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l'arrondissement de l'Est , appartieut à l'ingénieur ordinaire, et les travaux qui s'exécutent dans les huit cantons de l'arrondissement sont surveillés par six agents-voyers cantonaux demeurant à Chartres. La ville a un architecte-voyer particulier pour les travaux de la voirie communale. Chartres est aussi le chef-lieu d'un sous-arrondissement mincralngique dont le service est dirigé par un ingénieur ordinaire des Mines.
Les ressources pour l'instruction ne laissent rien à désirer à Chartres, siège du conseil départemental de l'instruction publique et résidence d'un inspecteur d'académie. Le collège communal 1 , dans lequel existent tous les cours de l'instruction secondaire, soutient dignement l'antique renommée du collège de Pocquet. Quatre institutions, y compris le petit séminaire de Saint-Cheron , sont également ouvertes aux élevés qui veulent faire des études de latinité. L'instruction primaire, surveillée par un inspecteur, compte de nombreux établissements. Nous citerons, pour les garçons, l'école normale primaire, qui fournit au département d'excellents instituteurs \ un pensionnat libre, une école mutuelle et l'école des Frères de la doctrine chrétienne; pour les filles, l'école normale primaire des élèves institutrices 8 , et sept pensions.
Chartres possède une Bibliothèque riche de 30,000 volumes imprimés et de 800 manuscrits. Elle fut formée à la fin du siècle dernier par MM. Bellier-Duchesnay, l'abbé Jumentier, Datin de Lancey et Bouvet-Jourdan , qui puisèrent dans un énorme monceau de livres provenant des corporations reli-
1 Un décret du 1er septembre 1804 donna le couvent des Cordelière à la Tille pour y placer l'école secondaire ; l'ouverture des classes eut lieu dans cette maison le 23 du même mois. Depuis cette époque le collège est en possession de ce beau local.
* L'école normale, créée en vertu de la loi de 183:î , est établie dans la maison dite de Ricochet, à l'extrémité du Grand-Faubourg ; les coure réguliers ont été ouverts au mois de septembre 1834. Cet utile établissement doit en grande partie sa
{irospérité à l'habile direction de M. Person, ollicier de l'instruction publique, qui 'administre depuis vingt ans.
» Ce cours, ouvert le 12 octobre 1840, est annexé à la pension de IP« Eudoiie Girard, cloître Notre-Dame.
gieuscs et empilés dans le chœur et les latéraux de la cathédrale. La Bibliothèque , ouverte trois fois par semaine au public, est administrée gratuitement par dix conservateurs.
Nous ne pouvons oublier de signaler aux érudits les archives départementales, qui renferment des cartulaires importants et dont les innombrables pièces sont maintenant classées avec un ordre parfait, grâce aux soins de l'habile et savant fonctionnaire chargé de ce travail Les archives de la mairie et celles de l'Hôtel-Dieu, ollrent aussi beaucoup d'intérêt au point de vue de l'histoire locale.
Les amis des arts et des sciences trouvent dans les collections du Musée quelques morceaux dignes d'attirer leur attention. On y remarque une suite minéralogique et ornithologique assez complète, un médailler qui contient plusieurs monnaies chartraincs, les trophées de Philippe-le-Bel et de Charles-le-Bcl , et le magnifique tableau de Bouchot, représentant les funérailles de Marceau \ On espère que la So-
1 Les archives d'Eure-et-Loir, comptées parmi les plus riches de France, comprennent tous les titres de l'ancien Chapitre Notre-Dame et des nombreuses et célèbres abbayes du diocèse de Chartres. Elles possèdent également un grand nombre de titres de famille saisis dans les chAteaux, lors de la Révolution de 1702. La collection des plans terriers du département est la plus complète peut-être qu'on puisse rencontrer, et les quelques lacunes qu'on y remarque tendent tous les jours à se combler. On a, relativement, très-peu de pertes à déplorer: un petit nombre seulement de documents a été détruit ; et avec ce qui est conservé encore aujourd'hui , il est facile de reconstituer l'histoire complète de tous les grands établissements religieux qui ont joué un si grand rôle dans la ville de Chartres.
