TOME II
campagne , se rua dans la ville, les armes à la main, menaça de mort les autorités rassemblées à la Commune sous la présidence de Tellier, député à la Convention, et contraignit ce représentant du peuple à signer, comme l'avaient fait ses collègues à Courvillc, en 1 792 , un arrêté taxant la livre de pain à trois sous. Tellier, navré de douleur et d'indignation, se brûla la cervelle dans la nuit du même jour, après avoir rapporté l'arrêté qui lui avait été extorqué par la violence \
Le calme commença à renaître sous le Directoire ; cependant, au mois de thermidor an V, la commune de Chartres fut taxée d'incivisme, et Delarue, député aux Cinq-Cents, dans un rapport fait au nom du comité des inspecteurs de la salle , accusa les Chartrains d'avoir fourni des armes et des munitions à 500 brigands, pour opprimer la liberté du Corps législatif. L'administration municipale, requise de s'expliquer par le commissaire du Directoire, repoussa vivement cette accusation dans une déclaration lue à la séance du 19 thermidor \ La vérité était que les enfants de Chartres combattaient pour la République à l'intérieur et à l'extérieur, et que Marceau venait de tomber à Altenkirken, sous une balle autrichienne
Les discordes politiques engendrent toujours les attentats
1 II n'y avait à Chartres , pour toute force armée , que 7 vétérans et 70 hommes de cavalerie; le reste de la garnison avait été disséminé dans la vallée pour défendre les moulins menacés par les insurgés. Tellier fut protégé le mieux possible par les généraux Romanet et Thuring , l'adjudant- général Lacroix , les municipaux et les membres du Directoire du département. Voir , dans le Moniteur du Ge jour complémentaire an 111 (n» . p. 1,472), le rapport du Directoire du déparlement signé Jolly , vice-président , Georges , procurcur-général-syndic . Villette , Lesage , Jouveaux , Lambert, llachelot, Jolict, Breton, membres, Barré, secrétaire-général.
1 Moniteur du 22 thermidor an V, n° 322, p. 1,2S0. — Les députés d'Eure-et- Loir au Conseil des Cinq-Cents étaient MM. Gironst , Godard, Guilbird, Laboulaye, Lesage et Maras, et , au Conseil des Anciens , MM. Barreau , Bourgeois . Dussieûx , Judel, L-itache et Paillart.
5 Marceau , l'une des gloires les pins pures de la République , fut tué le 3e jour complémentaire an IV , à l'âge de 27 ans. Jourdan , ami et compagnon d'armes de ce jeune héros, prononça son éloge dans la séance du \ fructidor au V et demanda une pension pour sa mère. (Moniteur du H fructidor, n° 338, p. 1,351 .) Sur le rapport de Porte, le Conseil dis Cinq-Cents, dans la séance du 2' jour complémentaire an V, accorda une pension de 2.000 livres à celle dame. < Moniteur du 3e jour complémentaire an \ , n" 303, p. l,Wîl.j
contre les personnes et les biens. Une association formidable de malfaiteurs s'était formée dans les bois de Boisseaux, de Sainte-Escobille et d'Orgères, mal famés depuis longtemps; divisée en escouades disciplinées comme des troupes régulières, affiliée à tous les repris de justice , à tous les mauvais sujets du pays, elle répandait l'effroi dans les campagnes de la Beauce par l'audace , le nombre et la nature de ses crimes. Plusieurs fois ces brigands avaient chauffé des fermiers , assassiné des voyageurs, pillé des voitures publiques, incendié des habitations dans la banlieue de Chartres Pendant toute la période orageuse de la Révolution, ils exercèrent impunément leur détestable industrie; mais lorsqu'un gouvernement régulier sortit enfin du chaos révolutionnaire, le cri public parvint jusqu'au Directoire, et des ordres furent donnés pour la destruction de la bande d'Orgères. L'honneur de la réussite, qui exigea autant de courage que d'adresse, revint au citoyen Fougeron , juge-de-paix d'Orgères, et au inaréchal-des-logis Vasseur, commandant la brigade de gendarmerie de Janville. Trahis par un des leurs, les scélérats furent presque tous arrêtés dans leurs repaires et conduits dans les prisons de Chartres. L'instruction dura dix-huit mois 2, et ce ue fut que le 19 vendémiaire an VIII que le jury d'accusation d'Eure-et- Loir eut connaissance régulière de l'affaire ; les jurés déclarèrent qu'il y avait lieu de poursuivre contre 182 prévenus présents et 133 contumaces. Les débats, ouverts le 27 ventôse 3 , se terminèrent le 9 thermidor par une série de con-
1 In des crimes les plus horribles de cette Lande, et relui qui inspira le plus de terreur aux habitants de Chartres, fut l'assassinat du citoyen Ilnrcau, ancien magistrat, et de son épouse, demeurant à Lèves, commis, dans" la nuit du il 7 au 18 llor^al an III, par le tkmi-Ftnuyns et quatre autres scélérats, de complicité avec le jardinier Pelletier et sa femme.
* Sur la requête de M. Poullin de Fleins, alors commissaire du Directoire exécutif près le tribunal de police correctionnelle , le tribunal de Cassation ordonna que l'instruction serait faite par un membre du tribunal civil, de concert avec, le directeur du jury de l'arrondissement de Chartres (jugement du il tloréal an VI). L'instruction fut conduite par M. Paillant , juge au tribunal civil.
5 Les débats furent dirigés par M. Liendon, président du tribunal criminel.
damnations; 23 individus, condamnés à la peine de mort, furent exécutés à Chartres le 12 vendémiaire an 1\; le reste alla peupler les bagnes et les prisons.
