‹ Histoire de Chartres (volume 3)Chapitre 34 sur 109 · TOME II. ï · texte numérisé non relu

TOME II. ï

avait dépéri entre les mains du principal, Nicolas de Basic. Le rétablissement de l'ordre fit songer à relever les bonnes études à Chartres , et la grande réputation de pédagogie des Jésuites fit jeter les yeux sur eux pour accomplir cette mission. Par délibération du 20 mai 1605 , les échevins chargèrent le procureur du Roi et le doyen du Chapitre d'inviter I'Evêque à s'intéresser à l'établissement de ces religieux. \jc prélat prit si chaudement l'affaire à cœur, que, dès le 28 juin, il fît parvenir à la Chambre des lettres du Roi, portant l'autorisation désirée Des pourparlers furent aussitôt entamés avec le Père provincial par M. de La Pacaudière, échevin, au nom de la ville * ; mais il résulta du relevé approximatif des dépenses , que l'installation des PP. coûterait environ 9,000 livres, et la misère des temps ne permettait guères de réunir une pareille somme (13 septembre) Abandonnée, pendant toute l'année 1600, au grand détriment des classes du collège, l'affaire se renoua, au commencement de 1607, dans des conditions qui paraissaient meilleures. Les Jésuites consentaient à se contenter de 3,000 livres, à prendre, jusqu'à concurrence de 2,000 livres, sur le bureau des Pauvres, et le surplus, sur les libéralités des particuliers et les revenus de la prébende préceptorale. Le chancelier deBellièvre, quoique favorable à la congrégation, no voulut pas approuver un traité qui entamait le patrimoine des pauvres. On fit en vain appel, au mois de mars , à la générosité des citoyens pour combler le déficit ; cette tentative échoua, et, de guerre lasse, il fut interdit, à la requête du procureur du Roi , de parler davantage des religieux \ Pendant ces négociations, l'exercice du collège avait cessé si complètement , qu'on en était réduit à envoyer les

1 Iîeg. des Echevins. — L'assemblée du clergé donna, le 4 juillet, son adhésion au projet de substituer les pères Jésuites aux régents du collège. (Papiers du Chapitre; Arch. départ.)

» lieg. des Echevins; Séance du 30 août.

» Ib.; 20 mars.

enfants étudier dans les petites villes voisines. La Chambre jugea, enfin, qu'il n'était plus possible de surseoir à la réorganisation des classes, et elle envoya à Paris , au mois de juin , quelques membres du Chapitre avec mission de faire choix d'un certain nombre de régents instruits; les gages de ces professeurs , évalués à 4 ou 500 livres par an , devaient être empruntés en partie sur la caisse du bureau des Pauvres, jusqu'à ce que l'affluence des élèves procurât des bénéfices à la maison \ Grâce au zèle que déployèrent les délégués, les études purent être reprises au mois d'octobre, malgré les clameurs des maîtres d'école , qui ne voulaient pas conduire leurs écoliers aux cours et dont on dut vaincre la résistance par la menace du procureur du Roi

M"" la duchesse de Nemours et de Chartres étant morte au mois de mai 1 607 , la ville fit célébrer un service à sa mémoire dans la cathédrale \ Le duché fut attribué sans contestation à son fils Henri de Savoie , duc de Nemours.

En janvier 1608, malgré le froid extrêmement rigoureux qui régnait, le Roi fit faire à Chartres la montre de la compagnie des gendarmes Dauphin , dont M. de Souvré était lieutenant et M. d'Oinville maréchal-des-logis \ l/?s frais de séjour de cette compagnie restèrent à la charge des habitants, qui furent encore taxés, au mois de février, à la somme de 6,000 livres, pour leur part dans une taille exigée des villes de la généralité d'Orléans *. Une autre dépense imprévue

1 Beg. des Echevins; 12 et 20 juin.

* lb.; Séance du 3 octobre.

* Services fa ils à la cathédrale, aux frais de la ville, les jeudi 31 mai et vendredi l*r juin . (lb.) — Les entrailles de cette princesse avaient été mises en terre, le vendredi 18 mai, dans le chœur de l'église des Augustin* de Paris. (Journal de Les- /«»/<*, vol. 2, p. 425.)

4 Reg. des Echevins; 4 et 9 janvier. — Plusieurs personnes furent trouvées mortes de froid par les champs même, entre Chartres et Orléans. {Journal de Isstoile, vol. 2, p. 146.)

