DE CE MONARQUE
fiesi-ia»*.!
M. de La Bourdaisièi*o , revenu à Chartres avec deux compagnies de chevau-légers et une compagnie d'arquebusiers à cheval , au premier bruit de la marche des ennemis 1 , s'était empressé de renforcer les corps-de-garde des portes. L'événement prouva qu'il avait eu raison, car sa prudence sauva la ville d'une surprise méditée contre elle par les sieurs de Maligny et de Favières. Cette circonstance décida les bourgeois à recevoir une garnison de la Ligue ; mais La Bourdaisière ne put obtenir que l'on brûlât les faubourgs.
Le dimanche 10 février, on Gt entrer dans les murs les débris de la compagnie d'arquebusiers à cheval du sieur de La Croix-Cottcrcau , qui avait été battue et détroussée, le premier de ce mois, dans le village de Prunay-le-Gillon , par les sieurs de Sourd is et de Marolles , et qui bivouaquait depuis lors sur le revers du fossé des Bas-Bourgs \ Le lendemain
1 Le document le plus curieux sur le siège de 1501 est un manuscrit de la bibliothèque de l'Arsenal (catalogue 270, in-8°), intitule: Journal des choses plus mémorables advenues à Chartres et ès environs , de l'année io79 jusque* en février 1502 Ce journal, écrit par un ecclésiastique çrand ligueur, appartenait au siècle dernier, d'après mie note du premier feuillet, a M. Delaroche, notaire à Chartres; il passa de là dans la bibliothèque de M. Mutte, doyen de la cathédrale de Cambray, lequel en fit cadeau, en juin 1770, à M. Fevrct de Fontcltc, conseiller au parlement de Dijon.
Quelques historiens locaux manuscrits , copiés par Doyen et Chevard , ont connu cet ouvrage; raai> ils ont omis d'en tirer bien des détails intéressants.
s Voir Palma-Cayet (vol. 12, p. 2t>8| et Chcverny (vol. 10, p. 511). U Journal des choses plus mémorables (p. tH), dit que les gens de La Croix-Cottcreau perdirent leurs chevaux et leurs bagages , estimés à cent mille écus , et que plusieurs de la dicte compagnie s'en revindrmt a Chartres untf baston Mant en main
soir, le sieur de Gramont, échappé à grand'peine aux royalistes de Sourdis, piirviut à se réfugier sous les canons de la place, avec ses gardes sous la charge du sieur de Longue ville , deux compagnies de chevau-légers et quelques cuirassiers \ M. de La Pinellière, mestre-<le-cauip d'un régiment d'infanterie, réussit également à introduire quelques-unes de ses compagnies. Les forces de la défense se trouvant donc réunies, La Rourdaisière partagea les quartiers entre les capitaines : il se réserva la porte Saint-Michel , donna à MM. de Pescheray et de LongOJ la porte des Épars, à MM. de Rochambeau et de Réclainville , la porte Chàtelet, à MM. de La Pinellière, de La Patriére de Beauce et de La Croix-Cottereailj la porte Drouaise , à MM. de Gramont et d'Intigny , la porte Guillaume , et à MM. I^e Grand , des Monts et de Vaux , la porte Morard ; puis, il régla le service entre les soldats et les bourgeois, dressa un inventaire complet des armes et munitions , installa l'artillerie et les ateliers d'artifices , et envoya prévenir le duc de Mayenne de la présence des ennemis devant Chartres V
1 Gramont se rendait à Paris iirès du duc de Mayenne , lorsqu'il rencontra vers Elampcs les troupes royales qui le forcèrent à se replier sur Chartres au plus vîle. Sa brusque venue parut suspecte a quelques bourgeois qui disaient que c'tstoit fourbe an lUri de Xavarre qui l'envoyait devant luy. (Journul cité, p 79.) La suite prouva la fausseté de ce soupçon.
