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2. En termes de guerre ce sont des retranchements, fossés, palissades, etc., qui se font dans un ouvrage derrière une brèche.
3. La moitié de la ville était EN CENDRE. Tantôt Voltaire met le singulier, cendre, comme ici ; tantôt il met le pluriel : il est facile d’ex-
pliquer ces deux manières d’écrire ; la moitié de la ville n’était plus que de la cendre, ou était réduite en cendres.
4. En termes d'architecture, pratiquer, c’est trouver adroitement certaines petites commodités dans un bâtiment, en ménageant la place. (Académie.)
UVUE IllIITlÈME.
» (lit le roi d’un air tranquille ; pourquoi n’écrivez-vous » pas? )) Celui-ci ne put répondre que ces mots: « Ehl » sire, la bombe I — Eh bien I reprit le roi, qu’a de com- )) mun la bombe avec la lettre que je vous dicte? Gonti- )) niiez. »
Il y avait alors dans Stralsund un ambassadeur de France enfermé avec le roi de Suède: c’était un Colbert, comte de Groissi lieutenant-général des armées de France, frère du marquis de Torci, célèbre ministre d’Élat*2, et parent de ce fameux Colbert dont le nom doit être immortel en France . Envoyer un homme àla tranchée ou en ambassade auprès de Charles Xll, c’était presque la même chose. Le roi entretenait Croissi des heures entières dans les endroits les plus exposés, pendant que le canon et les bombes tuaient du monde à côté et derrière eux, sans que le roi s’aperçût du danger, ni que l’ambassadeur voulût lui faire seulement soupçonner qu’il y avait des endroits plus convenables pour parler d’affaires. Ce ministre fit ce qu’il put avant le siège pour ménager un accommodement entre les rois de Suède et de Prusse; mais celui-ci demandait trop, et Charles XII ne voulait rien céder. Le comte de Croissi n’eut donc, dans son ambassade, d’autre satisfaction que celle de jouir de la familiarité de cet homme singulier. Il couchaitsouvent auprès de lui sur le même manteau : il avait, en partageant ses dangers et ses fatigues, acquis le droit de lui parler avec liberté. Charles encourageait cette hardiesse dans ceux qu’il aimait. Il disait quelquefois au comte de Croissi : Veni, maledicamus de rege: « Allons, disons un peu de » mal de Charles XII. » G’estceque cet ambassadeur* m’a raconté.
Groissi resta jusqu’au 13 novembre dans la ville; et enfin, ayant obtenu des ennemis permission de sortir avec ses bagages, il prit congé du roi de Suède, qu’il laissa
(. Colbert, comte de Croissy. — Voir DOte 2, p. 260.
2. Jean-Baptiste Colbert, marquis de Torci (1665-1746', neveu du grand Colbert, ambassadeur, ministre des
affaires étrangères sous Louis XIV, a fait partie du conseil de Régence au commencement du règne de Louis XV ; il a laissé des mémoires intéressants.
au milieu des ruines de Stralsund,avec une garnison dépérie ^ des deux tiers, résolu de soutenir un assaut.
En effet, on en donna un deux jours après à Touvrage à corne Les ennemis s’en emparèrent deux fois, et en furentdeux fois chassés. Le roi y combattit toujours parmi les grenadiers: enfin le nombre prévalut; les assiégeants en demeurèrent les maîtres. Charles resta encore deux jours dans la ville, attendant à tout moment un assaut général. H s’arrêta le 19, jusqu’à minuit, sur un petit ravelin ^ tout ruiné parlesbombeset par le canon: le jour d’après, les officiers principaux le conjurèrent de ne plus rester dans une place qu’il n’était plus question de défendre; mais la retraite était devenue aussi dangereuse que la place meme. La mer Baltique était couverte de vaisseaux moscovites et danois. On n’avait dans le port de Stralsund qu’une petite barque à voiles et à rames. Tant de périls, qui rendaient cette retraite glorieuse, y déterminèrent Charles. Il s’embarqua, la nuit du 20 décembre 1715, avec dix personnes seulement. Il fallut casser la glace dont la mer était couverte dans le port: ce travail pénible dura plusieurs heures avant que la barque pût voguer librement. Les amiraux avaient des ordres précis ^ de ne point laisser sortir Charles de Stralsund, et de le prendre mort ou vif. Heureusement ils étaient sous le vent et ne purent l’aborder. Il courut un danger encore plus grand en passant à la vue® de l’île de Rugen, près d’un endroit nommé la Barbette, où les Danois avaient élevé une batterie de douze canons. 11 tirèrent sur le roi. Les matelots faisaient force de voiles et de rames pour s’éloigner ; un coup de canon tua deux hommes à côté de Charles; un autre fracassa le mât de la barque. Au milieu de ces dan-
1. Ce mot est rarement employé ; l’on dit plus habituellement diminuée,
2. En termes de fortification, c’est un ouvrage avancé hors du corps de la place, et qui consiste en une courtine et deux demi-bastions.
3. « Ouvrage de fortification exté- » rieure, composé de deux faces qui font » un angle saillant, et qui sert ordinai- B rement à couvrir une courtine, un » pont, etc, » (Dict, de l’Académie,)