On dit plus habituellement; il né
tait pas même éloigné. \
2. Cependant, après le départ du tzar 1 (21 juin), les négociations furent trans- ! férécs en Hollande, et un traité fut signé à la Haye (15 août) entre la France, lai Russie et la Prusse ; on garantissait les traités d’Utrecht et de Bade, ainsi que ceux qui seraient conclus pour la paix
du Nord ; on nommait des commissaires pour préparer un traité de commerce, on se promettait vaguement des secours mutuels ; et les souverains de Russie et de Prusse s’engageaient à accepter la médiation française entre eux et la Suède. Alors, pour la première fois, la France entretint un ambassadeur et un consul en Russie.
3. Le régent avait signé avec l’Angleterre et la Hollande la triple alliance de la Haye, dès le 4 janvier 1717 j l’empereur y accéda l’année suivante.
virent en lui que les dehors grossiers que sa mauvaise éducation lui avait laissés; et le législateur, le créateur d’une nation nouvelle, le grand homme leur échappa
Ce qu’il cherchait dans le duc d’Orléans, il le trouva bientôt dans lecardinal Albéroni, devenu tout-puissant en Espagne 2. Albéroni ne souhaitait rien tant quelerétablissementduprétendant,et comme ministre de l’Espagne, que l’Angleterreavaitsi maltraitée^, et comme ennemi personnel du duc d’Orléans^, lié avec l’Angleterre contre l’Espagne,et enfin comme prêtre d’une église pour laquelle le père du prétendant avait si mal à propos perdu sa couronne.
Leduc d’Orrnond^, aussi aimé en Angleterre que le duc de Marlborough y était admiré, avait quitté son pays à l’avénement du roi George; et, s’étant alors retiré à Madrid, il alla, muni de pleins pouvoirs du roi d’Espagne et du prétendant, trouver le czar, sur son passage à Mittau en Gourlande, accompagné d’Irnegan, autre Anglais, homme habile et entreprenant Il demanda la princesse Anne Petrowna fille du czar, en mariage pour le fils de Jac-
1. Leur échappa, c’est-à-dire que les Français ne comprirent pas^ ne reconnurent pas le législateur,
2. Ceci n’est pas exact ; le tzar ne trouxa nullement dans Albéroni ce qu’il cherchait dans le duc d’Orléans, c’està-dire une alliance intime, utile à la Russie. Voltaire avait besoin d’une transition, mais celle-ci n’est pas heureuse.
3. Pendant la guerre de la succession, les Anglais n’avaient cessé de soutenir le prétendant Charles d’Autriche contre les vœux des Espagnols ; à la paixd’U- Irecht, ils avaient enlevé pour lui à l’Espagne l’Italie, les Pays-Bas, et gardaient pour eux-mèmes Gibraltar et Minorque.
4. Philippe Y était plutôt l’ennemi personnel du Régent qu’ Albéroni.
O. Le duc d’Ormond, né en 1665 à Dublin, mort en 1747 à Avignon, petitüls du vice-roi d’Irlande, défenseur dévoué de Charles pr, fut condamné comme traître au commencement du >’ègne de George Lr, à cause de ses efforts malheureux en faveur des Stuarts dépossédés.
6. « Le cardinal Albéroni lui-mêine a certifié la vérité de tous ces récits dans une lettre de remercîments à l’auteur (Rome, 10 fév. 1735). Au reste, M. Norberg, aussi mal instruit des affaires de
l’Europe que mauvais écrivain, prétend que le duc d’Ormond ne quitta pas l’Angleterre à l’avénement de George Rr, mais immédiatement après la mort de la reine Anne, comme si George I®' n’avait pas été le successeur immédiat de cette reine. » (Note de Voltaire. Lémontey pense que c’est tirer une conséquence bien exagérée d’une simple politesse du cardinal à Voltaire, et il croit qu’Albéroni tenta seulement de réunir Pierre et Charles contre l’électeur de Hanovre et surtout contre l’empereur, qui poursuivait alors le duc de Mecklenbourg ; il y eut des négociations, des intrigues sans résultats ; enfin on refusa de fournir de l’argent, et tout fut rompu, plus de deux mois avant la mort de Charles XII.
7. Anne Petrowna, née en 1706, fille de Pierre et de Catherine, épousa en 1724 , Charles-Frédéric de Holsteiii- Gottorp, neveu de Charles XII ; bossu et médiocre sujet, dit Saint-Simon, il mourut jeune, ne laissa qu’un fils, qui fut comme adopté par sa tante, l’impératrice Élisabeth, et lui succéda sous le nom de Pierre 111. Quant à Anne Petrowna, en 1725 elle fut contrainte par Mentchikoff de sortir de Russie, et mourut à Kiel, à vingt-deux ans.
LIVUE HUITIÈME.
ques II, espérant que celle alliance attacherait plus étroitement le czar aux interets de ce prince malheureux. Màh cette proposition faillit à ^ reculer les alfaires pour un temps, au lieu de les avancer. Le baron de Gôrtz avait, dans ses projets, destiné depuis longtemps cette princesse au duc de Ilolstein, qui en effet Ta épousée depuis. Dès quTl sut cette proposition du duc d’Ormond, il en fut jaloux, et s’appliqua à la traverser. Il sortit de prison au mois d’auguste, aussi bien que le comte de Gyllenborg, sans que le roi de Suède eût daigné faire la moindre excuse au roi d’Angleterre, ni montrer le plus léger mécontentement de la conduite de son ministre.
En même temps on élargit ^ à Stockholm le résident anglais et toute sa famille, qui avaient été traités avec beaucoup plus de sévérité que Gyllenborg ne l’avait été à Londres.
Gôrtz, en liberté, fut un ennemi déchaîné, qui, outre les puissants motifs qui l’agitaient, eut encore celui de la vengeance. Il se rendit en poste auprès du czar, et ses insinuations prévalurent plus quejamais auprès de ce prince. D’abord il l’assura qu’en moins de trois mois il lèverait, avec un seul plénipotentiaire de Moscovie, tous les obstaclesqui retardaient la conclusion delà paix avec la Suède : il prit entre ses mains une carte géographique que le czar avait dessinée lui-même; et, tirant une ligne depuis Vibourg jusqu’à la mer Glaciale, en passant par le lac La doga il sefit fortdeporter son maître àcéder cequi était à l’orient de celte ligne, aussi bien que la Carélie, l’Ingrie, et la Livonie : ensuite il jeta des propositions de mariage entre la fîllede Sa Majesté czarienne et le duc de Holstein, le flattant que ce duc lui pourrait céder ses États moyennant un équivalent; que par là il serait membre de l’Empire, lui montrant de loin la couronne impériale, soit pour quelqu’unde ses descendants, soit pour lui-même. Il flat-
1. Après FAILLIR, dans ce sens, on met rinfmitif avec à ou de et souvent sans préposition.