‹ Histoire de Charles XII, roi de SudeChapitre 250 sur 285 · Le tzar désavoua formellement les · texte numérisé non relu

Le tzar désavoua formellement les

assertions des agents suédois, qu’il qualifie d’infàmes insinuations, d’artifices imaginés pour diviser les alliés du Nord, et il annonce que son médecin Areskin engage sa tête contre l’imposture des ministres suédois. Cependant Saint-Simon dit formellement que ce médecin dl rappelle Erskin) écrivit au comte de Jlarr, son cousin, poiu* lui communiquer toutes les bonnes intentions de Pierre à l’égard du prétendant.

Î.IVHE HUITIÈME.

sein favori d’avoir une priiicipaulé en Allemagne, et comptant engager le duc de Mecklenbourg à lui vendre sa souveraineté U

Les alliés furent irrités de cette démarche : ils ne voulaient pas d’un voisin si terrible, qui, ayant une fois des terres en Allemagne, pourrait un jour s’en faire élire empereur, et en oppiâmer les souverains Plus ils étaient irrités, plus le grand projet du baron de Gôrtz s’avançait vers le succès. 11 négociait cependant avec tous les princes confédérés pour mieux cacher ses intrigues secrètes. Le czar les amusai ttous aussi par des espérances. Charles XII, cependant, était en Norvège avec son beau-frère, le prince de Hesse, à la tête de vingt mille hommes; la province n’était gardée que par onze mille Danois, divisés en plusieurs corps, que le roi et le prince de Hesse passèrent au fil de l’épée

Charles s’avança jusqu’à Christiania capitale de ce royaume : la fortune recommençait à lui devenir favorable dans ce coin du monde ; mais jamais le roi ne prit assez de précautions pour faire subsister ses troupes. Une armée et une flotte danoise approchaient pour défendre la Norvège. Charles, qui manquait de vivres, se retira en Suède, attendant l’issue des vastes entreprises de son ministre.

' Cet ouvrage demandait un profond secret et des préparatifs immenses, deux choses assez incompatibles. Gôrtz fit chercher jusque dans les mers de l’Asie un secours qui, tout odieux qu’il paraissait, n’en eût pas été moins

1. pierre mariait alors Catherine Iwanowna, fille de son frère Iwan, avec le duc de Mecklenbourg , Charles-Léopold, Il fut indigné que ses alliés laissassent aux Danois, Wismar, qui devait appartenir à ce prince, et, après la capitulation de la ville, il fit la garnison prisonnière de guerre. De plus, il soutenait le duc contre la noblesse du pays, et le roi d’Angleterre protégeait la noblesse.

2. Les souverains de l’Allemagne étaient les princes, électeurs, ducs et autres, qui se partageaient les différentes parties de l’Empire, sous la suzerai- i

neté, presque nominale, de l’empereur.

3. Charles avait d’abord formé le projet de traverser la Baltique sur la glace comme jadis Charles-Gustave, pour aller surprendre Copenhague ; un dégel imprévu le détourna vers la Norvège, en mars 1716 ; mais il ne put prendre ni Frédérikstad, ni Frédérikshall, et il rentra après avoir perdu 4,000 hommes.

4. Christiania, ville située au fond de la baie du môme nom, bâtie en 1624 par Christian IV, roi de Danemark j 21,000 hab.

HISTOIRE HE CHARLES XH

utile pour une descente en Écosse, et qui du moins eût apporté en Suède de Targent, des hommes et des vaisseaux.

Il y avait longtemps que des pirates de toutes nations, et particulièrement des Anglais, ayant fait entre eux une association, infestaient les mers de l’Europe et de l’Amérique L Poursuivis partout sans quartier, ils venaient de se retirer sur les côtes de Madagascar, grande île à l’orient de l’Afrique. G’élaient des hommes désespérés^, presque tous connus par des actions auxquelles il ne manquait que de la justice pour être héroïques. Ils cherchaient un prince qui voulût les recevoir sous sa protection; mais les lois des nations leur fermaient tous les ports du monde.

Dès qu’ils surent que Charles XII était retourné en Suède, ils espérèrent que ce prince, passionné pour la guerre, obligé de la faire, et manquant de flotte et de soldats, leur ferait une bonne composition ils lui envoyèrent un député qui vint en Europe sur un vaisseau hollandais et qui alla proposer au baron de Gôrtz de les recevoir dans le port de Gottembourg où ils olfraient de

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