PAR HENRI IV
(IMt-lSM.)
Le moment de répit dont jouissaient les Chartrains fut de courte durée, car, au commencement de février 1508, les ennemis, franchissant la Marne et la Seine à leurs sources , se portèrent vivement sur le Gàtinais et la Bcauce. Les généraux catholiques avaient, sinon entravé , du moins prévu ce mouvement , et pendant tout le mois de janvier ils avaient expédié des forces vers les points menacés. M. de La Trcmoiiille, lieutenant-général au gouvernement de l'Orléanais, était arrivé, le 28, à Chartres et le Roi annonça, le 0 février, la venue prochaine de son cousin le Prince-Dauphin, chargé de donner ordre à son service dans les pays de \nir delà *.
1 l.o 2."» janvier, il s'était abattu sur Chartres dix compagnies de pens de pied, trois compagnies de pionniers et une cornette d'aripiehii.-iers achevai, des bandes du comte de .Martinai.^o, m>ijs la conduite des capitaines Kr am î^pie , Chavi^ny, Saint-SeN.it-, Guiadnre, Plain , Léman , Lauiwy, Sillmn . Cmii^o, La Mothe et Saint-Martin. A peine installées, ces trouas eurent des dé mi' s avec les compagnies de M. de Kontaine, et les deux chefs conçurent l'un contre l'autre une telle inimitié qu'ils en vinrent un j.mr à Taire mettre leurs v'.mis en bataille au milieu de la ville, les arme> à la main. Les échevins, effrayés de l'attitude de ce? furieux, dépêchèrent en Cour le sieur Jean Robert l 'l'y janvier), pour réclamer contre la u'arniMiri du comte de Martinanp». La Reine-mère donna commission à M. de La Tréuiotiille d'aller rétablir Tordre h Chartres, et ce seigneur parvint, non sans peine, le février, à écoriduire la plus u'rande partie des bandes du Comte; il en avait coûté à la Mlle, pour dix jours, -dHjil pains, X'1 poinçons de vin. "Jô muiob d avoine et une r;imie île poudre. < Elut <i>>s uY/nwa faites par la tille de Chartres pendant le Ai«7/e d>- i:*<iS; Au h. départ.»
L'échevin Louis Huvé fut chargé, les janvier et 1 février, de porter en Cmir des iues>a-es de M. de La Trémouille concernant cette affaire. (ld.)
1 François de Rourboti, tils de Louis, duc de Montpensier, portait du vivant de son [K're le titre de Dau|duu d' Auvergne; il avait épouî*', en \ÂAAj, Renée d'Anjou,
Les préparatifs do défenso furent repris , en effet , avec une grande ardeur : on ordonna aux habitants de s'approvisionner de farine pour deux mois ; puis, on instruisit le guet installé au clocher neuf à faire les signaux suivants : trois coups sur la cloche à la première découverte d'une bande ennemie ; trois autres coups si cette bande tire vers la ville; si c'est de la cavalerie , bannière longue, arborée du côté où la troupe paraîtra; bannière carrée, si c'est de l'infanterie; tocsin, en cas de course rapide des huguenots sur les faubourgs. Une cloche fut placée à chaque porte pour correspondre avec celle du guet et faire armer le quartier \ Le duc d'Anjou avait prescrit, le 16 février, à M. de Linières, seigneur deBlainville , chevalier de l'Ordre et capitaine de 50 hommes des ordonnances, de se rendre à Chartres, en qualité de chef suprême ; le Roi et la Reine-mère ratifièrent ce choix le 21 et donnèrent ordre aux habitants d'obéir à ce seigneur distingué par ses qualités guerrières *. Sur la demande de secours adressée au Roi par les échevins , le sieur Jean de Bourdeilles, baron d'Ardelay, avait été dirigé, le 19 février, vers la ville avec douze enseignes de gens de pied gascons s ; il fut consi-
marquisc de Mézières et dame de Saint-Fargeau. Cette princesse vint rejoindre son mari à Chartres, au mois de février 1568, et la présence de ces deux illustres personnages dans nos murs donna lieu à des réjouissances. La ville leur faisait tenir 4 pots de vin à chaque repas, (lieg. des Echevins.)
