivirent tous deux à la Porte pour se justifier : ils protestèrent qu’ils n’avaient donné les douze cents bourses que sur les promesses positives d’un ministre du roi de partir sans délai; et ils supplièrent Sa Hautesse que le refus du roi ne fût point attribué à leur désobéissance

Charles, persistant toujours dans l’idée que le kan et le bachavoulaient le livrer àsesennemis, ordonna âM. Funk,

1. On dit plus habituellement \ point attribuer le refus du roi à,

de ; ils. supplièrent Sa Hautesse de ne 1

alors son envoyé auprès du Grand-Seigneur, de porterconire eux des plaintes, et de demander encore mille bourses. Son extrême générosité, et le peu de cas qu’il faisait de l’argent, Tempêchaient de sentir qu’il y avait de l’avilissement dans cette proposition. 11 ne la faisait que pour s’attirer un refus, et pour avoir un nouveau prétexte de ne point partir; mais c’était être réduit à d’étranges extrémités que d’avoir besoin de pareils artifices. Savari, son interprète, homme adroit et entreprenant, porte ^ sa lettre à Andrinople, malgré la sévérité avec laquelle le grand-vizir faisait garder les passages.

Funk fut obligé d’aller faire cette demande dangereuse. Pour toute réponse on le fit mettre en prison. Le sultan indigné fit assembler un divan extraordinaire, et y parla lui-même, ce qu’il ne fait que très-rarement. Tel fut son discours, selon la traduction qu’on en fit alors ^ :

(( Je n’ai presque connu le roi de Suède que par la dé- )) faite de Pultava, et par la prière qu’il m’a faite de lui )) accorder un asile dans mon empire : je n’ai, je crois, nul )) besoin de lui, et n’ai sujet ni de l’aimer ni de le crain- )) dre; cependant, sans consulter d’autres motifs quel’hos- » pitalité d’un musulman, et ma générosité qui répand la )) rosée de ses faveurs sur les grands comme sur les pe- )) tits, sur les étrangers comme sur mes sujets, je l’ai reçu )) et secouru de tout, lui, ses ministres, ses officiers, ses » soldats, et n’ai cessé, pendant trois ans et demi, de l’ac- » câbler de présents.

)) Je lui ai accordé une escorte considérable pour le )) conduire dans ses États. Il a demandé mille bourses » pour payer quelques frais, quoique je les fasse tous : au » lieu de mille, j’en ai accordé douze cents. Après lesavoir » tirées de la main du séraskier de Bender, il en demande )) encore mille autres, et ne veut point partir, sous pré- » texte que l’escorte est trop petite, au lieu qu’elle n’est )) que trop grande pour passer par un pays ami.

î. Porte. Il est difficile de trouver la raison de ce présent au milieu de verbes tous dM. passé.

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