L'ordre rétabli dans toute la France par la main puissante du Premier-Consul , se maintint à Chartres pendant l'Empire, la Restauration et la Monarchie de juillet. Notre ville, essentiellement amie du repos, m; participa, en aucune façon, aux brusques révolutions qui renversèrent ces gouvernements. Elle accueillit avec les mêmes sentiments de joie et de resjieet Napoléon et Marie-Louise (mai 1811), le duc et la duchesse d'Angouléme (décembre 1823), le duc et la duchesse d'Orléans (août 1839) \
Nous n'avons l'intention de raconter ici ni les divisions passagères du Conseil municipal , ni les querelles d'opinions qui, sous le régime constitutionnel, prirent pour champ de bataille le terrain des élections aux assemblées législatives \ Qu'il nous suffise de dire que les intérêts administratifs du département et de la ville furent presque toujours remis en bonnes mains. On n'a pas oublié les longs exercices et les utiles travaux de M. le baron Delaitrc, premier préfet d'Eureet-Loir, et de M. le baron de Giressc-Labeyrie , préfet sous
' Chartres fut aussi t m vers.' le 20 septembre 1808, par Napoléon; en février 1811, par Mario-Louise, le roi do Home ol lo roi Joseph; par le duo d'Aniiouléme . le, 22 juillet 18U; par la diiehe>se d'A;i;;ouléme, le 27 février 1815; par la durliesse de Berry, eu 1827 et 1N20, et par la mémo princesse, lo roi et la reine de Naples, au mois d'avril 1830. Mais ces passages no furent jws otliciels.
5 Vuioi les noms dos députés d'Fure-et-Loir sous l'Empire , la restauration ot le gouvernement de Juillet : 1807, Etienne Jumontior. Roquant de Vienne; 1812. Cuirnot d'Aubigtiv , Guillier de Souancé; mai 1815, luron llelaitrc, Jumontior. han<u nosmoiisHiiiix", Russun ol hnreloup do .Mori>sure; llrl.icroix-Fraiimlle et Uifaut, suppléants; août 1815, oliovalier Billard, comte de Colbert, Dupont d'Eiiglesquevillo, comte Durand de Pisieux; 1810, comte de Courtarvel , Jacques Caquet; lNl'J, Busson , Delaeroix-Frainville; 1820, Jacques Caquet , comte de Courtarvel; 182i, Simonnoau, comte Duhoncxic de Pinieux , vicomte de Courtarvel , Lo Chaj>elier do Grandiuaison; 1827, du Temple de Chevrigny, comte de l'iiiieux, Busson , Finmn Didol; juin 18;,'0, du Temple de Chovrignv , Toxior do Courville, Bus>on , Firmin Didut; octobre 1830, Isaml.ert; de 1X31 à 1818, Adelphe Chastes; de 1831 à 1837, Baimhert-Sévin; de 18:51 à 1830, Firmin Didut; do 1831 à 1831, Toxior do Courville; do 1831 à 1837, Langlnis d'Amilly; 1830, Barre; do 1837 à 18i8, Uaimhaull; de 1837 à I8i8, baron Desmousseaux de Givré; de 1837 à 18i2, de Salvandy; de 18i2 à 18i8, généra! Subervic.
la Restauration; le dévouement et le zèle dont fit preuve M. Gabriel Delessert, préfet en 1830, lors de l'incendie de la cathédrale l, sont encore présents à tous les esprits 4. Parmi les dignes magistrats que le choix du monarque et les suffrages de leurs concitoyens placèrent, depuis la Révolution jusqu'en 18 48, à la tète du corps municipal \ nous citerons M. Billard aîné, le plus populaire et le plus respecté des maires de Chartres , et M. Adelphe Chastes, promoteur d'importantes améliorations locales et créateur de plusieurs établissements charitables \
Le concordat de 1802 n'avait pas rendu à Chartres son siège épiscopal ; le concordat de 1817 répara cette omission ; mais l'exécution fut retardée par diverses circonstances, et Mîr de bit il , premier évèque nommé , ne prit possession que le 8 novembre 1821. À ce prélat, promu à l'archevêché de Reims le 15 avril 1824, succéda M*r Clausel de Montais \
1 Ou peut consulter, pour l*incendie du l juin 18M, l'ouvrage de M. Lcjeune intitulé Ijes Sinistrés de la Cathédrale de Chartres.
* Pivf- ls dKure-et-Loir depuis la création ju<f]uVn IXiX :
ïî ir« >n Helu'ire, 2') v»iiIùm: an VIII; l-.n • »n l'omille d'Orleuil, \?> janvier 181 i; baron |{cll.ttid de Vilbreeaiix , <> avril 1X1.V. baron de lionjoux, 17 mai 1X15; comte de lîivleuil, \2 juillet 1 N ! T» ; luron il*- Cm ^s»--L;iln vrii' , 2~ juin \H2'.*>, Cannois d'Aiiiiily , 5 août IX:!<»; vicomte de ltL"iy, t> septembre ix:50; l'ouipéi, 22 juillet !x;î;j;" IM«'s>ert. î\ septembre ix:ji; vicomte de Saint-Aiiman, 21 octobre \XM)\ banni de Villeneuve, 2\ juillet 1S.J7; baron de Jevaint , 0 janvier 1Xi:{; de Mentqiie, 1" décembre lxil
» Voi. i la liste .les maires de Chartres, de 1701 à IXiX ;
Clievard. 20 novembre 17MI; Jolly-l>c-hayes , X (\<-< emhre 17'.>2; Judel , 11) frimaire an 11; S-'inen i provisoire i, X brumaire an III; administration municipale sans maire, du 15 bruunire an IV au lf> lign ai an VIII; Chevard. ti fructidor an VIII; l'.iilard aîné, |ù août Lion, IV» mai |X|5; l'.ilLud aîné, :.M juillet 1815;
l'.illard Saiiit-Laiiiner . 15 septembre IKI5; liillard aîné, |S m tohro IXI'J; Ad. • Uiasles, 21 août lXiJO; Durand, 2 lévrier IXiX.
• li'autres raconteront avec plus de détails les événements mn se sont passés a Chartres de 1X(HI;i IXiX; ils donnèrent l'histoire des clubs de IX iX et diront avec quel sentiment sympathique le» Char trams, anus de l'ordre, saluèrent [ aurore du second empire, l'our moi l'histoire de notre ville se termine avec le XVIII1, sièele.