* lkg. des Echevins; 26 février. — Un arrêt du Conseil, du 21 janvier 1610, réduisit celte somme à 5,000 livres , sur la représentation faite par les habitants de

greva, au mois de septembre, les finances municipales. La Reine avait dû venir en pèlerinage à Notre-Dame le 25 mars; son voyage, remis au 7 septembre, pour la fête de la Natir vite, et annoncé par le Roi aux échevins le 18 août fut reculé jusqu'à la fin d'octobre. Gomme Marie de Médicis n'avait pas encore été reçue en reine, la Chambre jugea convenable cette fois de dépasser en magnificence les plus belles fêtes données jusqu'alors aux souverains, à leur première entrée à Chartres. On fit construire des portiques et des théâtres ornés d'armoiries, de portraits, d'emblèmes et de devises *; un sculpteur et un peintre habiles * disposèrent une statue de femme qui jetait par les mamelles du lait et du vin; on acheta des fruitiers en argent pour contenir les confitures d'honneur*; les notables divisés en bannières, les compagnies de la milice, les vidamiers, les Bazochiens et les enfants du collège, tous habillés de neuf, devaient faire parade dans l'escorte de la Princesse ; des harangues avaient été composées et apprises tout exprès pour la circonstance \ Ces pré-

Icur pauvreté, de la ruine du pays et de la richesse du clergé. (Pancarte municipale, vol. 2, p. 81.)

1 lieg. des Echevins; 24 août. — L'évéque Philippe Hurault fit son entrée officielle le 28 août , pour être en mesure de figurer à la réception de la Reine dans la place d'honneur que lui assignait sa dignité.

« 2 septembre. — Le peintre Questcl se chargea de cette décoration , moyennant G00 livres tournois. (Heg. des Echevins.)

s Le peintre s'appelait Nicolas Pauverl et le sculpteur Barthélémy Phelippeau; la sculpture coûta 20 livres tournois et la peinture et la dorure 36 livres. (Ib.)

4 22 septembre. — On avait eu d'abord l'intention d'acheter un vase et son bassin, mais, de l'avis de l'Eveque et de M. de Moutescot, on se décida pour des fruitiers, comme étant de meilleur goût. M. de Gyvès, échevin, fut chargé de l'acquisition.

• Les dispositions prises pour l'entrée de la Reine méritent d'être conservées dans leur entier :

10 octobre. — Les enfants du collège seront habillés de neuf pour l'entrée de la Reine.

13 octobre. — La Reine entrera par la porte Saint -Michel , et non par la porte

Drouaise.

14 octobre. — Le jeune Florent de Ganneau, écolier de la première classe, sera chargé de débiter la harangue.

15 octobre. — M. de Limours, hailli , a promis 50 armes complètes pour la milice. — On retient le sieur Drouart, joueur de hautbois, pour jouer et avertir le» joueurs de* environs et faire; des répétitions ensemble.

paratifs furent inutiles ; la visite royale n'eut pas lieu. Le Roi en informa la ville, le 27 octobre, alors qu'on avait déjà fait pour 2,835 livres de dépenses en achats et main-d'œuvre \ La Reine passa par le Coudray à la fin de mars 1609, mais on se borna à tenir les chemins en état et à nettoyer les abords du village \ Cette année fut, d'ailleurs, si Ton peut s'exprimer ainsi, une année de nettoyage et d'apurement. Pendant les mois de mars et de mai, les échevins firent curer les rues et les fossés 8, et, au mois de septembre,

18 octobre. — Ordonnance générale : 1° M. Guichard, échevin, sera envoyé à la Cour avec lettres pour MM. de Châteauvieux , de Loménie et Phelippcaux ; il reconnaîtra les chemins en allant et en donnera avis aux maréchaux-des-logis ;

2« M. Esnault, échevin, aura charge de maréchal-des-logis de la Reine depuis Ktampes jusqu'à Chartres;

3° Le Lieutenant-général , M*r l'Evêque et MM. de Théré, Duval, Guichard et Martin, échevins, iront au-devant de Sa Majesté jusqu'à Ouarville;

4° L'infanterie de la ville , au nombre de huit compagnies , se rendra , sous les ordres du colonel et du sergent-major, devant le Gord;

5° On dressera à l'entrée de la ville un théâtre recouvert de tapis de Turquie , duquel on montera , au moyen de trois marches de quatre pouces chacune , sur un second théâtre où sera placée la chaire de la Reine surmontée d'un dais à queue traînante. Cette partie de la décoration sera confiée aux soins de MM. de Gyvès, Masson et Martin , assistés de 10 serments. — Les rues par lesquelles passera le cortège seront tendues. — Il y aura un portique à la porte Saint-Michel et un autre à l'Etape-au-Vin ; une couronne sera susjienduc aux Quatre-Coins. — La fontaine ci-dessus ordonnée (la femme jetant du lait et du vin par les mamelles) sera placée devant ]'h6tcl-de-ville , et on bouchera la petite rue de la Poissonnerie afin de dissimuler l'artifice de la dite fontaine; pour ce faire on enlèvera le poteau et le mai des bazoehiens. — Les enfants d'honneur sortiront de la cour de la Tour-le-Roi pour faire la révérence à la Reine. — Les cornets-à-bouquins et hautbois seront mis dans la chambre de MM. les Elus. — Il y aura un troisième portique rue des Changes et des armoiries dans le cloître. — Trois ou quatre trompettes, placés sur le ravelin de la porte Saint-Michel , sonneront à l'entrée de la Reine ; ou hissera du canon sur ledit ravelin pour les salves d'honneur. — Sur le théâtre de la Reine se trouveront tous les corps et communautés qui doivent faire harangue , savoir : M. de Chartres et tout son clergé ; MM. du Présidial , accompagnés de six avocats et de six procureurs des plus anciens; MM. de la Chambre de ville avec le Président des consuls, les quatre consuls en charge et sept bourgeois; MM. de l'Election. — A la descente du théâtre, le dais sous lequel marchera Sa Majesté sera porté par les quatre plus anciens échevins. — On offrira à la Reine des confitures dans deux fruitiers foumis par le sieur Lahaye, orfèvre de Paris, et on présentera le vin d'honneur aux princes et seigneurs de la suite, (tieg. des Echevins.)

