‹ Histoire de Charles XII, roi de SudeChapitre 40 sur 285 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

de sa fortune. Cependant l’industrie^ des moines élude tous les jours cette loi, faite pour le bien de riuimanité,* comme si les moines gagnaient en effet à peupler les cloîtres aux dépens de la patrie.

Le czar n’a pas assujetti seulement l’Eglise à l’Etat, à l’exemple des sultans turcs; mais, plus grand politique, il a détruit une milice semblable à celle des janissaires ; et ce que les Ottomans ^ ont vainement tenté il l’a exécuté en peu de temps; il a dissipé les janissaires moscovites, nommés strélitz, qui tenaient les czars en tutelle. Cette milice, plus formidable à ses maîtres'^ qu’à ses voisins, était composée d’environ trente mille hommes de pied, dont la moitié restait à ^Moscou, et l’autre était répandue sur les frontières^. Un strélitz n’avait que quatre roubles® par an de paye ; mais des privilèges ou des abus le dédommageaient amplement*^. Pierre forma d’abord une compagnie d’étrangers, dans laquelle il s’enrôla lui-même®, et ne dédaigna pas de commencer par être tambour, et d’en faire les fonctions, tant la nation avait besoin d’exemples 1 11 fut fait officier ^ par degrés. Il fit petit à petit de nouveaux régiments ; et enfin, se sentant maître de troupes disciplinées, il cassa les strélitz, qui n’osèrent désobéir.

Page 1