! Les collections occupent une partie du premier étage de l'Hôtel-de -Ville. On peut ranger parmi les curiosités du musée chartrain les quatre tapisseries de haute-lice qui décorent la chambre des séances du Conseil municipal. Ces tapisseries datent de la première moitié du XVI» siècle. L'une d'elles représente un chAteau qui a beaucoup d'analogie avec celui de ChAteaudun ; un seigneur à cheval est sur le premier plan. On voit, dans la seconde, une église aux clochers aigus, et, sur le devant, des piqueurs conduisant des limiers et portant des épieux. Le sujet de la troisième est une halte sur la lisière d'une forêt; de nombreux serviteurs font rôtir d'énormes quartiers de sanglier, et les chasseurs arrivent pour prendre place au festin. Enfin, 1 artiste a peint , dans la quatrième , une table splendidement servie à laquelle les chasseurs vont s'asseoir; des serviteurs apportent les mets et font rafraîchir les flacons dans un ruisseau. Le dessin et la composition de ces tableaux sont très-remarquables; les couleurs ont encore beaucoup d'éclat et l'exécution rappelle celle des célèbres fabriques de Flandre et d'Artois. Transportées du château d'Ànet au dépôt national de Chartres pendant la Révolution , ces tapisseries ont été données a la ville, le 10 novembre 1815, par Mm,! la duchesse douairière d'Orléaus, fille du duc de Penthièvre. Des tapisseries, qui paraissent avoir été faites sur les mêmes cartons, mais qui sont mieux conservées, existent au château de Pau, où elles occupent six panneaux.
ciélé Archéologique d'Eure-et-Loir, dont la Ibiidation est toute récente, enrichira le Musée des déhris de sculpture et d'antiquités de toutes sortes que ses recherches ne peuvent manquer de découvrir dans le département
Qu'il nous soit permis de rappeler ici le souvenir de la Société Philharmonique qu'une inexplicable fatalité a tuée trop tôt pour l'éducation musicale de la population.
Les établissements charitables de Chartres sont administrés par une commission dite des Hospices réunis. Nous avons donné dans notre premier volume l'historique de PHotel-Dieu et de l'hospice îles aveugles de Saint-Julien et Saint-Gatien. L'Hôtel-Dieu occupe encore aujourd'hui son antique maison du cloître, mais il doit être transporté prochainement au bout de la rue du Pavé-de-Bonneval; l'hospice des aveugles est annexé, comme nous l'avons dit, à la maison des vieillards ou Bons-Hommes de Saint-Brice. Ce dernier hôpital, qui était établi, avant la Révolution, dans l'ancienne aumône Saint- André, a été transporté, en 1 79 1 , dans le couvent des capucins de Saint-Martin-au-Val , faubourg de Saint-Brice; les orphelines, confiées jusque là aux soins des Filles de la Providence, suivirent les vieillards et les orphelins dans leur nouvelle demeure. Ce vaste hospice contient donc quatre catégories d'habitants répartis auparavant dans quatre maisons différentes. Le même personnel médical donne ses soins à l'Hôtel-Dieu et à l'hospice de Saint-Brice.
Il existe dans l'ancienne abbaye de Josaphat, commune de Lèves, un hospice dont profitent les incurables et les pauvres infirmes de la ville et qui est divisé en deux sections : l'hôpital Marie-Thérèse f du nom de Madame la Dauphine, créé en 1818 pour les incurables du département, et Yasile d'Aligrc, fondé en 1828 par le marquis et la marquise d'Àligre i>our les infirmes. Cet hospice est administré par une commission par-
1 Plusieurs salles de la maison de la Justicc-de-naix , attenante à l'Hôtel -de- Ville , ont été mises à la disposition de la Société Archéologique.
tieulière, et sa dotation est tout-à-fait distincte des biens appartenant aux hospices réunis de Chartres.