Les Cordeliers , forcés d'évacuer leur couvent du Grand-Faubourg , qui devait être détruit quelques jours après, demandèrent à la chambre un asile en ville. On leur désigna provisoirement le prieuré de Saint-Etienne au cloître, appartenant aux religieux de Saint-Jean-en-Vallée, et on les invita ù prier ces religieux de leur en laisser la jouissance, (lieg. des Echevins.)
* Antoine de Linières s'était particulièrement distingué dans les guerres d'Italie , sous le duc d'Aumale (1 554-1 5o6), et à la défense de Saint-Quentin (1557) , ou il avait été fait prisonnier. Son duel avec le capitaine espagnol Spinola (15491 eut un grand retentissement. (Mém. du duc de Guise, p. 24, et Mèm. de Mergey. p. 564 et 565; coll. Michaud.) On n'admit pas ce gouverneur sans protestation , et la Chambre envoya, le 24 février, M. de Baigneaux en Cour, pour faire des remontrances à
8 D'Ardelay, frère de l'historien Brantôme, avait une réputation de valeur si bien établie que Marguerite de Valois , dans ses mémoires adressés à Brantôme , dit , en parlant de Bussy d'Aralwiso , le plus accompli des chevaliers de l'époque ... en
gné d'abord aux faubourgs que Pou voulait retrancher, mais rapproche précipitée des ennemis le contraignit à rentrer dans les murs, non sans avoir été inquiété par les coureurs huguenots. M. d'Ardelay fut suivit de près par le régiment français du baron de Cerny \
Le nouveau gouverneur, d'autant mieux accueilli qu'il succédait à M. de Fontaine-la-Guyon , s'occupa d'abord de faire monter les pièces d'artillerie sur d'énormes affûts et d'établir une forge à boulets ; ensuite il renforça sur plusieurs points les fortifleations et régularisa le service des gens d'armes et de la milice bourgeoise. Les espions ayant annoncé , le 27 , l'approche de l'armée ennemie, M. de Linières, dans une dernière tournée d'inspection , fit couper les ponts Dinde, des Malades et de Saint-Martin-au-Val, et dépécha un homme à Pontgouin pour lâcher les étangs de Boisard. Le lendemain dimanche,
quoy quelques uns pensoient que , s'il fallait croire la transmutation des âmes , sans doute celle de Hardelay, rostre brave frère, animoit celle de Bussi. (Mém. de Marguerite de Valois; coll. Micliaud, vol. 10, p. .415.) D'Ardelay s'étant plaint de ce qu'on l'avait logé aux faubourgs, le Roi enjoignit à la Chambre le 21 février, de recevoir dans les murs ce capitaine et toutes les troupes sous ses ordres, (Hcg. des Echevin*.)
Le régiment d'Ardelay avait pour mestre-de-camp le capitaine Bonnevin , pour chefs dis compagnies les capitaines Saint-James , Ltord , Mauvoisin , La Montjoic , Richendre , Flojac , Pouillac et La Bastide , et pour sergent-major le capitaine Renty. (Etat des dépenses faites pendant le siège de loOH; Arch. départ.)
1 Le régiment de Cerny, arrivé le 27 février, avait pour mestre-dc-camp le capitaine Jacques, l'un des plus vaillants soldats de ce temps, et pour chefs des compagnies les capitaines Suint-Epreuve , Péricard, Piébonneau, Favet, Carruel, Manœuvre, La Neufville, Peyrre, de Rancé et Auzellc. Le capitaine Je Rancé. qui commandait deux compagnies , avait pour lieutenants les sieurs de Linières jeune et de Rrehainvillc.
Indépendamment des régiments d'Ardelay et de Cerny , il se trouvait à Chartres , pendant le siège , le reste des bandes Martinango , sous les ordres des capitaines Lcnyan et La Mothe; les compagnies Linières, commandées par les capitaines deTliou, La Verrière et de Chaulx ; les compagnies Fontoine-la-Guyon , capitaines du Brosseron , La Barre et de Meurs ; deux cornettes d'arquebusiers à cheval , capitaines de Perretz et d'Ormoy; les bandes de pionniers et de mineurs, sous le commandement supérieur du chevalier Pollois , ingénieur du Roi , ayant pour capitaines les sieurs Bousquet, L'Herhctte, Quierry, Col et Bourrelier. En tout 22 compagnies de gens de pied, d'une force de 1,400 hommes environ, et 200 cavaliers.