1 4 novembre. — On vendra les préparatifs, hormis les peintures; on paiera 30 livres à Jean Godier, pour 72 aunes de taffetas incarnat employé à doubler la couronne des Quatre-Coins, et 18 livres à Nicolas Arnoul et Pierre Piat, armuriers, pour six douzaines de hausse-cols destinés aux piquiers. (lb.)

* lb.; Séance du 23 mars 1009.

3 31 mars. — Ordre de déposer les immondices , savoir: pour les quartiers des

M. Mauelerc, ancien receveur-général du bureau des Pauvres, rendit le compte des recettes et dépenses eiFectuées pendant la peste, du 1er mai 1597 au 30 avril 1599. Le fléau avait coûté 3,601 livres tournois

Une épouvantable nouvelle parvint à Chartres dans la journée du 15 mai 1610; Henri IV avait été assassiné, le 14, par Ravaillac. On se mit aussitôt en mesure de maintenir la ville sous l'obéissance du roi Louis Xlll et de Marie de Médicis, sa mère. On partagea la garde des portes entre les magistrats les plus notables : celle des Épars échut au lieutenant-général Chouayne ; celle Chàtelet , à M. Guérin , lieutenant particulier; celle Drouaise, à M. Robert, conseiller au bailliage; celle Guillaume, à M. Charles Cheron , sieur de Saint- Cheron , conseiller-notaire et secrétaire du Roi ; celle Morard , à M. Brizard, président en l'Élection, et celle Saint-Michel, à M. le prévôt Robert. En attendant que M. de La Frette, gouverneur, alors absent, pût venir donner ses ordres, on établit des corps-de-garde, on arma les murailles et on prescrivit aux habitants de préparer des poinçons devant leurs portes; on agit, en un mot, comme si l'on se fût trouvé en présence de l'ennemi \ Le 17, les officiers et les membres du corps de ville prêtèrent serment entre les mains de M. de La Frette 8 ; le 1 9 , on reçut des lettres de la Reine-

Epars et Châlelet, dans la Fosse-aux-Bretons ; pour le quartier Saint-Michel , dans le fosse" du ravelin de la porte ; pour le quartier Morard , près de la maison de Chabin, parcheminier; pour le quartier Guillaume , près de la maison du Lion-d'Or; pour le quartier Drouaise, es trois premières cive* juste Saint-Julien.

19 mai. — Ordre de lever le lancoir de la Courtille pour nettoyer les fossés et i»viter la perte totale du poisson à cause de la boue et du peu d'eau, (liey. dexEchev.)

' Jb.; Séance du 15 septembre. — L année 1(501) ne fut pas exemple de maladies coutaiiieuses; si l'on en croit Lesloile (vol. ~lt p. Td\)), il mourut à Chartres, an mois d'août , sept a huit cents enfunts de la petite-vérole.

i liey. lies Eclicvins; Séance du 15 mai. — Un arrêt du Conseil du IX février KilO avait autorisé la ville à appliquer chaque année aux travaux de défense un** somme de 2,000 livres, à prendre sur la recette de l'impôt établi en IGOi. (Voir supra, p. note i1^.) — Les réparations à taire aux murailles étaient alors estimées à I!!I,!I7M livres, {l'aitcurte municipule, vol. "2, p. i>5.)

s Prirent part à rette prestation de serment, MM. Chouayne, lieutenant-général. Michel Grenei, lieutenant criminel et capitaine du quartier des Epars, Etienne Guc-

régente, ordonnant de garder l'édit de pacification et de faire participer les réformés aux exercices et corvées de la milice bourgeoise; le 22, MM. Chouayne, lieutenant-général , et de Gyvès et Masson, échevins, députés par la Compagnie , furent admis à prononcer le serment solennel de fidélité entre les mains du Chancelier *. Le cœur de Henri IV, légué par testament aux Jésuites de La Flèche, arriva à Chartres le 31 au soir ' ; il fut reçu par le clergé, les échevins, le gouverneur et la noblesse du pays, et déposé dans l'église des Capucins , où il passa la nuit. Le lendemain , après les prières, le cortège reprit sa marche par la route do Nogentle-Rotrou. On célébra, selon les intentions du jeune Roi, un service à Notre-Dame, pour le repos de Tàme du monarque défunt, le dimanche 20 juin et les lundi, mardi et mercredi suivants ; la décoration du chœur , la chapelle ardente , les belles armoiries et l'oraison funèbre furent très-admirées

