‹ Histoire de Charles XII, roi de SudeChapitre 31 sur 285 · Pierre le Grand. Voir p · texte numérisé non relu

Pierre le Grand. Voir p

5. Développer, c’est-à-dire exposer en détail ou débrouiller.

6. Charles XII aval t eu plusieurs frères, qui moururent en bas âge, et deux sœurs ; Faînée Hedwig-Sophie, celle qu’il aimait le plus, épousa le duc de Holstein, Frédéric, en 1694 ; la seconde, Ulrique-

Éléonore, épousa en 1713 Frédéric de Hcsse-Cassel, et succéda à son frère.

7. Christian, comte d’Oldenbourg, neveu d’Adolphe, duc de SIeswig et comte de Holstein, fut élu roi de Danemark en 1448 ; il hérita de son oncle en 1460, fit ériger le Holstein en duché par l’empereur d’Allemagne, en 1474. L’un de ses descendants, Christian III, régna de 1534 à 1339 ; il est la tige de la ligne royale de la maison de Holstein ; de sou frère, Adolphe, descend la ligne ducale de Holstcin-Gottorp, souche de la maison impériale de Russie, de la maison ducale d’Oldenbourg et des rois de Suède, de 1731 à 1818, Frédéric II, Gustave III, Gustave IV et Charles XIII.

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point le laisser sans souveraineté, niais il ne pouvait démembrer ses propres Etats. 11 partagea avec lui, par un accord bizarre, les duchés de IIolstein-Gottorp ^ et de Slesvick élablissant que les descendanls d’Adolphe gouverneraient désormais le Holstein conjointement avec les rois de Danemark; que ces deux duchés leur appartiendraient en commun, et que le roi de Danemark ne pourrait rien innover dans le Tlolstein sans le duc, ni le duc sans le roi. Eue union si étrange, dont pourtant il y avait déjà eu un exemple dans la même maison pendant quelques années était, depuis près de quatre-vingts ans, une source de querelles entre la branche de Danemark et celle de Holstein-Goltorp, les rois cherchant toujours à opprimer les ducs, et les ducs à être indépendants. Il en avait coûté la liberté et la souveraineté au dernier duc. Il avait

recouvré Tune et Tautre aux conférences d’Altona^, en 1C89, par Tentremise de la Suède, de l’Angleterre et de la Hollande, garants de Texécution du traité. Mais comme un traité entre les souverains n’est souvent qu’une soumission à la nécessité jusqu’à ce que le plus fort puisse accabler le plus faible, la querelle renaissait plus envenimée que jamais entre le nouveau roi de Danemark et le jeune duc. Tandis que le duc était à Stockholm, les Danois faisaient déjà des actes d’hostilité dans le pays de Holstein, et se liguaient secrètement avec le roi de Pologne pour accabler le roi de Suède lui-même.

Frédéric-Auguste^, électeur de Saxe, que ni Téloquence

1; Le Holstein (anciennement Holsatie ou la Saxe boisée) est situé entre l’Elbe au sud, le Sleswig et la mer Baltique au nord. La population est en grande partie d’origine saxonne. La capitale est Glückstadt. Le Holstein fait partie de la Confédération germanique, et, depuis 1848 surtout, il a causé beaucoup d’embarras au roi de Danemark, par ses prétentions à avoir un gouvernement entièrement distinct.

5. Le Sleswig est situé entre le Jutland, au nord, et le Holstein, au sud, dans la partie la plus resserrée de la presqu’île. La capitale est Sleswig.

3. En 1482, Jean, roi de Danemark, partagea le Sleswig-Holstein avec son frère. — Les querelles ont duré jusqu’en

1773 ; alors le roi de Danemark est resté maître de tout le Holstein, et a cédé le duché d’Oldenbourg à la branche ducale de Holstein-Gottorp-Eutin.

4. Altona, port de Holstein, sur la rive droite de l’Elbe, à 2 kilom. de Hambourg ; la seconde ville du Danemark :

32,000 hab.; elle appartient au Danemark depuis 1640. Par la convention d’Altona, conelue le 20 juin 1689, sous la médiation des puissances maritimes, Christian V restitua au duc de Holstein- Gottorp ses États de Sleswig et de Holstein pour les posséder en toute souveraineté, conformément aux traités de Copenhague et de Fontainebleau.