L'artillerie était dirigée par les maîtres-canon niers Jacques Chauveau, Thomas Mousset , Jean Deshayes , Jean Lionnet , Henri Godard , Jean Mauguin et Simon Flot nuet. Le maître-c.in'onnier Je;in Texier était préposé à l'atelier d'artifices établi au tripot
dernier jour de février, dans l'après-midi, les bataillons huguenots vinrent camper à Lèves et Josaphat et dans les faubourgs des portes Drouaisc, Guillaume, Morard et Saint- Michel !. Les quatre premiers jours de mars furent employés par les ennemis à se loger fortement dans leurs positions et par les catholiques chartrains à escarmoucher et à mettre le fcu aux maisons des faubourgs voisines des murailles. M. de Linières, nonobstant les clameurs des intéressés, parvint à brûler Mainvilliers et les couvents des Cordcliers et de Saint- Jean *; les huguenots, de leur côté, s'efforcèrent de préserver do Pincendie quelques bâtiments derrière lesquels ils comptaient se retrancher, mais ils détruisirent, en revanche, les églises de Saint -Cheron et de Saint - Barthélémy " qui ne pouvaient leur être d'aucune utilité pour l'attaque. Ces préliminaires, accomplis par les partisans des deux armées, donnèrent le temps aux Chartrains de terminer un retranchement muni de cavaliers qui s'étendait du couvent de Saint- Père à la porte Morard ; ils construisirent aussi , près de la tourelle de la Prêcherie , un cavalier sur lequel fut hissée la pièce de canon nommée la Ifuguenotte, trophée de la bataille de Dreux. Le 5 mars, de grand matin , les reîtres et lanskcnets ennemis vinrent se poster à l'entrée de Saint-Maurice et
1 L'armée protestante se composait du régiment français de M. d'Andelot, fort de 10 à 12 compagnies, et des gens des capitaines Piles et des Champs, qui occupaient Saint-Maurice et les hauteurs de Saint-Jean; du régiment gascon et provençal du capitaine Mouvans , posté à Saint-flrice et dans le faubourg de la perte des Epars , des lanskcnels , des reitres et de l'artillerie allemande du capitaine Casimir , campés, avec Condé, à Saint-Cherou et aux Filles-Dieu.
La Noue estime les forces du prince de Coudé à 0,000 hommes de pied et 3,000 chevaux et ajoute qu'il n'avait pour toute artillerie nue cinq pièces de batterie et quatre petites coulcvrines. (Mém. de La Soue , p. 618, vol. 9; coll. Michaud.)
Le Ltvrc de Bois de Suint- André , dit, avec l'exagération ordinaire aux chroniqueurs de ce temps, que le prince de Condè et ses adhérents huguenots estaient environ fâ.OOO hommes.
* Line des messes et obits de Saint-iJartin-k-Yiandier.
' Après le siège , on permit aux religieux de Soinl-Cheron d'emporter chez eux les cloches , bois et tuiles provenant de la démolition de l'église Saint-Iiarthélemy , membre de leur couvent, et on fit défense aux soldats d'enlever ces débris. (Hcy. des Echevins; Séance du il mars.)
aux Filles-Dieu; ils dressèrent deux batteries, l'une, en face de la porte Drouaise , masquée par les murs de la maison des Trois-Maures , l'autre dans le clos des Filles-Dieu , destiné à prendre la porte de liane !.
La canonnade commença le 6, des deux cotés à la fois ; elle faisait peu de mal à la porte parce que le ravelin protégeait les assiégés. Il importait donc aux huguenots de s'emparer de cet ouvrage avancé. L'un d'eux , le sieur du Borclet , se glissa jusqu'au fossé avec quelques pionniers pour pratiquer une sape, mais, aperçu du haut du ravelin, il fut renversé d'un coup d'arquebuse 1 ; ses gens ne purent résister à une sortie que ûrent contre eux les capitaines Flojac et d'Ormoy, à la tôle d'une compagnie d'arquebusiers ; ce dernier officier reçut une blessure grave. Le même jour, le capitaine Jacques, escorté par une patrouille bourgeoise , détruisit un corps-degarde qu'une compagnie ennemie s'efforçait de construire à l'entrée du faubourg Saint-Brice.
