‹ Histoire de Charles XII, roi de SudeChapitre 24 sur 285 · C. VI · texte numérisé non relu

C. VI

2. Elle embrassa le catholicisme à Bruxelles, et abjura solennellement à Inspruck, moins par conviction que pour étouncr le monde et vivre plus à son aise dans les contrées méridionales ; après un premier voyage en Italie, elle

étonna la France par ses singularités et ses crimes (assassinat de Monaldeschi à Fontainebleau), puis se fixa à Rome en 1658 ; elle y mourut en 1689.

3. Charles-Gustave, fils d'une sœur de Gustave- Adolphe, a régné de 1654 à

4. Le duché de Deux-Ponts, sur la rive gauche du Rhin, avec l’ancien Palatinat, forme depuis 1815 la Bavière rhénane.

5. Après avoir conquis et perdu la Pologne , Charles-Gustave ravagea le Danemark en 1658, passa successivement le Petit-Belt et le Grand-Belt sur la glace, assiégea Copenhague et impos?.

aux Danois le traité de Roskild, qui donnait aux Suédois la Scanie, et les provinces de Halland et de Bléking.

LIVHE PUEMIEU.

>cptans, comme le grand Gustave, avant d’avoir pu achever cet ouvrage.dll despotisme, que son fds Charles XI éleva jusqu’au comble.

Charles XI, guerrier comme tous ses ancêtres, fut plus absolu qu’eux. 11 abolit l’autorité du sénat, qui fut déclaré le sénat du roi, et non du royaume Il était frugal, vigilant, laborieux, tel qu’on l’eût aimé, si son despotisme n’eût réduit les sentiments de ses sujets pour lui à celui de la crainte

11 épousa, en 1G80, Ulrique- Eléonore, fdle de Frédéric 111, roi de Danemark, princesse vertueuse et digne de plus de confiance que son époux ne lui en témoigna. De ce mariage naquit, le 27 de juin 1G82, le roi Charles XII, l’homme le plus extraordinaire peut-être qui ait jamais été sur la terre, qui a réuni en lui toutes les grandes qualités de ses aïeux, et qui n’a eu d’autre défaut ni d’autre malheur que de les avoir toutes outrées^. C’est lui dont on se propose ici d’écrire ce qu’on a appris de certain touchant sa personne et ses actions.

Le premier livre qu’on lui fit lire fut l’ouvrage de Samuel Puffendorf^, afin qu’il pût connaître de bonne heure ses Etats et ceux de ses voisins. Il apprit d’abord l’allemand, qu’il parla toujours depuis aussi bien que sa langue maternelle. A l’âge de sept ans, il savait manier un cheval. Les exercices violents où il se plaisait et qui décou-

1. Dans les diètes de 1680 et 1682, Charles XI, soutenu par les autres ordres, anéantit l’autorité du sénat, devenu trèsimpopulaire ; les nobles lurent soumis aux impôts comme le reste de la nation ; on alla même bien plus loin, puisqu’on donna au roi le pouvoir absolu; on déclarait qu’il serait le maître de changer les formes du gouvernement, selon son bon plaisir, et qu’il n’était responsable de son autorité qu’à Dieu seul. Cependant la Suède conserve encore avec respect le souvenir de Charles XI.

2. Le jugement de Saint-Simon sur un prince ennemi de l’aristocratie est nécessairement suspect : « Il s’affranchit, » dit-il, de tout ce qui bridoit l’autorité B royale, parvint au pouvoir arbitraire, B et, incontinent après qu’il l’eut affermi, • le tourna eu tyrannie. Il abolit les

'CHABLES XIT.

B états généraux et anéantit le sénat

fl Le genre obscur et cruel de la longue n maladie dont il mourut, a fait douter B entre la main de Dieu vengeresse et B le poison. Jusqu’après sa mort son B corps ne fut pas à couvert de la pu- B nition en ce monde ; le feu prit au B palais où il étoit encore exposé en pa- B rade. Ce fut avec grand’peine qu’on B le sauva des flammes qui consumèrent B tout le palais de Stockholm, b

Page 1