Quoique la régente , rassurée sur la tranquillité du royaume, eût fait cesser les gardes dès le 15 juin, M. de La Frette ne crut pas devoir quitter son gouvernement dans ces circonstances; il s'établit dans la maison canoniale de la rue des Lices, que la ville louait, pour cet usage, de M. Girardot, chanoine et archidiacre de Dreux k, et resta à Charria, lieutenant particulier et capitaine du Quartier Chàtelct, Guy Robert, prévôt royal et capitaine, du quartier Saint-Michel , Jean Fresnot , avocat du Roi , Jean Grenet, procureur du Roi ; Louis Chicoincau , archidiacre de Dunois, et Gilbert Lorin, chanoine de Notre-Dame, échevins ecclésiastiques; Jean de Gyvès, Guillaume Masson , Paul Duval , Jean Edelin , Laurent Martin , Jacques Fresnot et Jean Tmillard , échevins laïcs; Jacques Le Fachu, contrôleur des deniers communs; Charles Ghcrnu, sieur de Saint-Cheron , conseiller-notaire et secrétaire du Roi et capitaine du quartier Guillaume , François Bhzard, président en l'élection et capitaine du quartier Morard, Jean Robert, conseiller au bailliage et capitaine du quartier Drouaise. (Pancarte municipale, vol. 2, p. 91.)

» lley. des Echevins.

* Ib.; Séance du \n juin.

' 20 juin . - Clui ur tendu de velours noir , quatre écussons portant les armoiries royales de chaque côté; deux écussons sur le maître-autel attachés a deux cierjres; chapelle ardente t au milieu du chœur , garnie de dix douzaines de cierges et tendue de velours noir décoré de dix écussons. (Ib.)

4 Ib.; 30 juiu. — Il avait été question d'acheter une maison pour le Gouverneur,

très pendant presque tout le reste de l'aimée. Mais, au mois d'avril 161 i , comme il revenait d'un voyage dans ses terres, il trouva les portes fermées par ordre de Mario de Médicis. 11 avait été entraîné , ainsi que le comte de Cheverny , gouverneur de la province, dans la disgrâce du duc de Sully \ Cependant il parvint à se justifier et rentra en charge le 18 juin , pour faire reprendre les gardes pendant la tenue de rassemblée protestante de Saumur, qui ne laissait pas que d'inquiéter un peu le Gouvernement \ Le service de la milice cessa au mois d'août 3 ; le Roi vint en pèlerinage le H septembre , et le reste de l'année se passa assez paisiblement pour les bourgeois.

Au mois de mars 1612 , un démêlé assez grave s'éleva entre les échevins et M. de La Frette, au sujet de la possession des clefs de la ville. Le gouverneur voulait en être seul chargé pendant le temps de sa présence à Chartres ; messieurs de la Chambre prétendaient qu'ils avaient le droit d'en conserver une partie. C'était un contrôle dont la ville était jalouse , car elle ne se souciait pas d'être, par le fait de son gouverneur, à la merci du premier ambitieux venu. Le procès porté devant le Conseil durait encore au mois de novembre 1614; la ville excipait principalement de ce qui se passait à cet égard à Blois et à Orléans et d'un certificat par lequel M. de Cheverny, rentré en faveur, attestait qu'il s'était toujours contenté de moitié des clefs lorsqu'il était venu a Chartres en qualité de gouverneur de la province. Enfin, le 13 août 1615, une transaction fut réglée entre les parties par la médiation du maréchal de Souvré; on convint que lorsque M. de La Frette serait à Chartres, la compagnie lui présenterait toutes les clefs et le prierait de se contenter de la moitié, ce qu'il accep-

et la Chambre avait décidé cotte acquisition , d'accord avec le clergé , dans la séance du -i juin ; mais il ne parait pas que ce projet ail été réalisé. (Papiers du Chapitre. An 11. départ.)

1 Lettres de la Hercule, du 21) mars. (Reg. des Echevins.) * Lettre de la lté-ente du 1K juin et Séance du 17 juillet. (Ih.) 3 Lettre do la Réfute du li août. (lb.)

ternit. MM. Arnaull etHaligre, conseillers au Grand-Conseil, ne fureut pas étrangers à cet accord, qui sauvegardait l'intérêt de la ville tout en satisfaisant la susceptibilité du gouverneur \

La peste reparut dans la pays chartrain et le Perche pendant les années 1612 et 1613. Vendôme, Bellesme, Saint- Eliph, Bretoncelle et La Loupe, eurent beaucoup à souffrir; mais les mesures prises par les échevins de Chartres sauvèrent la ville de cette cruelle épidémie \ La salubrité de l'air y décida même , au mois de juin 1613, la tenue du chapitre provincial des Cordeliers. Cette réunion donna lieu à de belles cérémonies auxquelles vinrent s'ajouter encore les solennités de la réception que l'on fit à M. François de Gruel , sieur de Gerautrouze, survivancier de son père dans le gouvernement particulier de Chartres \ et les honneurs que l'on rendit au Roi dans une visite qu'il fit à Notre-Dame le 12 août.