Si tous les habitants ne poussaient pas la bravoure au même degré, la honte et la terreur se chargeaient de donner du cœur aux plus pusillanimes. Un ordre du jour de M. de Linières enjoignit , sous peine de mort , aux bourgeois embrigadés, de quelque condition qu'ils fussent , de se trouver chaque jour en armes à l'appel de midi , au cloître Notre-Dame , et à ceux qui n'auraient pas le courage d'aller s'exposer sur les murailles, de déposer leurs corselets à l'hôtel-de-ville pour en armer les soldats s. Le 7, les huguenots , après avoir canon né pendant toute la matinée et ouvert une brèche , donnèrent l'assaut au ravelin qui leur avait été si fatal la veille. Le capitaine La Barre le leur abandonna assez facilement ; mais
1 Livre des messes et obtis de Saint-Martin-le- Yiandier.
* La planche jointe à ce chapitre représente , d'après une tnravure de IVrrissim ifr 1570 (cabinet des Estampes; lUbl. impor.), l'attaque du ravelin de la porte Drou-uV «t la mort de du Iiordct.
3 lieg. des Echevins; f> mars
M. do Linièrcs, qui tenait beaucoup à conserver ce poste, s'élança résolument sur les assaillants à peine installés et leur Ct lâcher prise. Cette action coûta la vie au capitaine Saint- Epreuve , Pun des bons officiers de la garnison ; les ennemis y perdirent beaucoup de monde. Au même moment, les huguenots tentaient l'escalade du ravelin de la porte Saint-Michel ; on parvint à les repousser, mais non sans perte, car le brave d'Ardelay , colonel des Gascons , reçut dans cette lutte une arquebusade au visage dont il mourut peu de jours après.
L'inutilité des attaques entreprises contre la porte Drouaise détermina les ennemis à diriger leurs efforts contre le pan de muraille qui s'étend de cette porte à la tour des Herses de Lethinièrc. Leurs batteries du Clos-l'Évôque et des Filles-Dieu jouèrent dans cette direction pendant toute la journée du 8 , et le mardi 9, à deux heures du soir, ils réussirent à pratiquer par un feu très-vif, une brèche de 30 pas d'ouverture. M. de Linièrcs avait pris à l'avance toutes les mesures propres à neutraliser l'effet de la canonnade : à mesure que la brèche s'élargissait, elle laissait voir aux assiégeants un retranchement très-fort, construit avec des terres et revêtu de balles de laine ; mille pionniers, habitants et soldats, travaillaient sans relâche à cet ouvrage qui traversait la rivière par le pont du Massacre et par un bàtardeau de pilotis établi en arrière des Herses de Lethinière ; du point du jour jusqu'à midi , les corvées étaient faites par les paroissiens de Saint-André, Sainte-Foy, et Saint-Saturnin , et de midi à la nuit close, par les paroissieus de Saint-Hilaire, Saint-Martin-le-Viandier, Saint-Aignan ,
Saint-Michel , Saint-Maurice et Saint-Barthélemy sous
peine de la corde et du gibet contre les manquants. On distribuait par jour, à titre d'encouragement, 5 sous à chaque mineur des contre-mines , 1 0 sous à chaque chef d'escouade , 10 sous à chaque canonnicr et 5 sous à chacun de leurs valets; le service des vivres incombait aux sieurs Savait , Des-
marais , Dubois et Rossignol , qui s'en acquittaient avec un grand zèle
Comme les excellentes dispositions adoptées par M. de Linières et la bravoure de ses soldats ne permettaient pas aux huguenots de tenter l'assaut avec chance de succès, ils se bornèrent, le 10 et le il , à tirer quelques volées, et transportèrent, le 12 au matin, leur artillerie en vue de la porte Morard. Ils se mirent ensuite à jeter les fondements d'un batardeau destiné à faire passer la rivière par les Vieux-Fossés, et à intercepter ainsi le cours principal qui traverse la basse ville. Cette manœuvre aurait pu être très-nuisible aux Chartrains , quoique M. de Linières eût fait confectionner des moulins à bras , si des bruits de paix ne fussent arrivés , sur ces entrefaites , jusqu'aux oreilles des belligérants. On disait dans la ville que les chefs protestants avaient entamé des pourparlers avec M. do Linières ; en effet , depuis trois jours , le camp de l'ennemi se dégarnissait et on pouvait suivre , pendant la nuit , du haut des clochers , le mouvement de retraite des lanskenets , à la lueur des flammes qui dévoraient Luisant, Mainvilliers , Saint-Julien-du-Coudray, Saiut-Martin-au-Val et le Grand-Bcaulicu. Le 13 , un trompette, porteur des préliminaires de la paix de Longjumeau , vint , de par le Roi , proclamer la trêve. Les chefs des deux armées n'eurent pas de peine à s'entendre ; les huguenots découragés avaient hâte de quitter la place ; aussi , toute leur artillerie fut-elle enlevée le dimanche 14, et le lundi 1 5 leurs derniers bataillons délogèrent définitivement par les routes de Bonncval et d'Illiers.
