‹ Histoire de Charles XII, roi de SudeChapitre 244 sur 285 · Fasunes. Voir note 1, p · texte numérisé non relu

Fasunes. Voir note 1, p

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sur répaiile les uns des autres, comiiie à un assaut. Le combat s’engage dans lecampennemi. L’impétuosité suédoise mit d’abord le désordre parmi les Danois et les Prussiens; mais le nombre était trop inégal : les Suédois furent repoussés après un quart d’heure de combat, et repassèrent le fossé. Le prince d’Anhalt les poursuivit alors dans la plaine; il ne savait pas que dans ce moment c’était Charles XII lui-même qui fuyait devant lui. Ce roi malheureux rallia sa troupe en plein champ, et le combat recommença avec une opiniâtreté égale de part et d’autre. Grothusen, le favori du roi, et le général Dahldorf, tombèrent morts auprès de lui. Charles, en combattant, passa sur le corps de ce dernier, qui respirait encore. During, qui l’avait seul accompagné dans son voyage de Turquie à Stralsund, fut tué à ses yeux.

Au milieu de celte mêlée, un lieutenant danois, dont je n’ai jamais pu savoir le nom, reconnut Charles, et, lui saisissant d’une main son épée, et de l’autre le tirant avec force parles cheveux : « P.endez-vous, sire, lui dit-il, ou )) je vous tue. » Charles avait à sa ceinture un pistolet : il le tira de la main gauche sur cet officier, qui en mourut le lendemain matin. Le nom du roi Charles, qu’avait prononcé ce Danois, attira en un instant une foule d’ennemis. Le roi fut entouré. Il reçut un coup de fusil au-dessous de la mamelle gauche : le coup i, qu’il appelait une contusion, enfonçait de deux doigts. Le roi était à pied, et prêt d’être^ tué ou pris. Le comte Poniatowski combattait dans ce moment auprès de sa personne. Il lui avait sauvé la vie à Pultava, il eut le bonheur de la lui sauver encore dans ce combat de Ptugen, et le remH à cheval.

Les Suédois se retirèrent vers un endroitde l’île nommé Alteferre, où il y avait un fort dont ils étaient encore maîtres. De là le roi repassa à Stralsund, obligé d’abandonner les braves troupes qui l’avaient si bien secondé dans cette entreprise : ellesfurent faites prisonnières de guerre deux jours après.

Parmi ces prisonniers se trouva ce malheureuxrégiment

1. Le coup, c’est-à-dire la contusion» | 2. Prêt d’étre. — Voir la note 2 de

la- blessure faite par le coup» [ la page 43 et la note 3 de la page 87.

llibTOlKE DE CHAULES XIL

français, composé des débris de la bataille d’Hochstclt, qui avait passé au service du roi Auguste, et de là à celui du roi de Suède : la plupart des soldats furent incorporés dans un nouveau régiment d’un fds du prince d’Anhalt, qui fut leur quatrième maître. Celui qui commandait dans Rugen ce régiment errant était alors ce même comte de Villelongue, qui avait si généreusement exposé sa vie à Andrinople pour le service de Charles XII. Il fut pris avec sa troupe, et ne fut ensuite que très-mal récompensé de tant de services, de fatigues et de malheurs.

Le roi, aprèstouscesprodigesde valeur qui ne servaient qu’àatraiblir ses forces, renfermé dans Stralsundet prêt^ d’y être forcé, était tel qu’on l’avait vu à Bender. Il ne s’étonnait de rien : le jour il faisait faire des coupures ^ et des retranchements derrière les murailles; lanuitil faisait des sorties sur l’ennemi : cependant Stralsund était battu en brèche ;les bombes pleuvaient sur les maisons; la moitié de la ville était en cendre ^ : les bourgeois, loin de murmurer, pleins d’admiration pour leur maître, dont les fatigues, la sobriété et le courage les étonnaient, étaient tous devenus soldats sous lui. Ils l’accompagnaient dans les sorties; ils étaient pour lui une seconde garnison.

Un jour que le roi dictait des lettres pour la Suède à un secrétaire, une bombe tomba sur la maison, perça le toit, et vint éclater près de la chambre même du roi. La moitié du plancher tomba en pièces ; le cabinet, où le roi dictait, étant pratiqué ^ en partie dans une grosse muraille, ne souffrit point de l’ébranlement, et, par un bonheur étonnant, nul des éclats qui sautaient en l’air n’entra dans ce cabinet dont la porte était ouverte. Au bruit de la bombe, et au fracas de la maison qui semblait tomber, la plume échappa des mains du secrétaire. « Qu’y a-t-il donc? lui

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