1 M?r Claiide-llippolvte-Clausel de Montais, né au château de Cousser uties . diocèse de lîoilez, le ,*> avril 17<»'.', lut sacré évèipu? de Chartres le "22 août lX^i et installé le 22 scptemlire suivant. Parvenu à une çiande vieillesse et atteint de cécité, il ré>i^na, en janvier tXâ;j, se» fonctions épi>copale> à Mt?r lieiuiault, son coadjuteur. et mourut à Chartres le i janvier 1857.
l'un des plus éminents et des plus vertueux pasteurs dont puisse s'honorer l'Église do France. Pendant vingt-cinq ans toutes les questions religieuses et sociales, nées des passions du moment, furent traitées par l'évèque de Chartres avec l'autorité que donnent la science du philosophe, le talent de l'écrivain et la conviction du ministre de Dieu; on attendait, on consultait, on discutait son opinion ; ses mandements agissaient avec puissance sur l'esprit public, et ses adversaires , eux-mêmes, rendaient hommage à l'indépendance de son caractère et à la pureté de ses intentions. La mort récente de ce grand évèque a fait éclater plus vivement encore les sentiments de vénération et d'amour dont ses anciens diocésains étaient pénétrés pour sa personne.
Les chartrains des XVIIIe et XIX0 siècles sont restés Gtlèles aux traditions de leurs ancêtres. Ils ont fourni à la France des auteurs dramatiques, des historiens, des jurisconsultes, des philologues ; ils ont aussi cultivé avec succès les arts et les sciences naturelles et mathématiques.
L'Embarras des Richesses, et surtout l'Ecole des Bourgeois, pièces du chartrain Soulas d'AUainval écrites en 1723 et 1728, ne seraient pas indignes de Molière. On doit à Dudoyer de Gastel * le Vindicatif (1774), pièce qui se sou-
1 IAmor-Jean-Christinc Soulas d'AUainval , né à Chartres au commencement du XVIIIe siècle, mourut à l'Hôtcl-Dieu de Paris le 2 mai 1753. Sa famille, ainsi qu'il le déclare dans la préface de Y Embarras des richesses (édition de 1720), était protégée par >l. Flcuriau d'Arnicnonville, gouverneur et grand-bailli, ce qui ne l'empêcha pas de tomber dans une profonde misère. Il donna au Théâtre- Français, h Fausse Comtesse (172(>), l'Ecole des Bourgeois ( 1 728) qui eut un .succès prodigieux, les Béjouissances publiques ou le Cratis (17211) et le Mari curieux »1731u aux Italiens, l'Embarras des richesses (1725), Cahin-caha ou le Tour de Carnaval (1721») et l'Hiver (1732). et, à l'Opéra-Commue . la Fée Marotte (1731).
Contraint par le besoin de se jeter dans la littérature de bas étage, d'AUainval écrivit en li 32-33 ses Ana ou Bigarrures calotines . et, en 17i5, VAlmanach astronomique et les Anecdotes de Bussie sous Pierre 1er. On lui doit aussi une édition augmentée de la Connaissance de la Mythologie, du P. Rigord (1743) cl une édition des Lettres du cardinal Mazarin (1715).
* Gérard Dudoyer de Gastel, d'une famille noble du pavs chartrain, naquit au petit château de Vauvcntriers, près Chartres, le 21) avril 1732, et mourut à Paris le 18 avril 1708. La passion qu'il éprouva pour M11' boligny, célèbre actrice du Théâtre-Français , qui devint sa femme , décida de son goût* pour la littérature draraa-
tint longtenq>s au répertoire, (juillard 1 s(ï fil un nom dans le drame lyrique et fut digne d'écrire les poèmes illustrés par la musique de Gluck, de Salieri, de Sacchini et de Lesueur. Nous n'avons pas besoin de rappeler les titres nombreux de Collin d'Harleville 1 à l'estime de la postérité; le Vieux Célibataire (1702), suffit à sa gloire. De nos jours, les applaudissements ne manquent pas aux œuvres mélodramatiques de M. Ferdinand Dugué \
Nous citerons, pour leurs travaux historiques, tous sociaux au pays chartrain , le bénédictin D. Liron \ auteur de la Hibliothèque Chavtrainc (1710), ouvrage biographique et bibliographique assez complet sur les anciens littérateurs de la
tique. Outre le Vindicatif, drame en cinq noies et eu vers libres, Dutlmvr donna hiurette (I70NI, comédie ou un acte et en prose, et Adélaïde, ou l' Antipathie yonr l'Amour, comédie en deux actes et en vers, i|ui eut du sucrés.
Une notice nécrologique sur riudnver, écrite par son ami l'.-Fr. Aubin, a été in<é rée dans le Moniteur du *J llnréal au* VI.
1 Nicolas-François Guillard , né à Chartres le 0» janvier 1 "">:?, mort à l'aris en composa les paroles d' Iphigéme en Ta aride. (177'Jl, opéra ipii eut le plu» grand succès; d' Emile, tï Electre tl7«S:ii, de Clameur • . de llardunus . «les lionnes. A'iEdipe à Cohue, sou clief-d'ouvre , de In Mort d'Adam et ù'Elfndu. Il avait pour amis particuliers Favart, Itoutllers et l'abbé de Voi-enou.
* Jean-François Collin d'Harleville, naquit à Maiulenon le l>0 mai I7.V», mais il fut élevé à Chartres et il liahila autant qu'il le put >a petite maison d'Harleville. commune de Mévoisius. I'armi les nombreuse* pièces de ce charmant auteur nous citerons l' Inconstant (lTNfii, l'Upti m islc { 1 7S<Si , le Vieux Célibataire \\!'J'l) . les Châteaux en Espagne |1Xt)3i, Monsieur de Crac dans son petit caslel (|No:î(. Collm, qui mourut à Paris le 21 février 1X00, était d'un commerce des plus agréables; il aimait par dessus tout la campagne, les joies de la famille et les épanchcments de l'amitié; sa liaison avec Andneux dura autant que sa vie. La maison de Collin à Mévoisius appartient aujourd'hui à M"»* Le Moine , sa nièce.
