‹ Histoire de ChartresChapitre 17 sur 79 · I196-IS · texte numérisé non relu

I196-IS

En octroyant aux Chartrains une pancarte municipale , Charles de Valois eut probablement moins en vue leur intérêt que le sien propre. Les 12,000 livres tournois stipulées dans la convention de 1 296 payaient largement les concessions qu'il avait faites et qu'il ne pouvait plus refuser. Roi nominal d'Aragon en vertu d'une bulle du pape Martin IV ( 1 284 ) , comte d'Anjou et du Maine , par cession de son beau-père Charles 11, roi de Naples (1291), exécuteur des projets du Roi, son frère, contre Jean d'Avesnes, comte de Hainault (1293) et contre les Anglais (1296), capitaine-général du Saint-Siège , pacificateur de la Toscane , prétendant au trône de Constantinople du chef de Catherine de Courtenai , sa seconde épouse (1298), chef de l'armée envoyée contre le comte Guy de Flandre (1300) , ce Prince, mêlé depuis l'âge de quatorze ans à toutes les grandes affaires de France , menait une vie de combats et de politique qui ne lui permettait de songer à son petit domaine beauceron que pour en tirer le plus d'argent possible.

A l'exemple de Philippe-le-Bel , Charles ne s'était pas fait faute d'altérer ses monnaies baronales ; cette ressource ne lui suffisant plus, il obtint de son frère, en 1304, le privilège de faire frapper monnaie aux types royaux , en tel lieu que bon lui semblerait, jusqu'à la somme de 60,000 marcs d'argent

et de 5,000 marcs d'or. Cependant les revenus ordinaires de ses comtés ne laissaient pas que d'être importants ; à Chartres , outre les grosses coutumes adjugées au Seigneur et les menues coutumes perçues de compte à demi avec l'Évêque le domaine avait trouvé matière imposable jusque dans les actes de procédure des légistes. En 1303 , Jean de Montigny prenait le titre de clerc tenant à ferme l'escripture des lettres de la Tour. Depuis longtemps les Comtes avaient abdiqué le rôle de justiciers en faveur de leurs baillis, châtelains ou prévôts; ceux-ci , devenus à leur tour de grands personnages, confièrent une partie de leurs pouvoirs à certains délégués , qui , sous les noms de tabellions, clers-jurés, gardes-scel de la chàtellenie, se mirent à exploiter de leur mieux l'esprit processif des bourgeois. Ainsi la justice séculière fut amenée à délaisser complètement les décisions sommaires du code barbare pour adopter les formalités interminables du droit romain \

Quoiqu'il ne tirât aucun profit direct du comté de Chartres, propriété de son frère , Philippe-le-Bel n'oubliait pas la ville de son féal conseiller Renaud Barbou , mort récemment \ Par des patentes du mois de mai 1 302 , il confirma la congregation des Aveugles dans la possession libre et pacifique d'une rente de 100 livres tournois dont elle jouissait , du chef de son fondateur , sur le chàtclet de Paris \ La victoire de Mons-en-Puelle fournit bientôt après au monarque une belle occasion de témoigner son attachement à la cité chartraine

1 Voir le n° 7 des Appendices , fin de ce volume , pour In consistance du domaine de Chartres et pour les menues coutumes perçues au Moyen-Age.

* Le style procédurier avait accompli depuis saint Louis une étonnante révolution , œuvre des cJicvaliers ès-lois. Voir, comme spécimen de ce changement, les deux titres des XIIe et XIV* siècles insérés sous le n° 8 des Appendices , fin de ce volume.

s Un Renaud Barbou , successeur d'Etienne Doileau dans la prévôté, de Paris . donna, en 1270, des statuts au métier des oublieurs. LMonum. inédits, Livre des métiers d'Et. Boileau , Depping , p. 350.) Il est probable que ce magistral était le bourgeois de Chartres.

