TOME II
pée de connétable. Après Henri marchaient le chancelier de Cheverny, le comte de Saint-Pol, grand-maître, le duc de Longueville , grand-chambellan , le sieur de Bellegarde , premier gentilhomme de la Chambre. A Pappel des douze pairs de France , le prince de Conti répondit pour le duc de Bourgogne; le comte de Soissons, pour le duc de Normandie; le duc de Montpensier, pour le duc d'Aquitaine; le duc de Luxembourg, pour le comte de Toulouse; le duc de Retz, pour le comte de Flandre; le duc de Ventadour, pour le comte de Champagne ; l'évêque de Chartres , pour l'archevêque duc de Reims ; l'évêque de Nantes , pour l'évôque duc de Laon ; l'évêque de Digne, pour l'évêque duc de Langres; l'évêque de Maillezais , pour l'évêque comte de Beauvais ; l'évêque d'Orléans, pour l'évêque comte de Châlons, et l'évêque d'Angers, pour l'évêque comte de Noyon. Le Roi marcha droit à l'autel ; il y fit déposer pour offrande une châsse d'argent doré et vint ensuite occuper le fauteuil qui lui avait été préparé au bas des marches.
L'évêque de Chartres, après avoir tiré l'huile sainte du reliquaire , prit l'Évangile et invita Sa Majesté à prêter le serment du sacre. Alors Henri, debout, la main droite sur le livre saint , prononça les paroles suivantes : a Je vous promets » et octroyé (aux évêques) que je vous conserverai en vos pri- » viléges canoniques , comme aussi vos églises , et que je vous » donnerai de bonnes loix et vous feray justice et vous défen- » derai, aidant Dieu par sa grâce, selon mon pouvoir, ainsi » qu'un Roi en son royaume doit faire par droit et raison à » l'endroit des évêques et de leurs églises.
» Je promets, au nom de Jésus-Christ, ces choses aux chré- » tiens à moy sujets :
» Premièrement, je mettray peine que le peuple chrétien » vive paisiblement avec l'Église de Dieu ;
» Oultre , je tâcherai faire qu'en toutes vacations cessent » rapines et toutes iniquités ;
» Oultre, je commanderai qu'en tous jugements, l'équité » et miséricorde ayent lieu , à celle fin que Dieu clément et >» miséricordieux fasse miséricorde à moy et à vous ;
» Oultre, je tâcherai à mon pouvoir, en bonne foy, de » chasser de ma jurisdiction et terres de ma sujétion tous hé- » réticques dénoncés par l'Église.
» Promettant, par serment, de garder tout ce qui a esté » dit \ »
Aux yeux de la plupart des assistants, ce n'était pas la moins importante partie du cérémonial qui venait de s'accomplir.
Après le serment , l'évêque de Chartres , aidé par les pairs ecclésiastiques, fit à Henri les onctions saintes ; puis, il prit la couronne, la leva au-dessus de la tète du monarque , la donna à soutenir aux ducs et pairs, la bénit et la déposa sur le front royal. Sa Majesté fut ensuite conduite processionnellement au trône qui lui avait été dressé dans le jubé , en vue de tout le peuple ; le prélat officiant lui donna le baiser de paix et cria par trois fois : Vive le Roi ! Les pairs en firent autant , les acclamations de la foule leur répondirent , et le Te Deum , entonné par la musique de la chapelle , retentit sous les voûtes de la vieille basilique.
Pendant la messe qui fut célébrée par l'évêque de Chartres, l'abbé de Sainte-Geneviève, diacre d'honneur, remit le livre des Évangiles à l'archevêque de Bourges, grand-aumônier, et ce prélat le fit baiser au Roi. Sa Majesté descendit du jubé pour aller à l'offrande, et lorsqu'elle eut baisé la paix , M. de
1 Le Registre des Echevins contient, ù la date du 16 mars, le procès- verbal suivant : « En rassemblée générale où présidait M" François d'Escoublcau , chevalier, sieur de Sourdis, gouverneur et capitaine de la ville de Chartres, présens en leurs personnes les officiers du Koy, les échevins et les députés des paroisses, ont été présentés les articles de la promesse faite par le Roi aux églises de son royaume «s mains de Mr de Chartres , qui ont été lus et ordonné être insérés ès registres du greffe des affaires communes pour servir de mémoire à l'avenir (Suivent les articles.) Dont et de laquelle lecture et insertion a été ordonné être fait le présent acte, et ce fait ont lesdîLs articles été mis et serrés au Trésor et armoire de la Ville , aux fins que dessus. » (Arch. de la Mairie.)
Sourdis présenta le vin dans un vase d or ciselé , M. de Souvré un pain d'argent, et M. d'Entraigues un pain d'or; le Roi portait alors sa couronne, son manteau, le sceptre et la main de iustice.