On a donné le nom de Collin d'Harleville à la rue de Chartres dans laquelle est située la préfecture.
5 M. Ferdinand-Adricn-Joseph Dugué, né à Chartres le 1S février 1SI0, a déhuté en 1N31 par un roman intitulé la Semaine de Pâques, histoire charlraiue. Il a publié ensuite un volume de poésies; puis il a lait représenter, à l'Odéun, les Pharaons, tragédie en rinij actes et en vei-s, et Eranee de Stmirrs. drame en cinq actes et en vers; au Théâtre- Français , le Béarnais, drame en cinq actes et en vers, et Mathurin Hègnier , comédie en trois actes et eu vers; à la Porte-Saint-Martin, S/ilvator Basa, drame en cinq actes et en prose; et à l'Ambigu, la Prière des Naufragés et le Juif de Venise, drames en cinq actes et en prose.
M. Dugué occupe un rang distingué parmi les auteurs dramatiques de nos jours.
* Dom Jean Liron, bénédictin , né à Chartres en 1005 et mort au Mans en 1718. •i donné, indépendamment de la Bibliothèque ehartraine, un recueil estimé, en i vn|. , intitulé Singularités historiques et littéraires (1734-1710)
province; les chanoines Estieune, Mareschaux et Brillon !, le dernier surtout qui laissa une quautité considérable de Mémoires, de notes, d'analyses sur des points incounus ou mal éclaircis de l'histoire civile et ecclésiastique de Chartres ; l'avocat Janvier de Flainville, caustique et infatigable écrivain dont les recherches sont consignées dans treize énormes volumes manuscrits appartenant à la bibliothèque communale *; Doyen \ Chevard \ Bouvet \ et M. Ozeray % nos devanciers dans la tâche dillicile (pie nous avons entreprise; Hérisson 7, auquel la Biographie iMichaud est redevable de quelques bons articles sur des chartrains célèbres, et qui ajouta plusieurs appendices à l'histoire de la cité des Carnutes, de M. Ozeray ; Périer de Tréinémont \ auteur d'une histoire généalogique et annoriule chartrainc, manuscrite; MM. Lejeune 9 et Doublet
» Os trois chanoines, auxquels il faut joindre leur confrère Le Tunais, «Privaient au commencement du dernier siècle.
« Voir infrà, une note sur Janvier de Flainville.
1 Doyen, qui prenait le titre de géographe, est mort en 1790. Son ouvrage, intitulé Histoire de la ville de Chartres , du pays Chartrain et de la Beauce, a paru , en deux vol. in-N», en 17X(>.
* Chevard est mort le 1) mai 1X-2(>. Son ouvrage, intitulé Histoire de (Martres et de l'ancien pays Chartrain, a été publié, en deux vol. in-X", en l'an X.
* HouYct-Jourdan est mort le 'M) janvier 1N-2G. Son ouvrai» est manuscrit: il forme un in-folio île IM pages et a été »'» rit eu 1X01. Il est 'intitulé : Itetherches sur la ville de Chartres et du pays Chartrain .
6 M. Ozeray, né à Chartres, mais habitant la Belgique depuis longues années, a publié eu lOi une Histoire yénèrule, civile et reliyteuse de la cite des Carnutes et du pays Chartrain vulyamment appelé la Hcaiice i;2 vol. in-K"i.
I Charles-Claude-François Hérisson, juge au tribunal civil de Chartres, né en cette ville le 2(> octobre 17(»i. mort le '11 juillet 1X10, avait beaucoup étudié l'histoire chartraine. Les dissertations qu'il a jointes à l'histoire d'O/.eray, quoique renfermant plusieurs erreurs, sont intéressantes; quelques-unes contiennent îles documents jusqu'alors inédits. Il a fait imprimer un Ehye. de Ihssuet ilXlli couronné par l'Athénée de Niort, une Notice histurnpic sut saint l'iat ilXIti'i, une Notice sur l'Aynnon-Yelus , rartuhiirc du XI* siectv. ilOij; ou lui doit aussi la réimpression de plusieurs pièces tares.
K .M. IYricr de Tréinémont, ancien conseiller-irféremhire à la Cour des Comptes, né à Chartres le 13 mars 17<>t>, mort à Fonlenay-aux-Hoses le 15 février IXiVi, a laissé a M. Houx, ollicier de l'Université, demeurant à Chartres, un volumineux ouvrage manuscrit contenant les généalogies de i>-2 familles rhnrtraines. J'ignore la valeur scientilique de ce travail dont l'existence vient de m étré révélée.
II M. Honoré-Kéliv-André Le|tiuie, né à Honueval le 28 avril 1771, membre com^iKMidaiH du ministère de l'Instruction publique pour les travaux historiques et
de Boisthibault \ dont les écrits ont remporté plus d'une palme académique ; enfin M. E. Lefèvre \ auteur de travaux estimables sur la topographie du département \
de la Société des Antiquaires de France, a donné en 1X33 une Xntice historique sur la fondation de la Maladrerie ou Uproserie du Crand-lteau/icn et en 1831.» un mémoire sur les Sinistres de la Cathédrale de Charités. Plusieurs écrits de ce modeste savant ont été insérés dans les Mémoires de la Société des Antiquaires, il a obtenu deux mentions honorables au concours des Antiquités de la France, en IX W (Académie des Inscriptions et Uelles-Lettrcs), et il conserve en portefeuille de nombreuses études sur l'église .Notre-Dame, la ville et l'abbaye de Bonneval , le vidamé de Chartres, etc., etc.
Cet antiquaire possède une bibliothèque très-riche en manuscrits et imprimés, relatifs à l'histoire du pays.
