‹ Histoire de Charles XII, roi de SudeChapitre 81 sur 285 · La diète de Varsovie ne se réunit · texte numérisé non relu

La diète de Varsovie ne se réunit

UVUb: SECOND.

ser à celle de Lublin. Ses generaux lui représentaient que cette affaire pourrait encore avoir des longueurs et s'évanouir dans les délais ; que pendant ce temps les Moscovites s’aguerrissaient tous les jours contre les troupes qu’il avait laissées en Livonie et en Ingrie ; que les combats qui se donnaient souvent dans ces provinces entre les Suédois et les Russes n’étaient pas toujours à l’avantage des premiers, et qu’enfin sa présence y serait peut-être bientôt nécessaire. Charles, aussi inébranlable dans ses projets que vif dans ses actions, leur répondit : « Quand je devrais rester ici cinquante ans, je n’en sortirai point que je n’aie détrôné le roi de Pologne. »

Il laissa l’assemblée de Varsovie combattre par des discours et par desécrits celle deLublin, et chercher de quoi justifier ses procédés dans les lois du royaume, lois toujours équivoques, que chaque parti interprète à son gré, et que le succès seul rend incontestables. Pour lui, ayant augmenté ses troupes victorieuses de six mille hommes de cavalerie et de huit mille d’infanterie, qu’il reçut de Suède, il marcha contre les restes de l’armée saxonne, qu’il avait battue à Glissau, et qui avait eu le temps de se rallier et de se grossir, pendant que sa chute de cheval l’avait retenu au lit. Cette armée évitait ses approches ^ et se retirait vers la Prusse, au nord-ouest de Varsovie. La rivière de Bug^était entrelui etles ennemis. Charles passa àla nage, à la tête de sa cavalerie ; l’infanterie alla chercher un gué au-dessus mai 1703). On arrive aux Saxons dans un lieu nommé Pultusk Le général Stenau les commandait au nom.hre d’environ dix mille. Le roi de Suède, dans sa

qu’en 1704, après la bataille de Pultusk, (mai 1703), le siège de Thorn (septembre), la prise de Dantzig et la prise d’Elbing (décembre 1703).

1. Approches. Ce mot s’emploie au pluriel pour signifier les travaux que l’on conduit jusques au corps d’une place assiégée, et aussi dans le sens de accès, abord d’une place, d’un camp, d’une armée.

2. Le Bug vient des montagnes de Galicie , arrose cette province autrichienne, les gouvernements de Volhynie et de Grodno , tourne au N.-O., et se jette dans la Vistule par la rive droite,

au-dessous de Modlin , après un cours de 700 kil. Cette rivière, sans profondeur en été, sert beaucoup cependant à la navigation; elle reçoit la Narevv^, qui asse à Ostrolenka, à Pultusk, et l’Oura , qui traverse un pays de boue et de fondrières. Les marais de Pultusk sont célèbres dans la campagne de 1807, dont l’un des théâtres principaux fut le pays entre la Narew et l’Oukra.

3. Pultusk est dans le gouvernement de Plock. 5,000 h. Elle est célèbre par la bataille de 1807, où Napoléon battit les Russes.

CriAHLi-s XII.

marche précipitée, n’en avait pas amené davantage, sûr qn’un moindre nombre lui suffisait. La terreur de ses armes était si grande, que la moitié de Tarmée saxonne s’enfuit à son approche sans rendre de combat Le général Stenau fit ferme ^ un moment avec deux régiments :1e moment d’après, il fut lui-même entraîné dans la fuite générale de son armée, qui se dispersa avant d’être vaincue. Les Suédois ne firent pas mille prisonniers^ et ne tuèrent pas six cents hommes, ayant plus de peine à les poursuivre qu’à les défaire

Auguste, à qui il ne restait plus que les débris de ses Saxons battus de tous côtés, se retira en hâte dans Thorn^, vieille ville de la Prusse royale sur la Vistule, laquelle est sous la protection des Polonais. Charles se disposa aussitôt à l’assiéger. Le roi de Pologne, qui ne s’y crut pas en sûreté, se retira, et courut dans tous les endroits de la Pologne où il pouvait rassembler encore quelques soldats, et où les courses des Suédois n’avaient point pénétré. Cependant Charles, dans tant de marches si vives, traversant des rivières à la nage, et courant avec son infanterie montée en croupe derrière ses cavaliers, n’avait pu amener de canon devant Thorn; il lui fallut attendre qu’il lui en vînt de Suède par mer.

En attendant, il se posta à quelques milles de la ville : il s’avançait souvent trop près des remparts pour la reconnaître®. L’habit simplequ’il portait toujours lui était, dans ces dangereuses promenades, d’une utilité àlaquelle il n’avait jamais pensé : il l’empêchait d’être remarqué, et d’être choisi par les ennemis qui eussent tiré à sa personne Un jour s’étant avancé fort près avec un de ses

1. Rendre combat , c’est résister à une attaque, suivant le Dictionnaire de l’Académie; cette expression a vieilli.

2. Fit ferme, résista; on dit plutôt maintenant tejiir ferme,

3. Les. Il aurait peut-être mieux valu mettre poursuivre les ennemis,

4. Thorn, sur la rive droite de la Vistule, fondée en 1231 par le premier

frand-maître de l’ordre Teutonique , evint au xv^ siècle une république vassale de la Pologne ; scs fortincations,

rasées par Charles XII, ont été rebâties récemment; c’est la patrie de Copernic ; elle est maintenant dans la province de Prusse proprement dite 11,000 hab.

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