L'office achevé , les évéques et les seigneurs reconduisirent Henri à l'évéché. Le duc de Montbazon marchait le premier, avec la couronne sur un coussin de velours ; M. d'O le suivait, avec le sceptre ; puis M. de Roquelaure, avec la main de Justice. Le maréchal de Matignon se tenait à la droite du Roi , l'épée royale au poing.
Le banquet du sacre eut lieu dans la grande salle de l'éveché , où l'on avait disposé une estrade. Le Roi occupa seul la table du milieu ; à sa droite et sur une autre table se placèrent les pairs ecclésiastiques , la table de gauche reçut les pairs laïcs , et , au bas de l'estrade , une autre table fut destinée aux ambassadeurs , au Chancelier, aux chevaliers de Tordre et aux principaux officiers de la Couronne \ Le soir, le monarque fit les honneurs d'un autre banquet a sa sœur Catherine , aux princesses de Condé et de Conti , et aux duchesses de Nemours, de Rohan et de Retz.
Le lendemain, 28, Henri reçut le collier de l'ordre du Saint-Esprit des mains de l'évêque de Chartres, et il partit quatre jours après , non sans avoir promis à la ville de réduire sa garnison aux troupes de la citadelle*.
' La ville fit les frais du linge pour le repas royal. La délibération du 16 mars mentionne la remise aux préteurs des nappes et serviettes ouvrées fournies pour les banquets faits |>ar le Roi le jour de son sacre. (Heg. des Echevins.)
* Consulter, sur le sacre de Henri IV, les Mémoires de Chevemy, la Chronologie novenaire de Paltna Cayet . le Journal de Lestoile et les ouvrages suivants imprimés à Chartres en 1594, chez C. Cottereau, et à Paris chez Jamet Mettayer et P. L'IIuillier : L'ordre et les cérémonies du sacre et couronnement du tres-chrestien lioy de France et de Navarre Henry IIII; — Cérémonie* observées au sacre et
coronement du Tres-cJirestien et Tres-valeureux Henry IIII Ensemble en la
réception de l'ordre du & Esprit en léglise de Chartres . ès xxvii et xxviii* iourt du mois de féirier M. I). XClllI (par l'évôque Nicolas de Thou); — Epistre de Yi*s, évesque de Chartres, touchant le sacre des Hoys de France.
Le département des manuscrits de la Bibliothèque impériale conserve une pièce intitulée : Cérémonies observées en la réception du collier de l'ordre militaire du
Le sacre décida la reddition de Paris ; elle eut lieu le 22 mars et fut célébrée à Chartres par un Te Deum et des feux de joie *.
Après l'événement mémorable qui venait de se passer dans ses murs, notre ville n'eut plus à s'occuper que des affaires communales. Les habitants du quartier Saint-Michel , voisins de la citadelle , avaient seuls la charge du logement des gens de guerre ; ils s'en plaignaient à juste titre, mais les capitaines, qui voulaient conserver leurs soldats à portée , n'écoutaient pas leurs doléances (5 avril) \ Dans le but de faire cesser cette vexation, la Chambre offrit 100 écus par mois, pour que les soldats se logeassent de gré à gré chez les bourgeois *. Cette délibération , approuvée par M. de Sourdis et expédiée à M. le Chancelier, fut sanctionnée par lettres- patentes de Sa Majesté, en date du 13 mai. Un petit don de 500 écus, pour trois mois de solde de la garnison , offert à propos par la ville, facilita cette convention *.
Afin d'assurer l'exécution des ordonnances municipales mises en oubli, les échevins établirent en permanence une chambre de police chargée de la connaissance des délits et de l'application des peines. 11 fut décidé, le 1" juin, que ce tribunal siégerait tous les mardis et qu'il serait composé du lieutenant-général, du lieutenant-particulier, du prévôt, des avocats et procureur du Roi, de trois échevins, dont un d'égbse , et des délégués des paroisses. On vit alors renaître une foule de règlements méconnus pendant les troubles.
benoist S* Esprit par le très cltrestien Hou Henry de liourbon . quatnesme de ce nom, en l église de Chartres, le 28 faner 1594. (Cabinet généalogique; Boîles du Saint-Esprit, mélanges 11.)
1 Livre de Bois de Saint-André ; Arcli. départ — Le Itegtstre du Clerc de l'œuvre mentionne également des Te Deum , le A ivril , pour la réduction de Rouen , et, le 10 mai , pour celle de Toulouse.
* Heg. des Echevins.
' lb.; Séance du 5 mai.