1 M. François-Jules Doublet de Hoislhibault, né à Chartres le 13 février 1X00, membre correspondant du ministère de l'Instruction publique pour les travaux historiques et de la Société dos Antiquaires de France, est auteur d'un grand nombre d'ouvrages de littérature, d'économie politique et d'archéologie, dont quelques-uns ont été mentionnés honorablement ou couronnés par l'Institut de France ou les sociétés savantes des départements, et paimi lesquels nous citerons une Satire sur la vie et les écrits de F. Doublet , docteur-réyenl et professeur de la Faculté de Médecine de Paris MX-JH), un Essai historique sur la vie et les ourrayes du dur de la Itochefoucauld-Liancoitrt MXi'J'i, des mémoires sur l'Abolition de la peine de mort (1X30), la Mendicité et le Yayahnndaye (IXIiîH, l'Ayiotaye (IXiin, l'Administration des secours aux classes nécessiteuses (1X13), le lieyime cellulaire et les Maisons de corrections (IXIGi, un Mémoire sur le tombeau de saint Calétric ilXii), llconoyraphte du pays Chartratn (IX lf>), un Essai historique sur l'ubltaye de Thiron (IX IX), une Monographie de la Crypte de la Cathédrale de Chartres {\HW)t un Mémoire historique sur l ancienne éylise collégiale et paroissiale de Saint -André de Chartres ,|SiT).
* M. E. Lefèvre. membre correspondant du ministère de l'Instruction publique pour les travaux historiques, publie depuis plusieurs années Y Annuaire du département et sait donner de l'intérêt à cet ouvrage par les notices qu'il y insère sur les institutions et établissements publics, la statistique et la topographie départementales.
* .Mentionnons encore M.Cilbcrt, aujourd'hui membre de l'Institut (Description historique de l' Eylise cathédrale île Chartres, IX^i); M*-'1' l'ie , évèque de Poitiers (Notice historique concernant la sonnerie ancienne et moderne de l'eylise cathédrale de Chartres, iXiO-IXil; préparation du texte de la grande Monoyruphie de la Cathédrale publiée, par le Couvernemnit ); M. de Santeul , ancien secrétaire-général de la Préfecture ( \f Trésor de Xutrc.-Dume de Chartres, IXîP; M. Henoit, ancien juge-suppléant { Dissertations sur les necrotoyes de iïntre-lhtme , sur i incendie </e i!Ui et autres sinistres, sur les anciennes mesures d'Eurr-et-hiir , 1813|; M. Didron (Iconographie de la Cathédrale de Chartres, 1X3!J|; M. Hussard de Mianville père, ancien procureur du Moi (collaboration au Catalogue des manuscrits de la bibliothèque, de Chartres, IXiOi; M l'abbé Imltoau (Description de la Cathédrale de Chartres, 1 Sot »> ; M. Mnlet, archiviste du département (Lettres des Itois de France , des liciues, des Princes et hauts personnayes , adressées aux Echevins et commune de Chartres, lN.r».">, et de nombreux ai tirles d'érudition sur des documents chartrains, dans la bibliothèque de l'Ecle des Chartes et l Alhcncum). Plusieurs d'entre eux sont étrangers à notre ville , mais tous ont travaillé pour elle avec conscience et filent.
S'il m'était permis de devancer le temps, je joindrais à ces noms ceux de MM. Paul Durand . archéologue du plus grand mérite et auquel on ne saurait reprocher qu'une excessive mode-rtie. Emile Pelliei de la Chavigncrie . qui prépare de sérieux
L'érudition est représentée j)ar Dussaulx l, le traducteur de Juvénal; Bellier-Duehesnay *, l'éditeur de la Bibliothèque des Dames et des soixante-six premiers volumes de la Collection des Mémoires relatifs à l'Histoire de France; Gratet-Duplessis *, l'ingénieux bibliophile; M. Charpentier*, philologue et latiniste distingué; E. Greslou 5, dont les lettres latines
travaux biographiques et bibliographiques sur le pays chartraiu , et Lecocq , déjà connu par quelques essais historiques pleins d'intérêt.
1 Jean Dussaulx , petit-neveu du célèbre Nicole , né à Chartres le 28 décembre 1728, mort à Paris le 10 mars 1790, a écrit un grand nombre d'ouvrages dont les plus estimés sont des Lettres sur la passion du jeu dans les différents siècles (\~~&\ et une Traduction de Juvénal (1770). Dussaulx , qui fut longtemps au service militaire, consacrait aux lettres tous ses moments de liberté. La dévolution le jeta dans la politique; il fit partie de la Convention, siégea constamment parmi les modérés et lit preuve de courage en plus d'une circonstance.
Cet estimable écrivain avait été admis en 1770 à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres; à la création de l'Institut, il fut nommé membre de la classe de Littérature et de Ueaux-Arts, section des Langues anciennes.
* Alexandre-Claude Bellier-Duehesnay , dont j'ai déjà eu occasion de parier plus d'une fois, naquit à Chartres en 1730 et mourut dans cette ville en 1810.
3 Pierre-Alexandre Gratet-Duplessis , né à Janville le 10 décembre 1702, mort à Paris le 21 mai 1853, appartient à Chartres par la famille à laquelle il s'est allié el par plusieurs de ses publications. Ce modeste érudit donna, entre autres ouvrages, un Essui historique sur les établissements littéraires de la ville de bouai (18121, une Bibliographie parémioloyique (1Xl7i, la Fleur des Proverbes français (1851) et une Petite Encyclopédie des Proverbes français , sous le pseudonyme de Hilaire-le- Cai (1852). Il fut un des rédacteurs du Bulletin du Bibliophile, fit imprimer ou réimprimer à Paris et à Chartres plusieurs pièces rares et prépara une bonne édition des Maximes de 1m Boche foucautd. L'édition du Poème des Miracles de Notre- Dame de Chartres, achevée en 1X55, est due à ses soins. Gralet-Duplevsis occupa successivement les emplois de Proviseur du collège d'Anrs , d'Inspecteur de l'académie de Caen et de Kecteur des académies de Douai et Lyon.