5. Fuedéric-Auguste , né à Dresde en 1670, électeur de Saxe en 1695, de-

elles négociations de Eabbé de Polignac S ni les grandes qualités du prince de Gonti son concurreat au trône, n’avaient pu empêcher d’être élu depuis deux ans roi de Pologne, était un prince moins connu encore par sa force de corps incroyable que par sa bravoure et la galanterie de son esprit. Sa cour était la plus brillante de l’Europe après celle de Louis XIV. Jamais prince ne fut plus généreux, ne donna plus, n’accompagna ces dons de tant de grâce. Il avait acheté la moitié des suffrages de la noblesse polonaise, et forcé l’autre par l’approche d’une armée saxonne. Il crut avoir besoin de ses troupes pour se mieux affermir sur le trône, mais il fallait un prétexte pour les retenir en Pologne. Il les destina à attaquer le roi de Suède en Livonie, à l’occasion que l’on va rapporter.

La Livonie la plus belle et la plus fertile province du Nord, avait appartenu autrefois aux chevaliers de l’ordre Teutonique Les Russes, les Polonais et les Suédois s’en

vient roi de Pologne en 1697 et meurt en 1733. Il était, comme le dit Voltaire, d’une force prodigieuse; aussi les Turcs lui avaient donné le surnom de briseur de fers à cheval; son fils, le célèbre Maurice de Saxe, brisait également entre ses doigts une pièce de 6 livres.

1. Polignac (Melchior de), d’une famille illustre du Velay, né en 1661, fut chargé de négociations importantes à Rome (1689) ; puis ambassadeur en Pologne (1693), il parvint par son éloquence et ses promesses à faire élire le

Ê rince de Conti par le plus grand nomre ; il fut cependant disgracié pendant quatre ans, puis fut plénipotentiaire en Hollande (1710-1713). Cardinal en 1713, il était membre de l’Académie française, de celle des Sciences et de celle* des Inscriptions. « Aussi bon poète ï> latin qu’on peut l’être dans une langue » morte ; très-éloquent dans la sienne, » dit Voltaire, il a combattu, dans son » poème latin , V Anti-Lucrèce , le sys- » tème de l’épicurien Lucrèce. »

2. CoNTi (François-Louis de Bourbon, prince de), né en 1664, mort en 1709, neveu du grand Coudé, qui le chérissait, s’était distingué par son courage et ses grandes qualités, dans la guerre contre la ligue d’Augsbourg (1689-97). Sa renommée contribua surtout à le faire élire roi de Pologne, après la mort de Sobieski (1697); Jean Bart le conduisit

à Dantzig ; mais Auguste s’était déjà emparé du trône, et Conti revint en France Louis XIV qui ne l’aimait pas, à cause de sa popularité, l’avait trop peu secondé; sa mort, en 1709, parut une calamité publique. Saint-Simon en a fait le portrait le plus flatteur, et Massillon a prononcé son oraison funèbre. Voir le Siècle ôm Louis A/V, c. xvii, et l’éloge remarquable de Saint-Simon.

3. La Livonie (pays des Lives, peuplade fimioise), à l’est de la mer Baltique, qui forme sur ses côtes le golfe de Livonie ou de Riga, entre l’Esthonie au nord et la Courlande au sud ; reconnue dès le xiie siècle par des marchands et des missionnaires allemands, elle fut conquise, puis perdue par les Danois, de 1220 à 1230 ; les chevaliers du Christ ou Porte-glaives s’y établirent peu après, s’unirent à l’ordre Teutonique qui soumit le pays vers 1240. Au xvi® siècle, le luthéranisme désorganisa la puissance des chevaliers ; alors la Livonie, disputée par les Russes et les Polonais, passa définitivement aux Suédois, en 1660, par la paix d’Oliva.

4. L’ordre teutonique, fondé à Saint- Jean d’Acre, vers 1190, dans la troisième croisade, vint bientôt s’établir en Europe, fit en 1230 la conquête de la Prusse idolâtre, s’adjoignit l’ordre des Porteglaives (1237), étendit sa domination sur l’Esthonie, la Livonie, la Courlande,

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