4 lb.; Séances des 10 e( 17 mai. — 1* clergé eut à payer pour sa pari 1<>8 écus Kt s«n* i deniers. (Séance du clergé du il mai: Papier» du Chapitre. >
Los jeux publics et les tripots furent interdits pendant la durée du service divin; on bannit de la ville les porcs et les pigeons et on contraignit les habitants à nettoyer le devant de leurs portes, au mains une fois la semaine
La voirie attira aussi l'attention de nos édiles : dans le courant de novembre , on débarrassa la tour Sainte-Foy de la terrasse qui la reliait à l'église ; les abords des tourelles Courtepinte et du Fer-à-Cheval furent dégagés, et on remit en état de défense les corps-de-garde de la Prêcherie et des portes Drouaise et Imbout. L'année se termina par des réjouissances pour le salut du Roi échappé au poignard de Chàtel *.
Les ressources de la ville furent consacrées, en 1595, aux travaux du pavage. Mais ces ressources étaient devenues bien modiques par suite des guerres. On louait autrefois les tourelles et les places attenant aux fortifications ; or, depuis le siège , les fermiers dépossédés ne payaient plus. Pour corn- " penser ce déficit , l'assemblée fit arranger en boutiques un corps de logis dépendant de l'Hôtel-de-Ville et le loua trente livres tournois (4 octobre). Ou parvint, en môme temps, à trouver un locataire pour la maison ruinée du Massacre 3.
L'hiver rigoureux de 1596 amena à Chartres des bandes affamées de croquants étrangers , qui menaçaient de dévorer toute la substance des pauvros urbains (25 avril). Cette affluence de visiteurs était à craindre sous un autre point de vue : la peste sévissait à Paris; elle se t propageait dans les campagnes , et la malpropreté inhérente aux mendiants était un appel au fléau. Les chaleurs de l'été augmentèrent encore le danger ; au mois de juillet, on dut prescrire au sieur Jean
1 Reg. des Echevins.
* Le dernier décembre , Te Deum , procession générale et feu de joie à celle occasion. (Livre de Bois de Saint-André; Arch. départ.)
Le jésuite Guignard, nalif de Chartres, régent au collège des Jésuites à Paris, fut pendu en Gré ve , le samedi 7 janvier 1 595 , pour complicité morale avec Chàtel (Ustoile, vol. 2, p. 25-1.)
1 Reg. des Echevitfs et Compte du Receveur. (Arch. de la Mairie.)
Baudouin, messager ordinaire de Chartres à Paris, de décharger voyageurs et marchandises au village d'Àrchévillers pour y subir une sorte de quarantaine Les communications avec la capitale furent définitivement interrompues au mois d'août, par ordre de M. de Sourdis \ Grâce à ces précautions, la ville échappa , cette année , à l'horrible maladie , et Jean Baudouin put reprendre, au mois de novembre, ses voyages accoutumés \
En janvier 1597, les échevins reçurent la visite de M. Mathurin Tricquois, seigneur de La Caillaudière, commissaire ordinaire de Partillerie ; il était porteur de lettres du Roi , datées de Rouen le 4 décembre 1596, par lesquelles on imposait la ville à la fourniture de 8,000 livres de poudre ou au paiement de leur valeur, à raison de 10 sous pour livre. La Chambre objecta que non-seulement poudres et canons avaient été remis fidèlement aux gens de Sa Majesté et à M. de Sourdis après le siège, mais qu'on avait déjà versé au trésor 30,000 écus et 1,850 muids de blé. Cette excuse fut admise, et le commissaire royal , après différents messages en Cour, finit par se contenter de 900 écus, applicables, partie à l'entretien des gens de guerre de la garnison , partie à l'achat de 300 piques pour l'arsenal (4 mars) \ Au mois de juin, arriva le
1 Reg. des Echevins; 25 et 30 avril et 30 juillet.
» lb.; 20 août.
8 lb.; 19 novembre.
L'office de messager de Chartres à Paris était ordinairement donné à bail par la ville. Cependant une délibération du 26 novembre 1596 fait connaître que l'on conféra , par exception , l'office de messager à Claude Tciinerie , au moyen de la résignation de Jean Baudouin, son beau-père. Ce nouveau titulaire prêta en séance le serment accoutumé. Mais, à la fin du bail de Baudouin, l'entreprise des coches de Chartres à Paris fut remise en adjudication, et Tenncrie continua l'exploitation comme plus fort enchérisseur.
Quoiqu'il v eût un adjudicataire payant une somme annuelle à la caisse municipale, l'entreprise des coches n'était pas un monopole. Ainsi le sieur Châtelain, successeur de Tennerie, ayant défendu, le 2 janvier 1607, à tous autres possesseurs de voitures de transporter des voyageurs à Paris , la ville se joignit aux messagers attaqués par lui , attendu que, de tout temps, les habitants avaient eu la liberté de ne faire conduire par les voies qui leur convenaient le mieux. (Heg. des Eckerins.)