Malgré son système de concessions, la Régente ne pouvait parvenir à maintenir la concorde entre les princes. Condé, Nevers, Mayenne, Vendôme, Bouillon et Longueville , quittèrent brusquement Paris , à la fin de janvier 1614, et réunirent * des forces en Champagne. M. de La Frotte et les échevins furent avertis de cet événement par un message de la Reine, du 13 février \ Sa Majesté invitait fortement les habitants à se conserver dans l'obéissance du Roi, et elle ajoutait qu'elle espérait bientôt ramener les princes, avec lesquels le duc de Ventadour et le sieur de Boissise , conseiller d'État , devaient entrer en négociations. Cette levée de boucliers se termina, en effet, le 15 mai, par la paix de Sainte-Menehould , et les gardes cessèrent à Chartres à la fin du mois, en vertu d'un ordre de la Reine. Une des principales conditions du rap-

1 Iteg. des Echevins; 19 mars 1612, 29 septembre, 10 novembre et 9 décembre 1614, 13 août 1615.

* lb.; Séances îles 18 septembre 1612 H 10 juin 1013. » lb.; 10 juin.

* Lettre? de la Régent*- «le et- jour, (lb.)

prochement des princes était la convocation des Étals-généraux. Des lettres closes, en date du 9 juin, enjoignirent aux gens de Chartres de députer dans les trois ordres des personnes notables pour représenter le bailliage. Les élections se firent au mois d'août, et les suffrages se fixèrent sur l'évôque Hurault de Cheverny, pour le clergé; Charles d'Angennes , marquis de Maintenon , pour la noblesse ; Chouayne, lieutenant-général, et Jacques des Essarts, conseiller au bailliage, pour le Tiers-État \

Au lieu d'attendre l'ouverture des États, les princes compromirent leur cause par de nouvelles tentatives à main-armée. Cette fois, la Régente eut recours à la force; elle rassembla quelques troupes, fit partir le Roi avec elle le 5 juillet, et, dans une campagne de deux mois, pacifia les provinces de l'Ouest agitées par les rebelles. Louis XIII , qui allait atteindre sa majorité , voulut que son retour à Paris fût célébré par de grandes réjouissances. Le 30 juillet , les échevins reçurent la nouvelle du passage probable de Sa Majesté par la ville ; le Roi et la Reine-mère arrivèrent, en effet, le 12 septembre, et la réception fut digne d'eux , car on brûla 460 livres de poudre à canon et on dépensa, pour les préparatifs et les cadeaux, 5,159 livres tournois'.

I Iîeg. des Echevins

26 juin. — Commission du Bailli, transmettant à la Chambre les lettres closes du Roi et de la Régente.

20 juillet. — Délibération de la Chambre , portant qu'il y a lieu d'élire deux ou trois notables personnages du Tiers-Etat , lesquels se rendront le 1 \ août prochain à l'assemblée des Etats provinciaux du bailliage pour taire rapport des remontrances, plaintes et doléances résolues.

7 août. — Assemblée générale des paroisses dans laquelle on arrête les remontrances et on élit MM. Chouaync, Lemairc, Jean Lambert et Laurent Martin pour porter la parole aux Etats provinciaux.

II août. — Etats provinciaux tenus à la Tour-lc-Koi et élection des députés aux Etats généraux.

Une délibération du 1" décembre 1615 fait connaître que, sur la commission «le M. le Bailli ou son lieutenant, commissaire du Roi en cette partie, les vacations de MM. Chouayne et des Essarts, députés du Tiers-Elat, furent fixées à 842 livres 5 sous 6 deniers.

* Beg. des Echevins; Séances des .'50 juillet , 11, 16 et 17 septembre.

30 septembre. Donné 25 livres à Jean Lamy, pauvre serger dont le mollet a

La Chambre renouvela, au commencement de 1615, les anciennes ordonnances de police sur la tenue des cabarets , tripots et jeux de paume et sur la voirie 1 ; ce réveil administratif signalait l'entrée en fonctions de M. Etienne Simon, sieur de Villiers- le -Comte , qui venait de remplacer M. Chouayne, dans la lieutenance-générale du bailliage * ; il était fait, d'ailleurs, pour donner une bonne idée de la ville au nouveau bailli, le jeune comte de Limours, fils de M. de Che- ' verny, dont les lettres datées du 2 avril furent enregistrées le 27 au greffe \

La Régente avait résolu d'exécuter un projet qui soulevait de profondes antipathies parmi les partisans do la politique de Henri IV : c'était le mariage du Roi avec Anne d'Autriche , infante d'Espagne, et celui de la princesse Elisabeth de France avec le prince des Asturies. Condé et les mécontents en prirent texte pour recommencer leurs menées ; la Cour persista et rassembla des troupes pour conduire le Roi en Guyenne. Le pays chartrain, chemin naturel de l'armée, fut bientôt envahi par des bandes de gendarmes maraudeurs ; ils se livrèrent à de tels désordres dans la banlieue, aux mois de juillet et d'août, que l'on fut obligé d'eu écrire à M. des Fourneaux,

M emporté par une arquebuse qui a crevé en allant au-devant de Sa Majesté. — Donné 30 livres à un autre particulier, pour une jambe emportée d'un coup de canon à l'entrée du Hoi. (Iteg. des KcJievins.)

