‹ Histoire de Charles XII, roi de SudeChapitre 61 sur 285 · SoîT cANOv. Se dit souvent de l’artillerie en général · texte numérisé non relu

SoîT cANOv. Se dit souvent de l’artillerie en général

3. Forme sa bataille. C’est-à-dire I range son armée en ordre de bataille.

I 4. Le passage de la Duna eut lieu le 20 juin 1701, suivant Geyer; le vieux Dahlberg dirigeait les Suédois.

3. Étonnés. Ce mot, qui d’abord avait plus de force, en vertu de son origine [tonarCj attonitus^ être frappé du tonnerre), signifie ici frappé de stupeur ou plutôt surpris. — Sentir a le sens du mot sentir e J s’apercevoir.

et le temps qu’il avait donné aux Saxons de revenir de leur première surprise, leur rendit tout leur courageL Charles ne balança pas à les attaquer: il avait avec lui quinze mille hommes; Stenauet le duc de Courlande environ douze mille, n’ayant pour toute artillerie qu’un canon de fer sans affût. La bataille fut rude et sanglante : le duc eut deux chevaux tués sous lui : il pénétra trois fois au milieu de la garde du roi ; mais enfin, ayant été renversé de son cheval d’un coup de crosse de mousquet, le désordre se mit dans son armée, qui ne disputa plus la victoire. Ses cuirassiers le retirèrent avec peine, tout froissé, et à demi mort, du milieu de la mêlée, et de dessous les chevaux qui le foulaient aux pieds.

Le roi de Suède, après sa victoire, court à Mittau^, capitale de la Courlande. Toutes les villes de ce duché se rendirent à lui à discrétion: c’était un voyage plutôt qu’une conquête. 11 passa sans s’arrêter en Lithuanie, soumettant tout sur son passage. Il sentit une satisfaction flatteuse, et il l’avoua lui-même, quand il entra en vainqueur dans cette ville deBirzen, oùle roi de Pologne et le czar avaient conspiré sa ruine quelques mois auparavant.

Ce fut dans cette place qu’il conçut le dessein de détrôner le roi de Pologne par les mains des Polonais mêmes. Là, étant un jour à table, tout occupé de cette entreprise, et observant sa sobriété extrême, dans un silence profond, paraissant comme enseveli dans ses grandes idées, un colonel allemand qui assistait à son dîner dit assez haut pour être entendu, que les repas que le czar et le roi de Pologne avaientfaits au même endroit étaient un peu différents de ceux de Sa Majesté, « Oui, dit le roi en se levant, et j’en troublerai plus aisément leur digestion. » En effet, mêlant alors un peu de politique à la force de ses armes, H ne tarda pas à préparer l’événement qu’il méditait

1. l’avantage du terrain et le TEMPS.... Ne faudrait-il pas régulièrement rendirent^ au pluriel, puisqu’il y a deux sujets au verbe.

2. Mittau, sur l’Aa, capitale de la Courlande, bâtie par les Allemands; son vieux château a été longtemps l’asile

de Louis XVIII exilé; 15,000 hab. Si l’on en croit Lévesque ( Hist, de Russie)^ les Suédois tuèrent tous les- officiers saxons, que la maladie ou les blessures avaient retenus à Mittau.

3. Rien ne pouvait arrêter Charles XII , ni l’exemple de son aïeul

LlVUl* SIXOND.

La Pologne, celte partie de l’ancienne Sarmatie^, est un peu plus grande que la France, moins peuplée qu’elle, mais plus que la Suède. Ses peuples ne sont chrétiens que depuis environ sept cent cinquante ans G"est une chose singulière, que la langue des Romains qui n’ont jamais pénétré dans ces climats^, ne se parle aujourd’hui communément qu’en Pologne : tout y parle latin, jusqu’aux domestiques Ce grand pays est très-fertile; mais les peuples n'en sont que moins industrieux. Les ouvriers et les marchands qu’on voit en Pologne sont des Ecossais, des Français, surtout des Juifs. Ilsy ont près de trois cents synagogues^; et, à force de multiplier, ils en seront chassés comme ils l’ont été d’Espagne®. Ils achètent à vil prix les blés, les bestiaux, les denrées du pays, les trafiquent^ à Dantzick et en Allemagne, et vendent chèrement aux nobles de quoi satisfaire l’espèce deluxe qu’ils connaissent et qu’ils aiment. Ainsi ce pays, arrosé des plus belles rivières, riche en pâturages, en mines de sel et couvert

Charles-Gustave, qui, malgré ses exploits, avait échoué en Pologne; ni les conseils de ses amis, du vieil Oxenstiern surtout, qui, de son lit de mort, lui adressait en vain de salutaires avertissements.

1. La Sarmatie est un nom vague donné par les anciens à la vaste contrée située entre la Baltique et la mer Caspienne; la Sarmatie occidentale jusqu’au Tanaïs (Don) comprenait la Pologne et une partie de la Russie.