* lb.; 17 janvier et 4 mars.
sieur Collet, procureur du sieur Gnitien Ravinet, capitaine du charroi du Roi, chargé, par lettres closes du 22 mai, de taxer la ville à la fourniture de 30 chevaux rouillers avec leurs harnais. Recherches faites, il ne se trouva dans Chartres et les faubourgs que les chevaux des coches de Paris et d'Orléans; force fut donc au collecteur de s'adresser ailleurs \ Si la communauté parvint à éviter ainsi les demandes des officiers royaux , quelques anciens ligueurs faillirent être moins heureux. On se rappelle que le procureur-général La Guesle avait été fait prisonnier dans le faubourg Saint-Maurice , en février 1 589 , au moment où Mayenne entrait dans Chartres ; c'était le sieur des Ligneris , aidé de plusieurs bourgeois de son parti, qui avait fait le coup. La Guesle, qui s'était pourvu d'un arrêt contre les Chartrains soupçonnés d'avoir attenté à sa personne , allait faire pratiquer une saisie sur leurs biens , lorsque des Ligneris , royaliste depuis 1 590 , vint loyalement au secours de ses anciens compagnons et termina le procès en transigeant avec le demandeur'.
11 était moins facile de se garantir de la peste deux années de suite. Dès le mois d'avril 1597 , les villages voisins étaient attaqués, et on avait pris le parti de chasser de Chartres les mendiants *, et de faire transporter les immondices à cent pas au moins des murailles. Malgré ces mesures , on constata , le 29 août, un cas de peste dans une maison de la rue de la Rôtisserie , près de la chapelle Saint-Eman *. Le Sanitas de Beaurepaire fut aussitôt ouvert, et le médecin des pestiférés reçut pour logement la maison des pauvres de la rue du Puitsdu-Crochet\ La maladie fut si violente, au mois de septembre,
1 Heg. des Echevins; 21 juin.
1 Ib.; li avril et 10 mai.
3 On créa, le 15 avril, deux inspecteurs de police charges spécialement de chasser les vagabonds des murs. (Heg. des Echevins.)
* -20 août. — Défense aux habitants d'aller demain au village de i rancnumlk , à l'assemblée de Saint-Fiacre, à cause de la p^stc. (Ib.)
5 Ib , 2 septembre.
qu'il fallut prescrire d'enterrer les morts pendant la nuit et défendre les inhumations dans les églises. Les malades étaient transportés a Beaurepaire et on internait à Rigeard ceux qui avaient eu quelque contact avec eux. On ordonna aux habitants du quartier de la porte Morard de faire leurs lessives dans le Buot dit la Fosse-au-Muet , et à ceux des autres quartiers, à la Barre-des-Prés, au-dessous du moulin du Saumon La contagion ayant gagné , au mois d'octobre , l'hôpital Saint- Julien, on fut obligé tle nourrir les pauvres aveugles mis en charte privée. Il y avait alors jusqu'à vingt-quatre malades à la fois dans les loges de Beaurepaire \ Pourtant le fléau diminua d'intensité avec les premiers froids, et, le 23 décembre, on put permettre à Martin Prévost, chirurgien, et à Martin Trenet, prêtre, employés au Sanilas, d'aller s'éventer aux champs pendant trois semaines, puis de rentrer en ville ".
On avait appris, au milieu des terreurs de la peste, la mort d'Alphonse d'Est , duc de Ferrare et de Chartres , décédé sans enfants le 27 octobre , et cet événement était passé inaperçu, car le prince n'avait jamais habité son duché chartrain. Sa succession fut dévolue, par arrêt du Parlement, à sa sœur M" Anne d'Est, duchesse de Nemours, veuve en premières noces du duc de Guise:
Comme les dépenses occasionnées par la peste avaient épuisé toutes les ressources de la caisse du bureau des pauvres, on prit le parti de poursuivre à outrance les bourgeois en retard de payer la taxe, et le collecteur-général des aumônes reçut tout pouvoir à cet effet le 27 janvier 1 598 \ Mais le meilleur
1 Heg. des Echevins; 10 cl 30 septembre- l'r octobre. » lb.; 14 et 27 octobre.
* lb. — La ville était d'autant plus embarrassée qu'elle se voyait sur le point ' d'être recherchée pour quelques dépenses dont la régularité ne paraissait pas prouvée à MM. de la Chambre des Comptes. On lit dans le Registre des Eehevins, à la date du 28 avril 1598 : // sera fait présent d'une pièce de soie n Mr l Auditeur des Comptes . afin qu'tl soit plus enclin à rétablir les parties qui ont été tenues en souffrance sur le. compte de M' Trossard . naguères receveur des deniers communs.