21 octobre. — Six enseignes de taffetas qui ont servi à l'entrée de Leurs Majestés seront déposées en l'armoire neuve de la ville. (Ib.)

10 septembre 1619. — Payé à Marin Salmon, marchand de soie, la somme de 7 livres, pour sept quarts de taffetas blanc livrés au capitaine Champbol, lors de l'entrée du Roi en 1614, et employés ù faire une éebarpe. (Ib.)

1 Ordonnance de police du 14 avril. (Ib )

* Etienne Simon était fils du lieutenant-général Pierre Simon, décédé en 15M7, et de Marie de Mineray. Cette dame, qui prolongea sa vie jusqu'au mois de novembre 1023, était petiLe-tille du lieutenant-général Christophe de Hérouard, fille du lieutenant-général de Mineray, veuve du lieutenant-général Pierre Simon et mère du lieutenant-général Etienne Simon. (Ib.; Séance du 23 novembre 1023.)

s Ce jeune homme remplaçait son oncle , Louis liurault , comte de Limours , mort sans postérité. Ce dernier avait lui-même succédé a son frère, le comte de Cbeverny, peu de temps après la mort du Chancelier, leur père.

On reconnut à cette occasion que le Bailli n'avait pas séance au Conseil de ville, le Lieutenant-général étant maire perjtéluel. (Ib),

maréchal-général-des-logis 1 , et de députer à la Reine les échevins Gobineau et Fresnot * ; le départ de la Cour, qui eut lieu le 17 août, rendit le repos à la campagne.

Les gardes avaient été reprises dans la ville le 3 août, par ordre du Roi, et les échevins s'étaient entendus, à ce sujet, avec M. de Chantemesle, gentilhomme de M. de La Frette, alors absent \ Le Gouverneur revint au plus vite pour presser les préparatifs de défense, car on se méfiait beaucoup de la noblesse huguenote des environs ; on remit en vigueur les ordonnances relatives à la police des étrangers voyageurs et au guet des portes ; chaque matin , avant de baisser les pontslevis , on faisait sortir des arquebusiers par les guichets pour fouiller les faubourgs, et, pendant la journée, les gens du poste inspectaient les entrants et sondaient à coups de hallebarde les charrettes de foin et de paille ; on établit des corpsde-garde supplémentaires sur la porte Imbout, la tour des Jacobins et la tour Saint-Père (août) *. Malgré cette surveillance, on eut la certitude que plusieurs individus suspects s'étaient introduits dans les murs le 7 septembre *; ce fut une raison de plus pour activer l'armement des bourgeois, et M. de La Frette fit délivrer à la milice, par M. de Baste, garde-magasin de l'arsenal , 1 ,688 livres de poudre à canon en caque

Le 3 octobre , un domestique du Gouverneur apporta nouvelle de l'armée du maréchal de Bois-Dauphin et de celle des princes dont il avait épié les mouvements 7. Comme

1 Hélie Fougeu , sieur des Fourneaux , maréchal-général-des-logis des camps et armées du Roi et commissaire ordinaire de ses guerres , tenait à Chartres par son mariage avec la fille de M« Jean Belouis, procureur au bailliage. Il avait été nommé échevin le 28 septembre 1614.

* Reg. des Echevin»; 7 juillet et 1er août. » Lettres du Roi, du 30 juillet. (Ib.)

* Ib.; 11, 13, 21 août et 12 septembre 1615. « Ib.

* Ib.; 10 septembre.

7 3 octobre. — Donné 30 livres au sieur Lagron, domestique de M. le Gouverneur, qui a été à l'armée de M. le Prince, pour découvrir ce qui s y lait, et à l'armée de M. le maréchal de Bois-Dauphin , pour porter des lettres à M. des Cures. (Ib.)

la 'stratégie des généraux semblait avoir adopté pour théâtre les bassins de l'Oise, de la Somme et de la Haute-Seine, le pays chartrain paraissait peu menacé ; cependant un convoi de 6,000 livres de poudre, expédié de Tours, par ordre du Roi , arriva à Chartres le 6 octobre , ce qui fit croire à un danger prochain \ Cette crainte fut dissipée par le rapport que le sergent royal Mathurin Lallemand remit aux échevins le 7, et duquel il résultait que les armées ne tendaient pas à se rapprocher de la Beauce \ Mais , comme toujours dans les temps de guerre civile, la tranquillité fut de courte durée : le 24, des lettres de M. de Verdun , Premier-Président du Parlement de Paris, informèrent le Lieutenant-général que certains malintentionnés avaient conçu le projet de surprendre la ville en s' introduisant de nuit par les herses de la Courtille \ Cette nouvelle jeta l'alarme dans le Conseil ; on doubla aussitôt les postes, on tendit des chaînes dans la rivière pour renforcer les herses, et, comme il importait de nettoyer les environs, on leva, avec l'autorisation du Roi, trois compagnies de chevaulégers, sous le commandement de MM. de La Frotte, de Limours et d'Àmilly (26 octobre) \ D'autres lettres du premierprésident, en date du 28 novembre, vinrent heureusement apaiser cette alerte , car elles annoncèrent le double mariage du Roi et de la Princesse sa sœur, événement qui fut solennisé par un Te Deum et par un feu de joie \ Le Gouverneur et les échevins ne se départirent cependant pas de leur prudence; ainsi , la loue des domestiques qui se tenait dans le cloître

1 Heg. de* Echevins.

« Ib.

