On dit plus ordinairement au dedans et au dehors
4. La France continua de fournir des subsides à la Suède, d’après un engagement dont le terme expirait en 1718 ; par le traité conclu entre le régent et le tzar, on ne devait pas renouveler ces subsides, si la Suède refusait de faire la paix.
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d’allereiiFrance et en Hollande; c’étaitdedonnerau cuivre la meme valeur qu’à l’argent; de sorte qu’unepièce de cuivre, dont la valeur intrinsèque ^ est un demi-sou, passait pour quarante sous avec la marque du prince; à peu près comme, dans une ville assiégée, les gouverneurs ont souvent payé les soldats et les bourgeois avec de la monnaie de cuir 2, en attendant qu’on pût avoir des espèces réelles. Ces monnaies fîctices inventées par la nécessité, et auxquelles la bonne foi seule peut donner un crédit durable, sontcommedes billetsdechange, dont lavaleurim.aginaire peut excéder aisément les fonds qui sont dans un État.
Ces ressources sont d’un excellent usage dans un pays libre : elles ont quelquefois sauvé une république, mais elles ruinent presque sûrement une monarchie : car, les peuples manquant bientôt de confiance, le ministre est réduit à manquer de bonne foi: les monnaies idéales se multiplient avec excès, les particuliers enfouissent leur argent, et la machine se détruit avec une confusionaccompagnée souvent des plus grands malheurs C’est ce qui arriva au royaume de Suède.
Le baron de Gôrtz, ayant d’abord répandu avec discrétion dans le public les nouvelles espèces, fut entraîné en peu de temps au delà de ses mesures par la rapidité du mouvement, qu’il ne pouvait plus conduire Toutes les marchandises et toutes les denrées ayant monté à un prix
1. La valeur intrinsèque, c’cst-àdire la valeur des pièces de monnaie par rapport à leur poids, indépendamment de toute convention.
2. C’est ce qu’on a plus d’une fois appelé monnaie de détresse.
à. Voltaire, dans les nombreuses éditions de son livre, a donné plusieurs variantes ; tantôt il écrit, monnaies fictrices ; tantôt monnaies fictives, idéales, fictices. Il veut dire évidemment monnaies imaginaires, le contraire d’espèces réelles ;\\ emploie plus loin l’expression idéales. Une monnaie fictive est celle qui représente une monnaie réelle ; une monnaie fictice est celle qui est figurée, feinte, qui n’a pas de valeur intrinsèque. Le dictionnaire de l’Académie n’a adopté que le mot fictif.