1 Voici les noms des principaux chefs qui concoururent à la défense de Chartres .
MM. de La Bourdaisière , gouverneur {de La Gagnerie, son lieutenant; de Lu Utupe , capitaine d'une compagnie de sa suite ; Pierre CJtapellain . son trésorier; Antoine Papillon, son mailre-d hôtel); — de Gramont (de LongueviUe. capitaine de ses gardes; de Villiers , capitaine d'une compagnie de sa suite; Pierre de hi Houe, son secrétaire) ; — de La Pinellière, mestre-de-camp (de \ja Horde, son lieutenant; Jacques de Gremouvilte , son écuyer); — de Pescheray (de Longny, son lieutenant; de La Hrelesche, son maitre-d hôtel); — Porcherie, de La Petite- Croix on 1 a Croix-la-Balâfre , des Loges , Breteleville , capitaines des compagnies du régiment de La Pinellière; — Bouthclière, Sauvage (de La Vallée son lieutenant), de La Carrière, de Jarrière, de Saint-Martin, de Lille, d'Areissc, Ficvée, Nicolas de Besnard sieur du Plessis, de Montaigne, gouverneur d'Etampes pour la Ligue, Louis d'Allonville sieur de L'Etanç , d'Intigny , de La Rivière , de Mézières , de Lamarre et de La Rouieardière , capitaines de compagnies détachées; — de La Croix - Cottnreau et de Li Brosse , capitaines de d<Mix compagnies d'arquebusiers à cheval ; — Thomas Descorches sieur des Monts et Joachim de La Ferrière sieur de I .i Patnère de Beauce (de \a (Irassetière , son lieutenant l , capitaines de deux rompa-
On eut bientôt lieu de se repentir d'avoir conservé les faul>ourgs, car Sourdis s'empara, dans la nuit du 11 au 12, de celui des Êpars; on essaya alors d' incendier les autres, mais, malgré les efforts de la garnison , ils furent occupés , dans la nuit du 12 au 13, par l'infanterie de Sourdis, qui s'y logea fortement. Les assiégés firent, pendant ces premiers jours, de nombreuses sorties dans lesquelles le sieur de Gramont se distingua extrêmement*. Henri IV étant arrivé le l'i, les
gnies de chcvau-légers; — de Vaux, de Réclainvjlle , de Rochambeau, Le Grand, gentilshommes volontaires.
Les troupes régulières et les six compagnies de la milice bourgeoise formaient un effectif de 3,500 hommes de pied et de ?A)0 chevaux, environ; mais toute la population , accrue d'un grand nombre de paysans réfugiés , travailla aux fortifications et aux brèches.
Le service de l'artillerie fut conlié aux maîtres-cannnnicrs Jean Aveline (terrasse de la tour Saint -l'ère); François Martin (porte Saint- Michel ) ; Girard Bouffineau (tripot lier/nier); Denis Breton (tour Gaillard); Jean Lionnet , Malhurin Grivelier, Gabriel Grandy (porte des Epars) ; Pierre Mallot, Etienne Lionnet ( fort d'Hercule); Mathurin Plessis (tour Courteiiinlc ) ; Julian Tcxier ( porte C/iàteJet ) ; Jean Texier, Maugin Blondcl, Jacques Milleville (tour du Fcr-à-Cheml ) ; Nicolas Regnault (cavalier de la Précherie); Jean Robert (porte Drouaisej; Robert Urouellé, Gilles Vassor (porte Imbout); Thomas Mousset, Charles Mauny (porte Guillaume); Jean Bouflincau, Luirent Didier (porte Morard); Antoine Grôis (tour des Herses j.
M. Jean Chesneau, capitaine de la compagnie bourgeoise du quartier Morard, reçut la direction des ateliers de la fonte des balles et de l'artificene auxquels travaillèrent Jean Chartier, Denis Berton, Michel et Maximilien Poillet, maîtres canonniers-fondeurs , Claude Chapellain , maître fournisseur , Claude Guiet , Louis Frain , Claude Leloup, Pierre Bony, Philippe Marolle, Michel Brégent, Noël Cottereau, maîtres poticrs-d'élain.
ta veuve Pierre Denis, poudrière et salpétriére , fabriqua la plus grande partie des poudres; le surplus fut fourni par les sieurs Michel Bodcau, Claude Bnère , Lambert I^ger, Jacques de Lépine et Toussaint Fournier.
ta service des vivres et de la solde des travailleurs incomba à M. Jean Bouteroue, échevin, et, en sous ordre, au bourgeois Denis Baudouin; M. le prévôt de Loudun, ingénieur, fut chargé de la direction des fortifications.
(Etat des dépense* faites pendant le siège de 1591 ; Arch. de la Mairie.)