5 24 octobre. — Ordonné de payer a Robert Le Chcrieux , chevaucheur d écurie du Roi, la somme de 12 livres, pour sa vacation d'avoir apporté lettres de M. le iYemier-Présidcnt concernant la surprise de la ville. (Ib.)

3 novembre. — Ordonné de payer à Poulain , serrurier , 72 livres , pour avoir fourni de crosses chaînes destinées à fortifier les herses de la porte Morard sur la rivière , afin d'empêcher les bateaux d'approcher et d'éviter aux surprises que Ion a eu advis devoir estre faites par lesdites herses. (Ib.)

4 Ib. — « Ib.

iNotre-Damc le jour des Morts, et la foire Saint-André qui avait lieu d'ordinaire dans le cloître et le cimetière de celte paroisse , furent transportées cette année dans le faubourg Saint-Barthélemy (2 et 30 novembre) *.

Les mariages étant consommés , les princes n'avaient plus qu'à prendre leurs sûretés contre la nouvelle politique; la Cour, de son côté, ne demandait pas mieux que de traiter avec eux. Des négociations furent entamées à la Cn de décembre, et le Roi expédia aux parties belligérantes l'ordre de mettre bas les armes. Mais tous les chefs n'obéirent pas : le duc de Vendôme, qui tenait ses troupes dans le pays chartrain, méditait un coup contre la ville , où il avait des affidés. Le 1 8 janvier 1616, au soir, quelques gens de la populace, soulevés par le procureur Jacques Vieillard et conduits par deux savetiers nommés Prudhomme et Neveu, voulurent surprendre les corps-de-garde; la vigilance de la police déjoua cette tentative, et les meneurs furent emprisonnés \ Le lendemain 19, l'échevin Bachelier alla porter au duc des lettres de Sa Majesté, qui lui enjoignaient de faire retirer ses soldats de la banlieue a; mais le Prince s'excusa sur ce qu'il était peu maître des individus qui s'avouaient do lui. Il est vrai que la rigueur de la saison autorisait les gendarmes mal payés à séjourner dans un pays où ils pensaient mieux vivre qu'ailleurs. Les troupes royales, elles-mêmes, n'en agissaient pas autrement. La Beauce était pillée en même temps par les compagnies vendômoises de MM. d'Allègre, de Saint-Léger, de Saint-benis, Meillant, de la Perine, de l'Estrée, de Cœuvres et du vidante de Chartres, et par les compagnies royalistes de MM. de Marillac, de Torigny, de Mesdames, de Maintenon et de Menou, sans compter les maraudeurs de profession (26 janvier)*. Malgré les trêves, cette déplorable situa-

• Iteg. des Echtvins; lances des 29 octobre e\ 26 novembre. » lb. - > lb. * Jb.

lion se prolongea jusqu'à la paix de Loudun dont la Chambre fut informée le 4 mai \ Les bourgeois fatigués accueillirent cette nouvelle avec la plus grande joie, et, pour satisfaire l' impatience générale , le Gouverneur et les échevins durent procéder immédiatement au désarmement des murailles et au licenciement des trois compagnies de chevau-légers \

La paix ne plut pas autant aux gens de guerre, et la Cour dut indemniser plusieurs d'entre eux des occasions de fortune que la tranquillité publique leur enlevait. Un sieur Pierre Le Sage , seigneur de Chanteloup , parvint à obtenir de Sa Majesté la charge de sergent-major de Chartres; la Chambre, peu soucieuse d'entretenir ce nouvel officier, députa, le 41 juillet, M. Bachelier à Paris, pour faire des remontrances à la Chancellerie; en effet, la charge de sergent-major n'avait jamais existé à Chartres , et les sieurs de Cazault et de La Borde, les seuls qui l'eussent remplie, étaient sergents-majors des troupes de la garnison et non de la ville. Chanteloup produisit ses provisions le 23 septembre , mais on refusa de les enregistrer et les troubles du moment firent passer sur cette résistance \

La paix n'avait pas duré longtemps. M. le marquis d'Alluyes, fils du marquis de Sourdis, vint annoncer au corps de ville, le 2 septembre, l'arrestation du prince de Condé; les lettres que le Roi écrivait à cette occasion aux échevins, mandaient que le prince était retenu dans une salle du Louvre, sans que pour ce on ait dessein de lui faire aucun mauvais traitement 4. Les gardes furent reprises aussitôt, puis abandonnées en vertu d'une lettre du Roi du 26 octobre annonçant la paix, et enfin rétablies le 8 décembre à la nouvelle

1 Bea. des Echevins; 15 et 26 aTri! et 9 mai. — Ordonnances royales des 9 et Î3 avril et 4 mai. (Ib.)

1 Ib.; 9 mai.

s Ib.