2. Le duc Mieczyslas après avoir épousé la fille de Boleslas, duc de Bohème, se convertit au christianisme en 96o, fonda des églises et créa des diocèses. Les Polonais se montrèrent zélés partisans de la religion nouvelle , et pour prouver qu’ils étaient prêts à la défendre, ils établirent l’usage de tirer à demi le sabre hors du fourreau pendant la messe, au moment de l’évangile.

Boleslas le Grand, son fils, organisa complètement l’Église polonaise.

3. Climat est ici employé dans le sens de région J pays, sans aucun rapport avec la température de l’air.

4. La langue latine, d’abord langue religieuse, devint ensuite la langue politique de la Pologne ; il ne faudrait pas croire cependant que le latin ait été 1?

langue usuelle de toute la population ; la langue polonaise est toujours restée la langue nationale.

5. Synagogues. Temples où les juifs s’assemblent pour l’exercice public de leur religion.

6. Les juifs ont toujours été si nombreux en Pologne, que ce pays a été nommé le Paradis des juifs ; on évaluait leur nombre, en 1832, à 564,000 dans la Pologne russe seulement ; toujours unis, régis par leurs rabbins et par des chefs que la loi ne reconnaît pas, ils se soutiennent, en toute circonstance, contre les chrétiens, et ne songent qu’à s’enrichir à leurs dépens. Un costume particulier les distingue ; c’est la robe de couleur sombre, agrafée jusqu’à la ceinture, le large manteau semblable à un froc, le chapeau à larges ailes et les pantoufles. Ils ont été chassés d’Espagne par Ferdinand et par Isabelle, après la prise de Grenade par les rois catholiques, en 1492. Mais, quoiqu’ils soient une plaie véritable pour la Pologne, ils n’ont pas cessé d’y multiplier.

7. Trafiquer. Ce verbe est plus habituellement employé comme verbe neutre.

8. Il y a le long des monts Karpathes une immense couche de sel fossile, qui

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de moissons, reste pauvre malgré son abondance, parce que le peuple est esclave, et que la noblesse est fière et oisive.

Son gouvernement est la plus fidèle image dePancien gouvernement celte et gothique, corrigé ou altéré partout ailleurs. C’est le seul État qui ait conservé le nom de république avec la dignité royale ^

Chaque gentilhomme a le droit de donner sa voix dans l’élection d’un roi et de pouvoir l’être lui-même. Ce plus beau des droits est joint au plus grand des abus: le trône est presque toujours à l’enchère; et comme un Polonais est rarement assez riche pour l’acheter, il a été vendu souvent aux étrangers 2. La noblesse et le clergé défendent leur liberté contre leur roi, et l’ôtent au reste de la nation. Tout le peuple y est esclave, tant la destinée des hommes est que le plus grand nombre soit partout, de façon ou d’autre, subjugué par le plus petit! Là, le paysan ne sème point pour lui, mais pour des seigneurs à qui lui, son champ, et le travail de ses mains appartiennent, et qui peuvent le vendre et l’égorger avec le bétail de la terre. Tout ce qui est gentilhomme ne dépend que desoi. Il faut, pour le juger dans une affaire criminelle, une assemblée entière de la nation; il ne peut être arrêté qu’après avoir été condamné : ainsi il n’est presque jamais puni^. Il y en a beaucoup de pauvres; ceux-là se mettent au service des

suffirait, dit-on, à la consommation du monde entier ; les exploitations les plus importantes sont celles de Bochnia et de Wieliczka dans la province de Galicie, qui appartient à l’Autriche.

1. Le mot de république polonaise fut employé d’abord dans le sens général ou les Romains le prenaient d’habitude, sans y attacher la condition de Jbrmes partfculières du gouvernement.

Les étrangers l’entendirent bientôt dans l’opposition qu’il a présentée chez la plupart des modernes aux doctrines et aux institutions de la monarchie. Les Polonais finirent par le comprendre comme on faisait au dehors ; et, c’est une chose curieuse que de suivre dans les écrivains ou les orateurs les progrès que fit cette méprise et les résultats qu’elle a enfantés. On en vint à s’épou-

vanter de tout rapport avec les royautés héréditaires et puissantes du reste de l’Europe , comme d’une infidélité aux traditions des ancêtres , aux constitutions antiques de l’État, au nom même adopté pour la patrie. (De Salvandy, Hist. de Pologne, liv. 1er.)

2. Depuis l’extinction de la famille des Jagellons, lorsque la royauté devint purement élective , et que le trône fut acheté par Catherine de Médicis pour son fils Henri de Valois, en 1573, jusqu’à l’électeur de Saxe , Frédéric-Auguste, qui l’emporta sur sou rival , le prince de Conti, par la force, mais surtout par l’argent qu’il prodigua.

3. La phrase est embarrassée à cause de l’emploi alternatif du singulier et du pluriel, mais le sens n’est pas obscur.

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