* M. Jean-Pierre Charpentier, né à Saint-Prcst le 20 juin 1707, traversa tous les grades du professorat universitaire, occupa la chaire de rhétorique à Louis- Ic-Crand et à Saint-Louis, suppléa pendant dix ans M. Leclerc dans la chaire d'éloquence latine à la Faculté «les Lettres et exerça longtemps les fonctions d'Inspecteur de l'Académie de Paris. Il est aujourd'hui en retraite.
Ce littérateur émérite a donné des Etudes morales et historiques sur la Littérature romaine (1829), un Essai sur l'histoire littéraire du Moûen-Age (1833), un Tableau historique de la Littérature française aux XVe et XVIe siècles (1835), Tertullien et Apulée (1830), une Histoire de la renaissance des Lettres en Europe au XVe siècle (1843), des Etudes sur les Percs de l Eglise (1853). Il a dirigé la publication des classiques latins de Panckoucke , intitulée Nova scriptorum lalinorum bibliotheca (1833-1838), et il a traduit, dans la Bibliothèque latine-française du même éditeur, les Bucoliques et les Gcorgiques de Virgile et les Imités des Lois et de l'Invention de Ciceron ; ce dernier ouvrage en collaboration avec K. Greslou.
» Charles-Kugène Greslou , né à Chartres le 20 avril 1X05 et mort dans la même ville le 22 septembre 1830, promettait de devenir un des latinistes les plus distin-
déplorent la fin prématurée; M. Philarète Chastes !, l'un des plus féconds publicistcs de notre époque.
Du barreau chartrain sortirent plusieurs personnages remarquables : Guéau de Reversaux % les frères de Gennes \ Janvier de Flainville k se firent un nom par leur science profonde et leur éloquence. Quoique plus connus comme hommes politiques, Brissot 4 et Pétion 6 ne laissèrent pas que d'acquérir de la réputation comme jurisconsultes, moralistes et économistes, le premier, par la publication de plusieurs Traités sur les lois criminelles (1780-1781), de considérations sur les sciences,
gués de notre époque. Il a traduit , pour la Bibliothèque latine-française de Panckoucke, les Trayédies de Sènt'yue, les livres i el 5 de Lueain et le Traité de 17mrention de Cicéron, ce dernier ouvrage en collaboration avec, M. Charpentier. On lui doit aussi plusieurs articles dans le Journal général de l'Instruction publique.
* M. Victor-Euphémion-Philarète Chasles est né à Mainvilliers le H octobre 171W. On lui doit une série A'Etud» -s sur l'Angleterre, l'Allemagne, l'Espagne, le XVIe siècle en France, le Moyeu-Age et l'Antiquité, formant on/e volumes; un ouvrage intitulé Caractères et Vaysays et une traduction des œuvres de Jean -Paul Bicbter. M. Cbasles, auquel on lie s'aurait contester une place énmiente parmi les critiques littéraires, est professeur de littérature étrangère au collège de France et l'un des conservateurs de la bibliothèque Mazarine.
* Jacques-Etienne Guéau de Reversaux, né a Chartres en 1700, mort à Paris en 175.'{, fut un des avocats les plus célèbres du Parlement de Paris. Il a écrit beaucoup de mémoires judiciaires remarquables par la logique et la force des arguments.
* Pierre et Gabriel de tiennes, nés h Chartres au commencement du XVIII* siècle, se tirent une grande réputation à Paris comme avocats consultants. On cite les mémoires que Pierre écrivit pour La Bourdounave et pour Dupleix , gouverneur des Indes. Pierre mourut à Paris le 5 juillet 17Ô'J; j'ignore la date de la mort de Gabriel.
* Jean-François-Augustin Janvier de Flainville, né à Chartres le 5 août 1717, mort dans la même ville le 5 septembre I7!)0, exerça très-longtemps avec beaucoup de distinction la profession d'avocat au Présidial de Chartres. On a de lui quelques brochures et pamphlets littéraires et un grand nombre de mémoires judiciaires écrits avec verve et causticité. J'ai dit plus haut qu'il s'était beaucoup occupé de l'histoire chartraine. Janvier de Flainville eut à soutenir, en 170*2, un procès assez scandaleux contre sa mère; son esprit mordant lui lit beaucoup d'ennemis, mais ou rendit toujours justice à son mérite, et ses concitoyens le portèrent au premier rang des honneurs municipaux.
8 Jean-Pierre Brissot, était né à Chartres le 1 i janvier 1751; son père exerçait le métier de pâtissier. Comme il avait été élevé au hameau de Ouarville , il eu prit le nom qu'il transforma {dus tard en celui de YVarville. On sait que, chef du parti modéré de la Convention, il périt sur l'cchafaud, le 31 octobre 171KÎ, avec vingtct-un de ses collègues.
6 Jérôme Pétion, avocat au Présidial, était né à Chartres, le 2 janvier 17.r>r>, d'une famille honorablement connue dans la robe. Son rôle politique est étranger h cette histoire. On sait que, forcé de fuir la proscription, il |iérit misérablement, au mois de juillet 171)3, dans les environs de Bordeaux.
les arts et la politique en Angleterre (1784), d'un Mémoire sur les noirs de l'Amérique Septentrionale, d'un ouvrage intitulé De la France et des Etals-Unis (1787), et d'un discours sur la rareté du numéraire (1790) ; le second , par des étude* sur les lois civiles en France, sur l'infanticide et sur le mariage. Delacroix-Frainville devint l'un des meilleurs avocats consultants du barreau de Paris 1 ; Chauvcau-Lagarde * illustra sa carrière par la défense de Marie-Antoinette. Nous devons à M. Isambert 3, aujourd'hui conseiller à la Cour de Cassation, un recueil estimé des anciennes lois françaises, et une bonne traduction de Procope.
