‹ Histoire de Charles XII, roi de SudeChapitre 261 sur 285 · Ox ÉLARGIT, c’est-à-dire on rendit à la liberté · texte numérisé non relu

Ox ÉLARGIT, c’est-à-dire on rendit à la liberté

3. Le lac Ladoga est le plus grand de toute l’Europe j il a 205 kil. de long sur 140 de large ; il est souvent agité par de violentes tempêtes et communique avec le golfe de Finlande par la Néva.

HISTOIRE DE CHARLES XH

tait ainsi les vues ambitieuses du monarque moscovite, ôtaifau prétendant la princesse czarienne, en même temps qu'il lui ouvraitle chemin deTAnglelerre ; et il remplissait toutes ses vues à la fois.

Le czar nomma File d’Aland pour les conférences ^ que son ministre d’État Osterman devait avoir avec le baron de GôiTz. On pria le duc d’Ormond de s'en retourner, pour ne pas donner de trop violents ombrages ^ à l'Angleterre, avec laquelle le czar ne voulait rompre que sur le point de l'invasion; on retint seulement à Pétersbourg Irriegan, leconfidentdu duc d’Ormond, qui fut chargé des intrigues, etqui logea dans la ville avec tant de précaution, qu'il ne sortait que de nuit, et ne voyait jamais les ministres du czar que déguisé tantôt en paysan, tantôt en Tartare.

Dès que le duc d’Ormond fut parti, le czar fît valoir au roi d’Angleterre sa complaisance d'avoir renvoyé le plus grand partisan du prétendant; et le baron de Gôrtz, plein d'espérance, retourna en Suède.

Il retrouva son maître à la tête de trente-cinq mille hommes de troupes réglées, et les côtesbordéesde milices. Il ne manquait auroi que del’argent :1e créditétait épuisé en dedans et en dehors^ du royaume. La France, qui lui avait fourni quelques subsides dans les dernièresannées de Louis XIV, n'en donnait plus sous la régence du duc d'Orléans, qui se conduisait par des vues toutes contraires L'Espagne en promettait, mais elle n’était pas encore en état d'en fournir beaucoup. Le baron de Gôrtz donna alors une libre étendue à un projet qull avait déjà essayé avant

1. Geyer dit que Gôrtz et Gyllenborg se rendirent dans l’île de Lolbn, Tune des îles de l’archipel d’Aland, pour y traiter dans le plus grand secret avec les deux ministres du tzar, Osterman et le grand-maître d'artillerie, l’Écossais Bruce. « Toutes les apparences d’une paix prochaine étaient manifestes ; les préliminaires étaient des actions de générosité qui font plus d’effet que des signatures. Le tzar renvoya sans rançon le maréchal Renschild, et le roi de Suède rendit de même les généraux Trubetskoy et Gollovin, prisonniers en Suède depuis la journée de Narva. »

(Volt. Hist. de Russie,)

2. De trop violents ombrages. Voir la note 4 de la page 255 ; il me semble que la hardiesse de l’expression n’est pas heureuse, et que des ombrages ne peuvent pas être violents.

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