Aussitôt le siège levé , la Chambre expédia à la Cour le Procureur du Roi pour faire connaître la belle défense de M. de Linières et des habitants et pour demander de la poudre , des boulets et des canons , car on ne croyait pas à la cessation
1 Hvif. <1<"< Krh>'nns
immédiate des hostilités \ Les échevins s'associèrent de tout leur pouvoir à la sollicitude du gouverneur envers les blessés ; certaines compagnies en comptaient plus de trente recevant les soins gratuits des médecins, barbiers et chirurgiens*; on leur réserva toute la viande qui était devenue si rare que les portions journalières ne dépassaient pas vingt onces par individu ; les greniers des étrangers fournirent le blé nécessaire à la nourriture des bourgeois et des soldats , sauf remboursement dans un temps plus prospère 9. Le 20 mars, sur le bruit du retour de l'ennemi , on fit placer au couvent des Jacobins, dans les appartements réservés au frère Fourré k, les pots à feu, grenades et autres artifices préparés en cas d'attaque, et Messieurs de la Chambre firent avec M. de Linières une visite générale des fortifications, à la réparation desquelles quatre cents pionniers et un grand nombre de pauvres gens ne cessaient de travailler; les huguenots ne parurent pas \ Le len-
1 Heg. des Echevins; Séance du 18 mars.
* Voir i les noms des soldats et habitants qui reçurent les blessures les plus graves : les capitaines L'IIerbelte, Linières jeune , La Mothe, Pcrrctz, d'Ormoy, La Bastide, Ronnevin; le baron de Monboissy; les raporauv Jean de Maisons, Hastard, du Hu, ('.oison; les canonnière Simon Hoquet, Jean Mauguin, Jacques Martin. Marc Yéron, Simon Lelôvre; les simples soldats et les bourgeois Robert Moiitaufroy, pionnier, Olivier Brebion , Guillaume Hotinger, Jacques Caisson , Nicolas Porée , de Couvignon, Bonnet, Pierre Dubois, Claude Marouzot, Jean Bellechèvre, Claude Perard, Simon Martin, Jean Morin, Jean Mouillac, François Dnbrcuil, Morrct, Grimonois, de La Badie, Guillaume Sonnier, La Boete , Jean Coulommicrs, Grandmaison , Briango , Jean Schouvreulx , Claude Verlangein , Louis Bertrand , Mathieu Dumousti«*r , Jean Portcioie , Didier Thireau , Guillaume Piihon , pionnier, Robert Castille , Nicolas Vallet, Bcrtaud Synzac, Guillaume Desmarets, Jean Deslord. Martin Dupuis, Jean Peluche, le sieur de Noisemcnt, Jean Guillot, Jean Pcllier, Nicolas Clermont, Edme Guyon, Guillaume Fayct, Pierre Marche, Etienne Perrier, Pierre André, Alexandre* Flamand , Nicolas Feuillet, Alexandre Pécault , Louis Bothereau , pionnier, Miiihurin Fonlenelle, Pierre Bidan.
Les blessés furent pans*'» à la brèche par les maîtres-chirurgiens dont les noms suivent: Jean Verne, lieutenant du premier barbier du Roi, Gabriel du Tartre, Jean Leroy, Robert 1 lézard, Robert Behorec, Renaud Jozeau, Jeau Uac, Malhurin Bcaudouin , Toussaint Boisson. (Etat des dépenses faites pendant le siège et Heg. des Echevins.)