• Mardi 12. — Sortie par le bourgeois Robert Contct, son fils et douze arquebusiers, qui incendient une maison voisine de la tranchée du marché aux Pourceaux. — Le premier défenseur de Chartres tué par l'ennemi fut un nommé Le Pont, soldat de la suite de M. de Réclainville, qui reçut ce mardi un coup d'arquebuse au ravelin de la porte des Epars
Mercredi 15. — Sortie par Gramont et par Varenne, sergent de la ville, du cAté de Saint-Barthélemy. Ce jour-là on brûla tant de poudre qu'on prétendit que le canonnier du cavalier de la Précherie en avait employé à lui seul cent livres par malice.
Jeudi 14. — Sortie par Gramont, du côté de la Croix-Saint-Lubin , où le maréchal-des-logis de ses gardes fut fait prisonnier, et par La Pinellière, vers Saint- Maurice. (Journal des choses plus mémorables, p. 80 et 81.)
royalistes construisirent une barricade en face du ravelin de la porte Drouaise et ouvrirent une tranchée dans le marché aux Pourceaux, sous la protection d'une batterie masquée par des maisons en ruine et pointée contre le ravelin de la porte des Épars ; ils choisirent de préférence ce dernier poste, parce que les murailles du ravelin, inachevées en plusieurs endroits, donnaient prise à l'artillerie. Toutefois, avant d'entamer les hostilités, le monarque voulut tenter la voie amiable et il envoya, le 16, un trompette et un héraut pour sommer les Chartrains de se rendre. Le maire Suireau et le gouverneur La Bourdaisière répondirent qu'ils résisteraient tant que le Roi n'abjurerait pas son hérésie \ Les royalistes poussèrent alors leurs travaux avec une grande activité , et bientôt une tranchée de six pieds de profondeur, de laquelle partaient plusieurs mines et qui était couverte par un gabionnage de poutres, solives et sacs de terre, menaça le ravelin de la porte des Épars; M. de Pcscheray, auquel les mouvements de l'ennemi n'échappaient pas, fit pratiquer sous le ravelin un réduit casomaté, pour servir de tète aux contremines. La barricade du faubourg Saint-Maurice n'était pas moins inquiétante pour la porte Drouaise. M. de La Bourdaisière fit amener dans le ravelin des pièces de très-gros calibre qui parvinrent à faire brèche dans cet ouvrage ; ses défenseurs l'abandonnèrent le dimanche 17, et les Chartrains le détruisirent complètement pendant la nuit*. Malgré ce suc-
1 II paraît que Suireau enchérit sur La Bourdaisière , parce qu'on se défiait d'eux et que le quatrain suivant avait été amehé sur les murs de la ville : Kscouttcz , .Messieurs de Chartres , sy ne mettez bicutost en Chartres La Bourdaisière et Sureau ils vous mettront tous au tombeau.
(Journal, p. 82.)
* On feignit une sortie contre cette barricade, rt les ennemis sY-tant groupés derrière pour la défendre , on démasqua le canon et on tira des bordées dtdans ce nit qui en dénicha bien des oyseaux.
l/i soir de ce dimanche et toute la nuit , il neigea et plut abondamment. — Le juiet donna l'alarme , on y alla et on crut reconnaître que l'ennemi pratiquait une mine; on se mil aussitôt à contre-miner. (lb., p. 82, H'A.)
cès, on ne put empêcher les assiégeants non-seulement d'épauler leurs travaux d'approche des E|ku*s par de forls terrassements , mais encore d'ouvrir une autre tranchée dans le cimetière de l'Hôtel-Dieu , et de conduire d'autres mines dans la contre-escarpe du fossé , entre les portes Chàtelet et Saint-Jean. Afin de battre, s'il était possible , la barricade qui couvrait cette tranchée , on construisit précipitamment entre la tourelle du Fer-à-Cheval et la porte Chàtelet une plate- Forme que l'on arma de grosses pièces
Le Roi , qui comptait un assez grand nombre de partisans dans la haute bourgeoisie, avait espéré prendre Chartres d'un coup de main ; il se voyait avec peine engagé dans un siège ; aussi, voulut-il, avant la canonnade, sommer de nouveau la ville, et il renvoya , le 21 , un trompette et un héraut à M. de La Bourdaisière ; mais ce fut inutilement'. Le dimanche soir, 24, le baron de Biron eut, sans plus de succès, un colloque
1 Lundi 18. — On Lâcha d'abattre par un feu de mousqueterie bien dirigé les soldats ennemis que l'on voyait porter des terres derrière la contre-escarpe. Il fut dit que le rnrdier de la basse-cour de la porte Chàtelet en tua neuf pour sa part tant il lirait dexlremtnt.