1 Joseph Delacroix-Frainville , né à Chartres le 27 janvier 1719, mort à Pan-if 28 décembre 1831, doit surtout sa grande réputation à ses profondes connaisse en droit coutumier. 11 fut bâtonnier de Tordre des avocats de Paris.
' Claude-François Chanveati-Lagarde. né à Chartres le 21 janvier 1756 et arô à Paris le 20 février 1811, se lit un nom célèbre comme défenseur officieux pendant la dévolution. Il défendit, en 1703, le général Miranda , Rrissol , CharW Corday, l'infortunée reine Marie-Antoinette, et, en 1707, l'abbé Rrollier. Eu J il prononça un plaidoyer remarquable pour Bissettc, Fabien et Volny, hommes de couleur, condamnés injustement à la Martinique.
Chauveau-Laganhi fut nommé conseiller à la Cour de Cassation le 17 mai 1S2* c'était la récompense un peu tardive de son dévouement à la famille royale.
3 M. François-André Isambert, né à Aunav-sous-Auneau , le 30 novembre d'une famille de la Rcance chnrlrahie , a longtemps exercé la profession d'uv^atconsultant à Paris; il fait partie de la Cour de Cassation depuis le 27 août l**1 Voici la liste des ouvrages de ce savant jurisconsulte qui est en même temps un t'n> dit distingué : iS'olice sur les lois maritimes des Bhodiens (18201, Mémoire suri" procès religieux (I82(i.i, Mémoires pour les hommes de couleur (1820 à 1M'1. Hecueil critique des lois et nrdonnaur.es , sous la Instauration (181 i à \*ï. Dissertation sur les lois des Barbares, en téle de la traduction Peyré (1825i, /Kserlation sur la loi saliaue , servant de préface aux huit premiers volumes de> anciennes lois françaises (1820), liecucil t/vneral des anciennes lois français, <L' 420 à 178!), seul et eu collaboration avec MM. Jourdan, Decrusv et Tailhn4i« œ vol.; 1820 à 18301, l'aiidn les françaises, lois de 1780 et 1700 (1830à l*>2 Traité de la Yoierie (1825), Introduction aux Annales Politiques et Di}iiom(iùyf > (182<i), Mémoires et Consultations dans les procès de MM. de Montlosier, du impral Derton, du colonel Caron, des sergents de La Rochelle 4 Restauration i , Aff comme d'abus pour l'abbé Chasb's, curé de Notre-Dame de Chartres il 822). moire sur la rivière d'Eure (1822), Cartes de l'Atlas de fjcorjraphic anewr publié par Gail (1812 à 1820), La mer de Thtbérinde, cartes et dissertations 1 Patelin de la Société de Géographie, 18511, Anecdota de Procope, texte et traduit^française, avec la géographie du Yh" siècle et la révision de la numismatique ancienne d'après la découverte de la livre de Justinien (1850), Histoire de Justimo avec cartes de son empire et de la Dardanie, tableaux numismatiques et d'économie politique (1850).
M. Isambert publient sans doute prochainement une traduction de Flavien-JosèpV
Deux familles chartraines, les Goudron 1 et les Buuvart % produisirent au siècle dernier de grands médecins. Les docteurs Doublet 3 et Mahon k se firent aussi une juste réputation dans les sciences médicales.
i|u il a on portefeuille et que le sucrés de la traduction de Prorope fait vivement désirer.
1 La famille Cendnm , qu'une alliance a raltarhée de nos jours à la ville de Chartres, était oiT-'iii.iui' de Voves. Kllr produisit dans 1rs siècles p.isx's un tirand nombre d'habiles médecins parmi lesquels on remarque l'abbé f.emlron, médecin de Catherine de MMii is, rt Claude (.riiilruii-l^Ji.iYr- . médecin de .Monsieur, frère de Louis XIV rt du dur d < h l 'ans , récent, oui mourut a Pans le .1 s» •ptrmhre 1 T ~»4 1 .
L'ne branche de celte famille, établie dans le Maine et la Ton raine, a continué l'illustration de >es pries. M. Pierre-André Cendron, arrière-neveu de Ccndron- Uev|i,i\rs. mrmlire de l'Académie de Médecine, exena longtemps avec la plus grande distinction à Vendôme, où il mourut le 17 avril l.Sli, victime de son dévouement pour les prisonniers malades du typhus. Trois de ses (ils, tous trois membres de l'Académie de Médrriue, ont hérité de la réputation paternelle. L'aîné, médecin à Vendôme, mort le novemlire I.N51, a publié «1rs mémoires sur les lièvres tvphoïdes et la d\-,-[i!ene; le second, médecin à Château-du-Loir, a écrit un Ç'iand nombre d'ouvrages estimés sur 1rs matières médicales et en dernier lieu sur l'action fSbntu-:e de l'Alkcki i;Lre ou Coqueret des vipies; le troisième, médecin à Chàtcau- Iienaud, s'r>t surtout lait ennnaitre par des travaux intéressants sur l'emploi du nitrate d'argent dans 1rs alléchons croupales.
1 Le membre le plus illustre de cette famille de médecins et de magistrats fut Michel-Philippe, lils de Claude, né à Chartres le 11 janvier 1717, mort à Paris le IX janvier 17*7. Ilfi u docteur en 17^0, il exerça quelques années dans sa ville natale et il y soutint une thèse publique en 17:i-î; puis il s'établit à Paris, où il acquit prouipteuieiit une grande réputation. 11 fut nommé professeur de médecine au collège de France en 1 7 i7 et devint médecin de l'hôpital de la Charité et des Knf ants-Trouvés; mais, accablé de travail, il se démit de ces places en 175/». On prétend qu'il refusa la charge de premier médecin du Piûi qui lui aurait été offerte après la mort de Senac ; il n'en fut pas moins estimé de Louis XV, qui l'annoblit en i~tiX et lui donna l'année suivante le cordon de Saint-Michel. On a de Bouvart un assez jirand nombre d'ouvrages de médecine dont les plus importants sont ceux intitulés Consultations contre la légitimité des naissances prétendues tardives (17G4), de liignitate TiufliciiHr iI717), de Experwnliœ et studii necessitate in medicina (1747).