3 On prit ce blé par ordre du duc d'Anjou , qui en fit porter la moitié au camp du Roi. (Heg. des Ecnevins; 18 mars.)
* Fr. Jacques Fourré, religieux Jacobin de la maison de Chartres, confesseur du Roi et évéque de Chalon-sur-Saône.
8 Pour plus de sûreté , M. de Linières fit défense aux marchands , sous peine de
demain dimanche, 21 , on remercia le ciel par une procession générale , de la victoire qu'il avait accordée aux Chartrains , puis on inhuma les corps des combattants tués pendant le siège \ Les survivants reçurent des marques de la gratitude de la ville ; un emprunt forcé sur la bourse des pauvres et sur les plus riches habitants et un prêt de mille écus fait par M. de Linières * avaient procuré de quoi indemniser les compagnies françaises et gasconnes et les plus méritants des défenseurs de Chartres \ On doit citer parmi ces derniers le baron de Cerny,
mort , d'étaler leurs marchandises , les jours de marché , ailleurs que sur la place située en dehors de la porte des Epars. (Heg. des Echevim; 20 mars.)
1 Du côté des assiégés , les documents de l'époque ne font mention , indépendamment des capitaines d'Ardelay, Sainte-Kprenve et de Chaulx, que des bourrus Guillaume Langlois et Charles' Deslandes, tués à la brèche. Il y en eut cependant un grand nombre d'autres.
On procéda le 21 mars an nettoyage de la ville et dos faubourgs , ainsi que le fait connaître le passage suivant de YE'tat des dépenses du siéye : A H hommes de bras, pour avoir fait les vuidanges des hommes morts, chiens, chevaux et autres charoignes qui estaient dans la rivière et aux fossés de ladite ville, pour avoir nettoyé la rivière et avoir vuidé les issues des Mes, varhes, moutons et autres infections estant audessus de Saint-Maurice, Saint-Julian et derrière les Filles-Dieu, il livres 10 sols.
* Le sieur Jean Robert et les veuves Michel Richard , Thierry Abraham et Pierre Lambert offrirent, chacun, 600 livres, pour en passer constitution au denier 12, ce
3ui fut accepté. A l'égard des autres notables qui n'avaient pas fait d'offres , il fut éridé, le 21 mars, mie .M. de Linières leur enverrait des garnisaires. (Heg. des Echevins.) \r, rôle de l'emprunt dressé le 17 avril 1508, en vertu de lettres du Roi, comprit, pour la solde de la garnison seulement, 10,008 livres 4 sous.
M. de Linières fut remboursé de son prêt par l'échevin Maré Trossard. (Estât des deniers, etc., levé* depuis les troubles jusque* à présent (1510); Arch. de la Mairie.)
* On donna à M. de Linières une chaîne d'or avec une médaille représentant, d'un cAté , les armes du Roi et , de l'autre , celles de la ville et la chemise de Notre- Dame, de plus, une somme d'argent et une maison; aux maréchal-des-logis , hommes d'armes et archers de sa compagnie, 47.1 livres tournois; au chevalier Pollois, une chaîne et une médaille semblables et 780 I. t.; au baron de Cerny, une médaille et 208 |. t.; à chacun des capitaines des compagnies, une médaille; au capitaine des mineurs, une médaille et 180 I. t.; au capitaine Manouvrc, pour avoir conduit les poudres de Mantes à Chartres, 05 I. t.; au capitaine L'Herbette, pour l'avoir aidé dans ce travail, 20 1. t.; au sieur de la Salle, envoyé à la Cour et revenu incontinent en habit de paysan, 50 1. t.; au sieur de la Vergue, envoyé à Paris et rentré pendant le siège, 100 I. t.; au capitaine Rentv, sergent-major des Gascons, 20 1. t.; au sieur Dupuis, commis aux poudres, 20 f. t.; à l'un des commissaires des vivres, 20 I. t.; aux sergents et domestiques de la maison de M. de Linières, 05 1. 1.; au capitaine Rrosseron , pour 80 soldats de sa compagnie, 120 1. 1.; au capitaine de Meurs, pour les soldats de sa compagnie, 270 I. t.; aux domestiques du capitaine des mineurs, 10 I. t. (Etat des dépenses faites pendant le sièoe et Heg. des Echevins.)