* Lettre du Roi du 1" septembre. (Ib.)

des hostilités \ Comme les intelligences que les ennemis avaient dans la Beauce faisaient craindre une surprise, la Cour prescrivit l'armement complet des murailles. M. de La Braverie, lieutenant du grand-maître de l'artillerie, amena de l'arsenal de Verneuil, le 4 janvier 1617, trois pièces de gros calibre; la ville en possédait dix-neuf qui furent montées le 10; on fit en môme temps la commande, par adjudication, de 2,200 boulets \ Des rassemblements suspects ayant eu lieu au mois d'avril, dans le Perche et près de Dreux, il fallut renvoyer à Verneuil les canons qui lui appartenaient \ Le pied de guerre fut maintenu jusqu'au meurtre du maréchal d'Ancre , époque de l'émancipation de Louis XIII. On reçut, le 15 mai , l'ordre de lever les gardes, et le pays put jouir enfin de quelques instants de repos *.

Les affaires de la commune avaient été fort délaissées pendant les orages politiques; le calme permit aux écïievins de s'en occuper. Us transigèrent, le 3 avril 1618, avec les religieux Minimes qui voulaient absolument s'introduire dans la ville , et ils leur permirent de s'établir au bout de la rue de la Corroirie *. Les intérêts du commerce fixèrent en même temps l'attention de la Chambre. Nous avons dit qu'Henri III, lors de son séjour à Chartres au mois de mai 1 588 , avait créé une foire franche de huit jours; ce privilège, longtemps né-

1 lieg. des Echcvins.

1 Ib.; 4, 10 et 24 janvier. — L'adjudication de la fourniture des boulets fut prononcée le 14 février, au profit de Jean Chevalier, maître fondeur.

a 4 avril. — Il sera payé à Catherin Lcguay 18 livres 5 sous, pour avoir fait deux vovages, par le commandement de la ville, és environs du Perche et de Dreux, afin de découvrir quels sont les gens de guerre qui s'y tiennent. (Ib )

Le Roi, par lettres du 1er avril, avait orescrit de" reconduire à Verneuil les trois pièces amenées par M. de La Braverie , et le sieur de Motitgival , commissaire ordinaire de l'artillerie , avait été chargé de cette commission par le grand-maître. Le départ fut retardé par la crainte des gens de guerre qui rôdaient prés de Verneuil. (Ib.)

Le Roi fit connaître , oar lettres du 9 avril , qu'il avait sommé ces gens de guerre de déloger, sous peine d être traités comme rebelles. (Ib.)

* Ib. — Lettres du Roi , en date du 10 mai.

5 L'historique du couvent des Minimes est contenu dans le dernier chapitre de et volume

gligé à cause des troubles, fut confirmé par lettres du Roi du 13 mars 1618, et la publication de la patente eut lieu le 10 avril Chartres possédait une autre foire franche, dite de la Saint-Barthélemy ; à la demande de M. de Cheverny et sur la sollicitation des échevins de Blois et de Beaugency, on décida, le 12 mai, que cette dernière foire serait remise à la Notre-Dame de septembre, pour ne pas nuire aux foires de ces deux villes qui se tenaient au mois d'août \ Pour donner plus d'éclat aux deux grandes foires de mai et de septembre, on ne crut pas pouvoir mieux faire que de forcer les marchands de la ville à y étaler, sous peine d'amende \

La tranquillité disparut avec l'année 1618. On sut, au mois de janvier 1619, que les protestants du midi remuaient, et dans la crainte que leurs co-religionnaires de la Beauce ne répondissent à cet appel en se jetant dans Chartres , on prescrivit aux portiers de fermer les portes et guichets à six heures du soir et de lever les ponts-levis chaque nuit \ En môme temps, la milice religieuse de la ville s'augmenta de nouveaux membres. Les dames de l'ordre du Mont-Carmel, de la réforme de la mère Thérèse, furent admises provisoirement, en vertu d'une permission de l'Evêque du 2 janvier. Elles s'établirent d'abord dans une maison de la rue Saint-Pierre, puis, au bout de la rue des Vasseleurs, dans l'ancien hôtel des chevaliers de Malte Les armes temporelles et spirituelles

1 Voir supra, p. 293, noie \n.

1 Reg. des Echevins. — Voir suprà, p. 295.

' La première foire de mai se tint en 1618. Le bourreau voulut percevoir le havage sur les crains et autres marchandises étalées, mais on s'y opposa, attendu que la foire était franche, (lieg. des Echevins; Séance du 12 mai.)

Les syndics des corporations étaient tenus de désigner les marchands qui devaient ouvrir à la foire. A la Notre-Dame de septembre 1G18, figurèrent les drapiers, merciers, orfèvres, chapeliers et bonnetiers, cordonniers, cordiers, tourneurs, vanniers , savetiers , boulangers , fourhisseurs , parcheminiers , tanneurs , gnétriers , féronniers, pintiers, chaudronniers, sergers, selliers, bourreliers, œuvres blanches, corroyeurs (Ib.; 27 août et \ septembre.)

* îh.; Séance du 10 janvier.

• Voir, au dernier chapitre de celte histoire, quelques détails sur le couvent des Carmélites.

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