moyen d'augmenter les recettes était de diminuer le chiflre des dépenses; or, parmi ces dernières, la plus insupportable sans contredit , parce qu'elle n'offrait aucun profit en compensation, était la solde des gens de guerre de la garnison. Le traité de Vervins ayant été signé avec les Espagnols le 2 mai , les échevins crurent le moment favorable pour se débarrasser de cette lourde taxe ; en conséquence , une députation fut expédiée au Roi , le i 1 juillet , dans le but d'obtenir la réouverture de la porte Saint-Michel et la démolition de la citadelle Mais la requête portée au Conseil privé parut prématurée, et un arrêt du T'août se borna à statuer sur les gages annuels de M. de Valliraut \ Malgré cette déconvenue, quatre échevins allèrent recommander, le 7 septembre, les intérêts de la ville au chancelier de Cheverny, gouverneur de la province, qui résidait alors à son château d'Ëclimont \ Le 1 0 novembre, une nouvelle députation se rendit à la Cour ; les députés ne rapportèrent qu'un ordre de Sa Majesté de payer une forte somme à M. de Sourdis , sur les tailles de l'élection \ La Chambre ne se découragea cependant pas; le 1er décembre, le lieutenant-général Chouayne, M. Lemaire , receveur des deniers communs , et un échevin ecclésiastique, furent encore solliciter le Roi et les gens de son Conseil qui , cette fois , laissèrent entrevoir , dans l'avenir , la possibilité d'obtenir la démolition désirée 5.
Pendant ces négociations, la peste avait fait sa réapparition ordinaire ; arrivée en septembre , elle durait encore en décembre, et ses ravages furent grands *. La mort frappa, le
1 Reg. des Echevins.
» Ib.; Séance du 18 août.
» Ib.
* Ib.; 10 et 20 novembre.
» Ib.
* Le danger fit songer à Dieu. Par délibération du 1er décembre, la Chambre enjoignit aux trois crieurs publics de parcourir la nuit , deux fois par semaine , suivant les vieilles coutumes interrompues pendant les derniers troubles, les divers quartiers
5 novembre, au château de Villebou, près Palaiseau, l'évêque Nicolas de Thou , prélat dont le rôle politique n'avait pas laissé que d'être brillant et qui aimait et protégeait la ville !. Chartres retrouva heureusement un protecteur non moins puissant, dans son petit-neveu et successeur, Philippe Hurault, fils du chancelier de Cheverny. Ce nouvel évêque n'avait que 20 ans, et il ne prit possession qu'en août 1608; mais on n'attendit pas cette époque pour faire appel à son crédit. La Chambre envoya, le 6 avril 1599, quatre échevins à Êclimont pour le congratuler et le prier d'aider la ville à soutenir ses intérêts \ 11 s'agissait non-seulement de l'affaire de la citadelle , mais encore de la conservation des privilèges et de la confirmation du don de trois sous neuf deniers par minot de sel vendu au grenier. Comme Rosny poursuivait alors sans relâche la réforme des abus, il y avait à craindre que cette dernière partie des demandes de la ville n'éprouvât quelque difficulté. Il en fut tout autrement, grâce à l'appui du Chancelier et de son fils; le grand ministre accueillit assez bien une députation d'échevins chartrains qui alla le saluer le 16 juillet *; il promit même la démolition de la citadelle pour le. commencement de l'année 1600. Le lieutenant-général en apporta la nouvelle à la Chambre, le 31 août, ce qui lui valut une gratification de cent écus et d'une soutane de damas k.
de la ville , en agitant leurs clochettes , et de heurter vers minuit les portes des habitants pour les émouvoir à prier pur les trépassés.
La peste cessa vers la mi-décembre; on congédia, le 16, le médecin, le prêtre et le sieur Lépine , prévôt de santé de Chartres. (Beg. des Echevins.)
1 On conserve à la Bibliothèque communale , dans un volume composé de différentes pièces, plusieurs mandements de M. de Thou. L'un est intitulé Excommunication des sorciers, noueurs d'éguilleles , accoinlemenls avec les malins esprits, 1585; deux autres datés de 1580 ont pour objet la Délivrance des Princes catholiques et la Reconnaissance mur Itoi de Charles de Bourbon , suivant l'arrêt du Parlement du 8 octobre. (Catalogue des manuscrits de la Bibliot. de Chartres. p. 129 et 130.)
• Heg. des Echevins.
5 lb.
k lb.