Son père Claude avait été aussi un très-habile praticien, et un de ses parents, Bouvart iJacques-F.tirnne-Koberti , sieur de la Prévallée, exerça longtemps à Chartres, comme médecin de la ville, dans la dernière moitié du siècle dernier. Il est probable que Charles Bouvart, premier médecin de Louis XIII, appartenait à la même famille, quoique né à Monloire, prés Vendôme.
3 François Doublet, membre de la Société royale de Médecine, né à Chartres le 30 juillet 1751, mort à Paris le IN prairial an IV, s'occupa surtout de la lièvre puerpérale et lit paraître divers mémoires remarquables sur cette maladie.
* Pierre-Jean Mahon, membre de la Société royale de Médecine, né à Chartres en 1715, mort en cette ville le llti nrainal an VU, exerça pendant longues années avec distinction. Nous avons dit plus haut qu'il soutint une thèse sur les vertus curatives des eaux minérales de Chartres; il composa divers autres ouvrais parmi lesquels on remarque un Avis aux Hirhes sur la manière dont ils se doivent conduire dans leurs maladies
Dans les arts, nous citerons le graveur Sergent l, qui, malheureusement, devint homme politique.
Nous ne saurions mieux terminer cette appréciation succincte des titres de nos compatriotes à la reconnaissance de la postérité , qu'en parlant avec l'admiration qu'ils méritent des magnifiques travaux de M. Michel Chasles % membre de l'Institut, F un des plus grands géomètres de notre époque. Ce savant, dont les découvertes remontent à 1812, alors qu'il entrait à FÉcole Polytechnique, est parvenu à traiter toutes les questions de géométrie pure par une méthode uniforme et générale, fondée sur l'algorithme des signes et la considération des expressions imaginaires. M. Chasles a rendu ainsi un immense service à la science : car si , depuis Descartes, l'analyse a pu résoudre certaines questions de géométrie d'une manière gé-
» Antoine-François Sergent, né à Chartres le 9 octobre 1751 , mort à Nice le 21 juillet 1847, fut incontestablement le graveur le plus habile de l'époque révolutionnaire. Ses ouvrages à Yayna-tinte et en couleur sont quelquefois médiocres . mais ses eaux-fortes , composées avec infiniment d'esprit , accusent une pointe 6ne et légère, et ses burins sont corrects et harmonieux. On peut citer de cet artiste le Christ en croix . la Vierge et la Trinité , en collaboration avec Biosse , pour le missel de Chartres; quatre vues de la cathédrale, pour le bréviaire du diocèse (1783); une vue de l'abside de l'église Saint-André; la foire des Barricades sur la place des Epars de Chartres; les vues des châteaux et principales habitatum de Paris et environs; une suite de portraits de personnages célèbres (1787-1789'!; les Tableaux des Ilévolutions de Paris depuis 17S0; le portrait en pied du gênerai Marceau, en couleur et en noir; les Funérailles de Marceau, aqua-tinte; le Tableau de l'Univers et des connaissances humaines (1802); le portrait d'Emir* Marceau, sa femme.
Sergent avait épousé* Marie Marceau-Desgraviers , sœur du général Marceau, plus connue sous le nom d'Emira. On peut consulter, quant à la vie politique de Sergent, une i\'otice biographique publiée en 1818 par M. Noël Parfait.
* M. Michel Chasles est né à Epernon le 15 novembre 1703, mais sa famille a toujours habité Chartres, et nous pouvons à bon droit le réclamer comme chartraia. Indépendamment d'un grand nombre de mémoires insérés dans tous les journaux et recueils de mathématiques, M. Chasles a publié en 1837 un Aperçu historique sut l'origine et le développement des méthodes en géométrie, et en 1852, sou Trailf de géométrie supérieure , dont il promet une suite. Il a pris part à la rédaction du catalogue de la Bildiolhèquc communale (1840) et il a enrichi de notes très-curieuses plusieurs articles dont l'objet se rattache à ses études favorites. On lui doit aussi une Histoire de l'Arithmétique (1813) dans laquelle il établit, contrairement à l'opinion commune, l'origine pythagoricienne de notre système de numération; nous croyons que les manuscrits de "Pmécc et de Cerbert, de îiotrc bibliothèque, n'ont pas été inutiles à l'auteur pour sa démonstration.
M. Chasles est depuis 1810 prolèsscur de géométrie supérieure à la Faculté des sciences; il appartient à l'Académie des sciences comme membre titulaire depuis 1851
nérale, les méthodes de la géométrie proprement dite n'avaient pas fait un pas depuis les grands travaux des mathématiciens de l'antiquité; chaque cas particulier d'une môme question avait toujours sa formule spéciale; chacun d'eux était toujours soumis à une discussion distincte. Aujourd'hui , grâce aux découvertes de M. Chasles, dont le beau livre de la Géométrie supérieure offre le résumé fidèle , la géométrie pure peut résoudre les problèmes d'une façon tout aussi générale que l'analyse cartésienne. M. Chasles s'est beaucoup occupé de l'histoire des mathématiques , et il a fait preuve dans cette tâche difficile d'une grande pénétration d'esprit et d'une érudition profonde.
L'aptitude des Char Irai us pour les travaux de l'intelligence ne s'est donc pas encore démentie , et nous espérons que les flforts de la Société Archéologique, nouvellement fondée, tendront à la diriger de plus en plus vers les études sérieuses qui seules procurent des succès durables.
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f'rot»-/^ par i»- cardini! de J«>v,-uv?. le> eapuciiis de îv.int- Luîjîn n- jjn.-rit prieur* fv is la vi>ite de Henri 111 et des >eif< /leurs tu- sa cour. Henri IV pLi^a s^n quartier^'eneral dans leur eoiivent. ]«,rs du si. ye de I V) 1 .
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