‹ Histoire de Charles XII, roi de SudeChapitre 23 sur 285 · L1VIU<: PREMIER · texte numérisé non relu

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tique plus encore que par aulorilé. Ayant ainsi conquis ce royaume, comme il le disait, sur les Danois et sur le clergé, il régna heureux et absolu jusqu a Page de soixante et dix ans, et mourut plein de gloire, laissant sur le trône sa famille et sa religion h L’un de ses descendants fut ce Gustave-Adolphe, qu'on nomme le grand Gustave^. Ce roi conquit Plngrie, la Livonie, Brême, Yerden, Vismar, la Poméranie, sans compter plus de cent places en Allemagne, rendues par la Suède après sa mort. Il ébranla le trône de Ferdinand II ’h 11 protégea les luthériens en Allemagne, secondé en cela par les intrigues de Rome même, qui craignait encore plus la puissance de l’Empereur que celle de l’hérésie, (^e fut lui qui, par ses victoires, contribua alors en effet ^ à l’abaissement de la maison d’Autriche ; entreprise dont on attribue toute la gloire au cardinal de Richelieu, qui savait Part de se faire une réputation, tandis que Gustave se bornait à faire de grandes choses. 11 allait porter la guerre au delà du Danube, et peut-être détrôner l’Empereur, lorsqu’il fut tué, à l’âge de trente-sept ans, dans la bataille de Lutzen qu’il gagna contre Yalstein, emportant

1. Les états d’OErebro, en lb40, et ceux de Westeras, en 1544, reconnurent l’hérédité de la couronne dans sa famille; mais Gustave n’avait pas la puissance absolue. Quand il mourut , le 29 septembre 1560, il était âgé de soixante-quatre ans.

2. Gustave-Adolphe, petit-fils de Gustave Wasa, a régné de 1611 à 1632 ; par le traité de Stolbova (1617), il obtint des Russes l’Ingrie et la Carélie ; il enleva aux Polonais la Livonie, Elbing et Marienbourg en Prusse, et les garda en 1629, à la trêve d’Altmark ; dans la guerre de Trente ans , il s’unit à Richelieu contre l’empereur Ferdinand II, par le traité de Berwald ; occupa les lies de Rugen^ Wollin, Usedom, la Poméranie, fut vainqueur des catholiques commandés par Tilly, à Leipzig , le 7 septembre 1631, et ébranla le trône de l’Empereur.

3. Ferdinand II, empereur d’Allemagne de 1619 à 1637, voulait faire triompher le catholicisme par la ruine des protestants, et soumettre les princes de l’Empire à la condition de sujets. Sous lui commence la guerre de Trente ans

(1618-16.48) divisée en quatre périodes : 1» Palatine ( 1618-1625 ); 2'» Danoise (1625-1629); 3<^ Suédoise (1629-1635); 4o Française (1635-1648).

4. En effet. — En réalité, in effectu ; tandis que Richelieu n’aurait qu’en apparence contribué à l’abaissement de la maison d’Autriche. Il ne faut pas admettre ce jugement injuste de Voltaire à l’égard de Richelieu, qui, continuant avec grandeur l’œuvre commencée par Henri IV, a fondé l’équilibre européen, en s’opposant aux projets ambitieux de la maison d’Autriche, et préparé par sa politique le glorieux traité de Westphalie. Voltaire n’est pas plus juste à l’égard de Richelieu, dans le Siècle de Louis XIV (ch. iii). Au reste, ce grand ministre n’a été bien compris et bieu jugé que de nos jours.

5. La bataille de Lutzen fut livrée le 16 novembre 1632. Valstein ou ^^^aldstein, l’un des grands généraux de l’Empereur, dans la guerre de Trente ans, vainquit d’abord les Danois, lutta ensuite contre les Suédois, puis, devenu suspect à Ferdinand II par son ambition et son influence immense sur ses soldats, U fut

dans le tombeau le nom de Grande les regrets du Nord^ et Teslime de ses ennemis.

Sa fille Christine née avec un génie rare, aima mieux converser avec des savants que de régner sur un peuple qui ne connaissait que les armes. Elle se rendit aussi illustre en quittant le trône, que ses ancêtres Tétaient pour Tavoir conquis ou affermi. Les protestants Tont déchirée-, comme si on ne pouvait pas avoir de grandes vertus sans croire à Luther ; et les papes triomphèrent trop de la conversion d’une femme qui n’était que philosophe. Elle se retira à Rome, où elle passa le reste de ses jours dans le centre des arts qiTelle aimait, et pour lesquels elle avait renoncé à un empire à Tâge de vingt-sept ans.

Avant d’abdiquer, elle engagea les états de la Suède à élire en sa place son cousin Charles-Gustave^, dixième de ce nom, üls du comte palatin, duc de Deux-Ponts Ce roi ajouta de nouvelles conquêtes à celles de Gustave- Adolphe: il porta d’abord ses armes en Pologne, où il gagna la célèbre bataille de A^arsovie, qui dura trois jours. 11 Ut longtemps la guerre heureusement contre les Danois, assiéga leur capitale, réunit la Scanie à la Suède, et fit assurer, du moins pour un temps, la possession de Slesvick au duc de Holstein^. Ensuite, ayant éprouvé des revers et lait la paix avec ses ennemis, il tourna son ambition contre ses sujets. 11 conçut le dessein d’établir en Suède la puissance arbitraire; mais il mourut à l’âge de trente-

assassiné par ses ordres à Egra, en Bohème (lü34). Schiller a immortalisé son nom par ses trois beaux drames :

le Camp, les Piccolominij la Mort de Wallenstein.

1. Christine a régné de 1632 à 1654 ; Voltaire, dans ses Lettres et dans le Sæcle de Louis XIV, ne l’a pas aussi bien traitée. On peut dire que son abdication, amenée par son imagination fantasque , l’a rendue célèbre plutôt qu’illustre. Voir le Siècle de Louis XIV,

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