Forts de cette parole, les échevins entrèrent en pourparlers avec M. de Valliraut, touchant la remise de la place et l'indemnité à donner aux gens de guerre. La promesse de Rosny ayant été ratifiée par lettres du Roi du 20 janvier 1600 \ on arrêta le 9 février suivant le plan de la démolition. Cette opération fut confiée au sieur de La Borde , sergent-major du régiment de Valliraut, sous la surveillance de six notables; on y employa vingt manœuvres par jour , et le déblai n'était pas encore terminé au mois d'avril. En considération de ses bons offices, les matériaux du principal corps de logis furent donnés «à M. de Valliraut; ce capitaine reçut, en outre, une somme de 1,610 écus, pour solde du logement, du chauffage et de l'éclairage de la garnison , suivant les termes de la capitulation de 1598 \ La suppression do la citadelle causa aux habitants une grande joie, parce qu'elle les exonérait d'une charge très-lourde ; mais la demande que fit le Roi d'un petit secours de 6,000 écus pour les frais de son futur mariage calma bientôt l'allégresse générale (juillet)
Deux autres affaires, importantes à divers titres, furent activement suivies par MM. de la Chambre pendant l'année 1601. La première les concernait particulièrement. M. Marin Sablon , marchand bourgeois , à sa sortie de l'échevinage , en 1599, avait été élu président du tribunal consulaire par ses confrères les marchands. Or , un-des privilèges des échevins sortants était précisément l'exemption , pendant deux années , de toutes charges publiques. Sablon déclina l'honneur qu'on
1 La Chambre de ville avait envové en Cour MM. Martin et Moreau, échevins, |K>ur hâter l'expédition des lettres. Ces députés ayant fait connaître le 12 janvier qu'il était nécessaire de financer en cette circonstance , le clergé s'assembla le 1 7 et lit offrir aux échevius, par MM. Yves Gaudeau, prieur claustral de Saint-Père, et Guillaume Deschamps, religieux de cette abbaye, la somme de 2,000 livres tournois, par forme de don gratuit et sans tirer à conséquence. (Papiers du Chapitre; Arch. départ.)
* Reg. des Echevins: Séances des 21 décembre 1599 , 3 , 9, il , 22 février et 11 avril 1600.
5 Lettres closes du 28 juillet , datées de Lvon. (Heg.Jes EcJirvin*; Séancr du 22 août.)
voulait lui faire ; les marchands prétendirent le contraindre à accepter; de là instance devant le siège présidial, dans laquelle la ville prit parti pour le défendeur. Condamnés par sentence du bailli , les marchands en appelèrent au Grand-Conseil ; mais ils perdirent de nouveau leur cause , et l'arrêt reconnut pleinement le droit des anciens échevins à un repos de deux ans *. La seconde affaire présentait un intérêt plus général. Rosny avait fait créer, par édit de 1599, un droit d'entrée qui nuisait beaucoup aux marchés ; la ville l'avait pris à ferme, en 1600, moyennant 4,100 écus, et en avait confié la perception aux échevins Leloup et Haligre , avec injonction de l'adoucir le plus possible \ En 1601, le sieur Jérôme Rotrou se rendit fermier de l'imposition en enchérissant sur la ville. Cet individu avait promis à Téchevin Leloup de baisser le tarif, moyennant une récompense tirée des fonds de la caisse municipale; mais alléché par le gain, il ne voulut pas tenir sa parole , et il se mit à prélever le droit en question avec une âpreté qui finit par détourner les marchands du chemin de Chartres. On tenta vainement de s'entendre avec cet homme qui tint bon jusqu'à l'expiration de son année '. Alors la ville fit agir la protection de M"e de Nemours, duchesse de Chartres, et obtint, grâce à elle, la concession amiable de la ferme, pour trois ans, moyennant 3,500 écus de fermage seulement \ Cet adoucissement rendit la vie aux marchés.
Toutefois, le discrédit dans lequel était tombé le marché aux grains tenait aussi aux exactions des mesureurs. Nonseulement ces artisans exigeaient huit deniers, au lieu de quatre, pour le mesurage de chaque setier exposé sur le carreau , mais ils élevaient encore la prétention de faire payer le mesurage du blé vendu dans les greniers ou sur échantillon,
1 Reg. des Echevins ; 29 août 1600 et 8 mai 1601 .
* Ib.; Séance du 14 décembre 1599.
' 76.; 12 janvier et 5 juin 1601 .
* lb.; 18 décembre 1601.
quoique leur intervention n'eût pas été réclamée par les parties. Quelques bourgeois, soutenus par la ville, intentèrent aux mesureurs, en juillet 1601 , un procès que ces derniers perdirent devant la Chambre de police, et une ordonnance municipale qui suivit le jugement, réduisit leur salaire à de plus justes proportions \ La Chambre, au mois d'août 1602, compléta ces réformes utiles, en réglant l'exercice du droit de havage qu'une vieille pancarte accordait à l'exécuteur des hautes- œuvres ; elle fit vérifier et marquer sa cuillère et somma le titulaire, Jean Baudry, de cesser ses insolences envers les marchands \
Le vieux Cheverny étant mort le 30 juillet 1599, son gouvernement provincial fut divisé en deux. L'Orléanais eut un gouverneur dont le comte de Cheverny, fils aîné du chancelier et bailli de Chartres, fut nommé lieutenant-général, et M. de Sourdis, gouverneur particulier de la ville et lieutenant-général du Chartrain, administra les affaires du pays sans relever do personne. Ce dernier seigneur qui s'était rendu considérable par sa conduite pendant la Ligue, ne jouit pas longtemps de cette faveur ; il mourut le mercredi 20 mars 1602. La ville fit célébrer un service solennel à son intention dans l'église Notre-Dame, et un religieux Cor-
» 24 juillet 1601. — Procès de Pierre Legay contre le mesureur Lusuricr et
consorts. (Beg. des Echevins.)
