Les houssards (v. p. 28, n
4. Les pancernes formaient la grosse cavalerie, et tiraient leur nom de leur cotte de maille (panezernik); ils avaient
aussi une espèce de casquette ou calotte de fer, entourée d’un réseau de fer, qui tombait jusque sur les épaules.
5. Voltaire, dans son Discours sur l’histoire de Charles XII, a remarqué que l’infanterie polonaise était déjà, en 1739, mieux disciplinée et avait des habits d’ordonnance qu’elle n’avait pas précédemment.
IlISTOIBE DE CHARLES XII.
anciens Sarmales, leurs ancêtres ; aussi peu de discipline, Ja même fureur à attaquer, la même promptitude à fuir et à revenir au combat, le même acharnement dans le carnage quand ils sont vainqueurs.
Le roi de Pologne s’était flatté d’abord que dans le besoin ces deux armées combattraient en sa faveur, que la pospolite polonaise s’armerait à ses ordres, et que toutes ces forces, jointes aux Saxons ses sujets, et aux Moscovites ses alliés, composeraient une multitude devant qui le petit nombre des Suédois n’oserait paraître. Il se vit presque tout à coup privé de ces secours par les soins mêmes qu il avait pris pour les avoir tous à la fois.
Accoutumé dans ses pays héréditaires au pouvoir absolu, il crut trop peut-être qu’il pourrait gouverner la Pologne comme la Saxe. Le commencement de son règne fit des mécontents; ses premières démarches irritèrent le parti qui s’était opposé à son élection, et aliénèrent presque tout le reste. La Pologne murmura de voir ses villes remplies de garnisons saxonnes, et ses frontières de troupes. Cette nation, bien plus jalouse de maintenir sa liberté qu’empressée à attaquer ses voisins, ne regarda point la guerre du roi Auguste contre la Suède et l’irruption en Livonie comme une entreprise avantageuse à la république. On trompe difficilement une nation libre sur ses vrais intérêts. Les Polonais sentaient que si cette guerre entreprise sans leur consentement était malheureuse, leur pays, ouvert de tous côtés, serait en proie au roi ^ de Suède; et que, si elle était heureuse, ils seraient subjugués par leur roi même, qui, maître alors de la Livonie comme de la Saxe, enclaverait la Pologne entre ces deux pays Dans cette alternative, ou d’être esclaves du roi qu’ils avaient élu, ou d’être ravagés ^ par Charles Xll justement outragé, ils ne formèrent qu’un cri contre la guerre qu’ils crurent déclarée à eux-mêmes plus qu’à la
1. Serait ex proie. On dit plus ordinairement être la proie de; être en proie, esse in præda, a peut-être plus d’énergie.