Ib. — M. Cailleau, curé de Saint-Aignan , fit une procession dans sa paroisse avec tout sou clergé, nus pieds, malgré le froid et la neige.
Ib. — On s'aperçut que les ennemis voulaient détourner l'eau de la Courtille , mais il était trop tard car la ville avait déjà bon nombre de moulins à bras.
Ib. — Ou arrêta une jeune fille mendiante, de \'l à 1 1 ans, qui essayait de sortir de la ville; on trouva sur elle des lettres adressées au roi de Navarre qu'elle dit tenir du receveur du Domaine P-onhomme, des sieurs Adrien Aubert et Pigeard, et d'un pâtissier du Muret; elle accusa aussi un jeune prêtre appelé Etienne Goussu ; mais on ne put rien prouver contre eux.
Ib. — On s'aperçut que l'ennemi se retranchait dans le cimetière de l'Hotel-Dieu. l'n rhaussetier de la ville , nommé Mignon , capitaine de la porte Chàtelet , fit une sortie avec quinze hommes , tua une partie des pionniers ennemis , mit les autres en fuite et détruisit à coups de hache et de pioche les pabions préparés par eux.
Mardi 19. — Un homme de Lèves rapporta qu'il avait vu le lieutenant-général Chouaync avec le roi de Navarre c! que ce dernier disait qu'il resterait plutôt deux ans devant Chartres que de ne pas le prendre.
Ib — On fait fournir six sacs de toile par ménage, pour le cas de brèche. (Journal, p. 82, 88.»
* Ib.. p. 8.X.
Samedi ÎZ. — Le greffier Lenoir fut blessé dans une sortie.
Ib. — On esrarmoucha la nuit avec les ennemis au ravelin des Kpars.
Uimanclte 21. — Communion générale des habitués de Notre-ltame et grande procession. — Le canonnier de la porte Chàtelet, nommé Julian, reçut un coup de mousquet dont il mourut flh., p. «8 et 89. i
avec lVscheray ' ; le 20, le Hoi fit taire une troisième sommation; puis, Biron et Sourdis s'abouchèrent avec La Bourdaisière et Suireau sur la planchette de la porte Saint-Michel ; mais les habitants coupèrent court à toute explication *. Pendant ces tentatives de négociations, le gouverneur fit demander des secours aux garnisons ligueuses de Dourdan , Auneau . Orléans et Dreux, et à MM. de Nemours, de Montpensier et de Guise3.
Le 27, jour du mercredi des Cendres, à six heures du matin, les troupes royales firent jouer contre la muraille, entre Sainte-Foy et la porte des Épars , une batterie de sept pièces k établie dans la tranchée du marché aux Pourceaux.
' Dimanche soir 2i. — Après une alarme très-chaude, le colloque suivant eut lieu entre Biron et Pescheray : liiroti. Qui commande ici? — Pescheray C'est Pescherav, Monsieur le Baron. — H. Puisque vous ne voulez recevoir votre roi il va vous battre de quatre crttés. — P. Je n'en crois rien, car il n'a pas assez de canons ni de poudre; en tous ras nous avons remparts et tranchées pour lui résister. — H. 11 n'y a personne dans la ville. — P. 11 y en a assez pour vous , quand il n'y aurait que moi , mes gens et les habitants. — H. Comment combattez-vous, car vous n'avez qu'un bras, ayant perdu la main droite? — P. Je suis devenu bon gaucher; j'appuyerai la pique sur le bout de mon moignon. — li. M. de Mayenne est bien lourd et bien lent à vous secourir. — /'. Il a de bons chevaux pour le porter. — H. Oui, mais votre secours n'est p;is proche. — /'. La ville n'a que taire de secours humains d'ici ii plus de trois ans. — li. Vous pouvez avoir des blés, mais vous n'avez pas de farines. — /'. Il n'y a à présent maison en ville qui n'ait son moulin à bras. — li. Qui commande le grand éperon de la porte Saint-Michel** — P. M. de Li Bourdaisiére. — H. Et le petit cavalier de la porte Saint-Jean? — P Ce sont d'honnêtes hommes. — li. (Jiii commande la porte Urouaise? — /\ M. de Gramont. — li. J'en suis bien aise, c'est mon cousin. Adieu, Monsieur, je suys rostre serviteur. — /'. Adieu . Monsieur le Parmi, je suis ivstre , sauf le party. (Journal, p. 89 et 90.)