« La pancarte attribuait à l'exécuteur : 1° sur chaque charrette de bois à brûler, une bûche; 2° sur chaque charrette de javelle , une javelle ; 3° sur chaque charrette de raerrain , deux deniers ; sur chaque charrette de charniers , deux deniers ; 5° sur chaque charrette de charbon, deux deniers; 6» sur chaque charrette d'écorce, deux deniers; 7° sur chaque charrette de tan battu, deux deniers; 8° sur chaque charrette de foin, deux deniers; 9° sur chaque charrette de paille, deux deniers; 10° sur chaque somme de charbon, un denier; 11° sur chaque somme de balais, un denier; l2° sur chaque somme de poires et pommes, deux deniers; 13° sur chaque somme de chanvre et lin, un denier; 14° sur chaque somme de menues denrées, un denier; 15° sur chaque setier de grain du marché, une cuillerée; 16° sur chaque mesure d'oignons, deux deniers; 17° sur chaque charretée de poteries déterre, deux deniers; 18° sur chaque charriot , quatre deniers. Les habitants de la ville et de la banlieue étaient exempts de ces redevances. (Reg. des Eckevint; Séance du 30 août.)
Ce tarif fut révisé par sentences des 15 janvier et 9 juillet 16H. (Ib.; Séance du 15 novembre 1622.)
délier prononça son oraison funèbre (21 mai- 2 juillet) \ On prit, en signe de deuil et jusqu'à la nomination d'un nouveau gouverneur, les mesures que commandait cet événement : les portes furent fermées et les ponts-levis levés à dix heures du soir ; on partagea les clefs entre les échevins do mois et le lieutenant-général , et on exerça une surveillance extraordinaire sur les cabarets et les hôtelleries \ Le Roi avait accordé la survivance du gouvernement de Chartres à M. de La Chapelle, fils de M. de Sourdis 3 ; mais ce jeune gentilhomme étant mort peu de temps après son père , sans s'être fait installer, la charge fut donnée, par provisions du 6 novembre, à M. Claude Gruel, seigneur de La Frette au Perche, chevalier de l'ordre et capitaine de 50 hommes d'armes des ordonnances. Ce seigneur prêta serment, le 22 février 1603, entre les mains du Chancelier, et
il fut reçu dans son office, par le corps de ville, le 26 avril suivant. Il était qualifié dans ses lettres de Capitaine et gouverneur de la ville de Chartres, licutenantr-général pour le Roi au gouvernement de ladite ville et du Pays-Chartrain \ Pendant son séjour à Chartres, qu'il prolongea jusqu'à la fin de septembre , la ville mit à sa disposition l'hôtel des Gouverneurs, rue Saint-Jean (des Lices), du linge, de la vaisselle et deux pots de vin à chaque repas '.
Le retour périodique de la peste avait déterminé la Chambre à établir un office de médecin du Bureau des Pauvres. On fit venir de Rennes, au mois de septembre 1602, pour remplir cette charge, M. Claude Bouteroue, praticien dis-
' 2 juillet. — Paiement de 8 écus pour les tentures de l'église Notre-Dame, pendant le service fait à l'intention de M. de Sourdis. — Gratification de 2 écus au Cordelier qui a prononcé l'oraison funèbre. (Reg. des Echevitu.)
« Ib.; 20 juin.
* Virginal d'Escoubleau , sieur de La Chapelle.
* Heg. des Eckevins.
* 22 avril. — Préparatifs pour la réception du Gouverneur. — 23 septembre. — M. de La Frette se plaint du mauvais état de la maison des gouverneurs; décidé qu'il en sera référé au Chapitre parce que c'est un logis canonial. (Ib.)
lingué, originaire de Chartres !. De nouveaux règlements sur l'administration et la police du bureau , délibérés aux mois de mars et de novembre 1603, furent la suite de cette nomination, et les mesures prises à cet égard reçurent, au mois de décembre, la sanction de M. Scaron, conseiller au Parlement, commis sur le fait des hôpitaux et maladreries du royaume \ A la même époque, le Protestantisme, que les Chartrains redoutaient plus que la peste et dont toutes les tentatives avaient jusqu'alors été repoussées, parvint à jouir, dans la ville et la banlieue , de l'existence légale que lui assurait l'édit promulgué à Nantes en 4598. Les religionnaires obtinrent l'autorisation d'ouvrir un temple au hameau du Pont-Tranchefêtu , sur la route d'Illiers, et d'inhumer leurs morts dans un terrain situé au bout de la rue de la Bourdinière et attenant à l'ancien cimetière Sainte-Foy \
• Reg. des Echevins; Séance du 2 septembre. — » Ib.
