‹ Histoire de Charles XII, roi de SudeChapitre 246 sur 285 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

gers, le roi arriva vers deux de ses vaisseaux qui croisaient ^ dans la nier Baltique : dès le lendemain Slralsund se rendit; la garnison fut faite prisonnière de guerre, et Charles aborda à Ystad en Scanie et de là se rendit à Carlscrona, dans unélatbien autre que quand il en partit, quinze ans auparavant, sur un vaisseau de cent vingt canons, pour aller donner des lois au Nord 'b

Si près de sa capitale, on s’attendait qu’il la reverrait après cette longue absence; mais son dessein était de n’y rentrer qu’après des victoires. Il ne pouvait se résoudre d’ailleurs àrevoir despeuples qui l’aimaient, et qu’il étail forcé d’opprimer ^ pour se défendre contre ses ennemis. Il voulut seulement voir sa sœur : il lui donna rendez-vous sur le bord du lac Yeter ^ en Ustrogotbie ; il s’y rendit en poste, suivi d’un seul domestique, et s’en retourna après avoir resté un jour avec elle.

De Garlscrona où il séjourna l’hiver, il ordonna de nouvelles levées d’hommes dans son royaume. Il croyait que tous ses sujets n’étaient nés que pour le suivre à la guerre, et il les avait accoutumés à le croire aussi. On enrôlait des jeunes gens de quinze ans : il ne resta dans plusieurs villages que des vieillards, des enfants et des femmes; on voyait même, en beaucoup d’endroits, les femmes seules labourer la terre.

Il était encore plus difficile d’avoir une flotte. Pour y suppléer,on donna des commissions à des armateurs ^ qui, moyennant des privilèges excessifs et ruineux pour le pays,

1. Croiser, c’est naviguer dans une mer, le long d’une côte, en tous sens, de manière à en surveiller tous les mouvements, et pour empêcher surtout les navires de sortir des ports ou d’y entrer.

2. Geyer dit que Charles XII aborda à Trelleborg, près d'Ystad, petit port de Scanie, sur la Baltique, qui entretient de fréquentes relations avec Stralsund.

3. Quelque temps après, dit Voltaire (Hist* de Russie), Düker s’étant présenté devant Charles XII, ce prince lui fit des reproches d’avoir capitulé avec ses ennemis : « J’aimnis trop votre c gloire, lui répoudit Büker, pour vous

« faire l’afifront de tenir dans une ville a d’où Votre Majesté était sortie. »

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