I^es œuvres laïques, ces monuments de charité qui honorent notre siècle, ne font pas défaut à Chartres. Nous citerons en particulier les œuvres de Sainl-Yincent-de-Paul , de la Société paternelle d'Eure-et-Loir, de la Charité maternelle et des Jeunes Economes, qui mettent les personnes les plus considérables de la société en rapport journalier avec la classe pauvre. Une salle d'asile et des ouvroirs sont ouverts à l'enfance, et une caisse d'épargne, administrée par un conseil de directeurs, permet aux ouvriers de déposer en lieu sûr leurs économies et d'en tirer intérêt.
Chartres, capitale de la Beauce, c'est-à-dire d'un pays agricole par excellence, possède une Chambre consultative d'agriculture et un Comice, qui s'efforcent de vulgariser les bonnes méthodes de culture, donnent des primes d'encouragement et dressent les statistiques agricoles.
Tous les cultivateurs beaucerons connaissent et fréquentent les foires des barricades (11 mai, pendant dix jours), aux Laines (30 juin, 19 juillet), des Landis (tous les jeudis de juillet), de Sain'-fiartliclcmy :2I août, trois jours), de Xotre- Dame de septembre (8 septembre, dix jours), de Saint-André (30 novembre, un jour), dans lesquelles on fait un grand commerce de chevaux de race percheronne , de moutons, de laines et de bêtes à cornes. Indépendamment de ees foires, il se tient à Chartres quatre marchés par semaine, les mardi, jeudi, vendredi et samedi; celui du samedi était autrefois un des plus considérables de France, pour les grains. On vend maintenant la plus grande partie des céréales sur échantillon; mais il s'en décharge encore une notable quantité sur le carreau des Halles \
1 On a vanté souvent et à juste titre la bonne administration du marché aux grains de Chartres. Les mesurâmes se font séance tenante et les prix sont toujours pavés comptant. Les intermédiaires entre le vendeur et l'acheteur, sont des femmes dîtes Uveuses qui , moyennant une légère rétribution , surveillent le mesurage , reçoivent le prix et en comptent au vendeur à la fin de la journée. Une fois déposé sur la
L'horticulture est la sœur de l'agriculture ; à l'instar de plusieurs villes de l'ouest de Paris, la nôtre se distingue par son goût pour l'horticulture. 11 s'est formé depuis quelques années une société d'amateurs qui propage le goût de la culture des jardins et dont les succès sont attestés par d'intéressantes expositions annuelles.
Chartres n'est pas une ville industrielle, et sauf une fonderie dont la spécialité se rattache pour ainsi dire à l'agriculture, puisqu'elle fabrique des turbines pour les moulins, sauf encore quelques ateliers de bonneterie et de lavage de laine, quelques moulins 1 et quelques tanneries, il n'y existe réellement qu'un commerce de détail que les besoins toujours plus impérieux de la vie rendent prospère.
Disons, en terminant, que les Chartrains n'ont aucun goût pour les spéculations hasardeuses. Une sage économie maintient et accroît , dans la plupart des familles de la bourgeoisie, l'aisance léguée par de laborieux ancêtres ; mais cette administration traditionnelle de la fortune est loin d'exclure l'amour du confortable, et , ce qui vaut mieux encore, le sentiment et l'exercice de la charité.
place , le groin est confié aux leveuses et le cultivateur n'a plus à s'en occuper <\ot pour venir toucher l'argent de la vente. Les leveuses sont au nombre de GO, divisées en 1 2 sociétés responsables de leurs erreurs ; ces sociétés portent les noms à? Beaudoutto s. Berlines. B'zardes, Boutris , Brûlantes, Deniaudes . Grdces-de- Dieu, Jattirres, Lutonnes . Menuisières , Mulotles et Boses. La probité des lèvera est proverbiale.
' Voici les noms des moulins de la commune de Chartres : 1° sur le bras oui traverse la ville, les moulins de Saint-Père, Roger, Tomblaine, du Chaume, (les Cinq-Huelles, Coohelilet , du Pont-des-Sept-Archcs ; "2" sur les vieux fossés, les moulins Allabre, à Tan, et Bras-de-Ker ; U° dans les Petits-Prés, les moulins des Filles-Dieu, du Chevecier et des Graviers; \° à la Barre-des-Prés , les moulins de la Barre et des Saumons.
Il existe de grandes usines dans la vallée de l'Eure en descendant vers Mainteooo