' Les Archives de l'IIôtel-Dieu renferment une liasse de titres et papiers relatifs à l'administration de l'église réformée du Pont-Tranchefétu , de 1624 a 1685, époque de la révocation de l'édit de Nantes. Les documents suivants, extraits de cette liasse, présentent de l'intérêt , en ce qu'ils font connaître les principales familles chartraines de la Religion , pendant cette période :
1621. — Testament de Pierre Rendu, au profit du ministre desservant l'église du Pont-TranchefiHu.
1630. — Donation à l'église par Suzanne de Chartres, dame de Bois-Hinoust.
1631. — Donation à l'église par Paul de Chartres, écuyer, sieur du Plessis- Cherville, et dame Esther d'Argenson , sa femme.
1648. — Reconnaissance par le Consistoire de l'obligation qui incombe à l'église du Pont-Tranchcfètu . comme établissement de main-morte , de fournir homme vivant et mourant à M. Louis de Courcillon, sieur de Dangeau, seigneur du lieu. — Election de M. Pierre Le Maire, sieur de La Bénardiere, au titre d'homme vivant et mourant , en remplacement de feu M« Jean Brun , procureur au bailliage ; présents MM. Scalberge. docteur en médecine et ministre du culte réformé, de Tmllières, écuyer, sieur d'Argenson, d'Alvimare, Claude de Moustiers, de Dangeau, Cailleau, Neveu, Trouillard, Kresnot, Mahon.
1657. — Accord fait par les commissaires du synode de La Ferté-au-Col , entre le sieur Scalberge , ministre , et la congrégation protestante de Chartres , au sujet du paiement des honoraires du ministre; présents MM. Neveu, diacre, Gaillard, ancien, Sadier, secrétaire.
1671. — Remise des titres de l'église au sieur Scalberge fils, chargé du recouvrement des rentes et de la contribution des particuliers, aux lieu et place du sieur Le Maire, décédé, en présence des sieurs Pierre Augicr, ministre à Favières, et Daniel du Camp, ministre à Laons.
La chaire du ministre était occupée en 1674 par le sieur Scalberge fils, doctenr
L'année 1604, inaugurée par une contribution de 3,024 livres, sous forme de subvention au Roi (M février) vit les échevins poursuivre avec persévérance l'œuvre de salubrité publique. Ils atteignirent en particulier les bouchers, qui continuaient à jeter leurs eaux sur le pavé des rues; comme le Massacre était entièrement ruiné , on leur désigna , pour enfouir leurs immondices, un endroit hors des murs, appelé la Fosseaux-Bretons ou Fosse-Boulin , et on infligea des peines sévères aux contrevenants (1 7 août) \ Grâce à ces précautions, la ville fut préservée du fléau pendant quelques années, quoique les contrées voisines en ressentissent fréquemment les atteintes *.
La reine Marie de Médicis voulait profiter de l'état sanitaire de la ville pour faire ses dévotions à l'autel de la Vierge- Noire; elle devait venir le jeudi 24 mars 1605, suivant des lettres du Roi. Comme il s'agissait d'une première visite, les échevins se proposèrent de déployer à cette occasion une pompe inusitée. A son arrivée à la port*; Guillaume, Marie devait trouver, pour la recevoir, Messieurs de la Chambre accompagnés de toutes les autorités et corporations de la cité et escortés par les vidamiers et les clercs de la Bazoche en habits de gala. Après les discours officiels et les cadeaux d'usage, la Reine devait être conduite au palais épiscopal par les rues des Écuyers et des Changes tendues de tapisseries *. Sa Majesté ne vint pas, au grand désappointement des Chartrains.
Par suite des événements politiques, le collège de Pocquet
1 Iieg. des Echevins. — A force d'emprunter, la ville s'était tellement endettée que tout son revenu passait en paiement d'intériHs. La Chambre, pour sortir de cette, position, obtint, ic 2<ï juin IGOi, un arrêt du Conseil autorisant la perception, au profit de la caisse municipale, d'une taxe de 22 sous 0 deniers sur chaque tonneau de vin entrant, et do 7 sous 0 deniers (indépendamment des anciens 5 sous), sur chaque minot de sel vendu au grenier. Le H»i confirma cet arrêt par lettres du 25 janvier it»07, vérifiées par les généraux des finances d'Orléans le 19 mars. (Pancarte municipale, vol. 2, p. i)5; Arch. de la Mairie.)
1 Iieg. des Echevins.
3 5 septembre IfiOG. — La peste est à Paris, Hlois et Châteaudun. - 2-1 avril 1607. — Ravages dans toutes les petites villes de la Beauce. (Hrq. des Echevins.)
4 Jl, , Séance du 21 mars NiO.Y