! D'après le Journal, Suireau aurait été très-violent. Biron ayant dit : Nous qui reconnaissons le Hoy, ne sommes-nous pas cuthùlicques comme mus? Le maire aurait répondu : Xous vous repuions tels que vous estes, aussy méchants que luy. trahistres à rostre rclltrjion , puisque vous milita pour luy contre elle. Sy vous ne le suyviez pas . il vous suivrait; sy vous ne couriez pas après luy, il courrait après mus. Vous estes cause d'empescher que il ne se faict calholicque (p. 91).
On lit dans Lestoile (vol. 2, p. i4): Le lundi vingt cinquième dudit mois de ftbvrier, qui estoil le lundi gras , Paris estoit plain de processions commandées qui se fesoienl pour la délivrance de Chartres que le Hoy tenoit assiégée; et le mercredi des Cendres tous les prédicateurs de Paris la recommandèrent aux prières du peuple comme la mère nourisse de Paris
* Etat des Dépenses faites pendant le siège et Compte de Michel Bachelier, Arrh. de la Maine.
* Il y avait trois doubles canons aui jettoient la baulle de ."H livres pesant et qui baltoient en ruine le fort d'Hercule (Journal, p. 93.)
Le feu cessa à midi et reprit à deux heures jusqu'au soir avec une incroyable fureur. Cette canonnade endommagea les tranchées et terrassements du fort d'Hercule , détruisit les gabions , abattit plusieurs maisons et jeta par terre le haut du clocher de Sainte-Foy\ Les assiégeants élevèrent, le 28, une épaule de gabions sur le chemin de Bailleau , pour balayer les remparts avec des batteries de coulevrines, et continuèrent à miner la contre-escarpe du fossé Saint-Jean*. Pendant la nuit, leurs efforts se portèrent du coté de la porte Guillaume qu'ils croyaient mal défendue, mais ils ne réussirent pas, et ils revinrent à leurs premières attaques \ Quoique les assiégés résistassent avec énergie, les ennemis parvinrent, en \\eu de jours, à étendre leurs galeries jusque sous les murs du ravelin des Épars \ Le Roi pensa alors qu'il était temps de donner l'assaut.
1 l'n boulet, dit le Journal, pénétra et fit un grand dégât dans une chambre de l'éveché où Henri 111 avait coutume d'assembler son conseil et dans laquelle on prétend que le massacre, de Mois fut résolu. L u autre alla se loger entre les deux clochers de Notre-Dame et brisa une des grandes ligures de la galerie au-dessus de la rose. (Journal, p. *J'.i et IH.)
M. de La Hourdaisière. envoya en préser* à M. l'évèque de Thou le premier boulet de l'ennemi.
L'n soldat de la garnison lit preuve, pendant celte attaque, d'une audace extraordinaire. Les ennemis, après avoir tiré une volée, pendaient un manteau devant leurs pièces pour recharger à l'aise. Ce soldat >e glissa dans le fossé et alla s'emparer d'un de ces manteaux à la gueule du canon. Il dit en revenant, que s'il avait en des clous et un marteau il aurait facilement pu enclouer quelques pu res. (Ib., p. \t~t.)
1 Jeudi — M. de liéclaiuville , commandant au rempart de la porte Saint- Jean, fut blessé d'une pierre que la boule, d'une artillerie lui fit voler contre la tète, dont tl fust longtemps entre, tes mai us des barbiers, muys enfin (grâces a Hieu) il en guant. (Ib.. p. %.)
Ib. — Deux ou trois cents enfants de la ville prièrent Cramont de les employer à défendre la brècbe lorsqu'il en serait temps, ilb., p. λS.»
Ib. — Les ennemis pendirent aux faubourgs deux hommes nue l'on pensa être les messagers que la ville avait envoyés à Dreux et près de M. de Mayenne. (Ib.. p !>K.)
» Ib., p. î>7.
* Vendredi Ier mars. — Quelques volées contre le fort d'Hercule. — Le soir, neige abondante.
Samedi î. — Canonnade contre le ravelin depuis midi jusqu'au soir. Au milieu du feu, un capitaine et un religieux Jacobin nommé fr. Louis Frant. protégés par l'eseopettcrie des murailles, allèrent , avec quelques soldats, détruire une barricade que les ennemis avaient dressée assez près de l'escarpe du fossé.
Ib. — Lne des grosses pièces neuves de la ville creva sur le ravelin Saint-Michel et blessa , entre autres personnes , M» Le Roy , procureur au bailliage.