* Archives de l'HAtel-Dieu , Titres de Saint-Julien.

et à sa divine patrone. Dès le mois de septembre 1 304 , quelques jours après la bataille , au camp de Lille , il fit don à Notre-Dame de Chartres, en reconnaissance du succès de ses armes et pour le salut de sa chère épouse la reine Jeanne et de ses enfants, d'une rente de 100 livres parisis, payable chaque année le jour de l'Assomption \ La noblesse de Champagne , de Brie et du pays chartrain , sommée par l'éveque de Meaux et par Renaud Barbou , fils aîné du bourgeois de Chartres, avait suivi à la guerre de Flandre la bannière de Charles de Valois, qui fut un des héros de Mons-en-Puelle.

Les événements dans lesquels le seigneur de Chartres se trouvait engagé ainsi que tout le royaume, n'avaient pas détourné le Chapitre de la poursuite de ses droits réels ou prétendus. Simon de Perruche, mort en 1297, avait été remplacé sur le siège épiscopal par le sous-doyen Jean de Gallande, prélat dont l'humeur un peu vive n'était peut-être pas très-propre à apaiser les conflits. En 1294, le Comte et sa première épouse Marguerite avaient reconnu, par une composition formelle, le droit exclusif du Chapitre à la justice du cloître et de tous ses habitants. Mais il paraît que cet accord ne fut pas longtemps gardé , car les griefs se reproduisirent de telle sorte que la question de savoir si l'on n'excommunierait pas le comte Charles et le Roi fut agitée en plein Chapitre du vendredi après la Purification 1300. Le conseil privé du Comte , dans lequel siégeaient les chevaliers G. d'Harcourt et J. de Danisy, Mc Radulf d'Harcourt , chanoine de Paris,

1 Arch. dép., Cftapitre , Donations, n° 3, rôle C. Charles V confirma cette donation au mois d'août 1367 ; le Chapitre toucha pour la première lois la rente de 100 livres le jour de la lune après la Saint-Martin d'été" 1305. (Heg. capit., vol. 1"; Mss. de la Bibl.)

Pintard dit que Philippe-le-Bel vint à Chartres, et qu'après avoir fait ses dévotions à Notre-Dame f il fonda un service solennel sous le nom de Notrc-Damc-dc-la- Victoire, et offrit à la Vierge l'armure complète qu'il portait dans le combat. (Ilist. chron; Mss. de la Bibl.) Le service de Notrc-Daine-de-la-Vietoire fut célébré les 10 et 17 août de chaque année, jusqu'à la révolution. Voir, sur les armes de Phiuppe-le-Bcl conservées au musée de la ville, la notice de M. I^jenne insérée sous le n° 0 des Appendices . fin de ce volume.

et David de Sesnmisons , bailli d'Angers , fut admonesté sans succès;^ des coinniissaires ecclésiastiques envoyés à Paris, vers la féte de la Purification 1301 , pour traiter de la paix, ne réussirent pas mieux. Quoique le nouveau bailli de Chartres, Me Renaud de Bennes, ancien prévôt, parût animé de bonnes intentions et qu'il eût prêté spontanément le serment de garder les privilèges du cloître , l'interdit fut posé sur la ville et la banlieue pendant l'hiver de 1301 et les pièces du procès furent expédiées en cour de Rome \ L'effet de ce coup,

1 Le Chapitre avait , à lu même époque , procès avec le Roi devant les assises de Janvillc, au sujet de la justice de Berchères-la-Maingot (Heg. capit., vol. 1"; Séance du mercredi après la «Saint-Mathieu 1 301 ) , et procès avec le vidame Robert , au sujet de la justice de Nicorbin et d'Amoinville. (Ib , Séance du samedi avant les Rameaux 1301.) Ses conseillers cl avocats étaient M* Lambert du Château, chanoine professeur ès-lois, M« Pasquier Nivelou, ollicial, M« Pierre Pélicon et M* Jean de Courbenton , clercs apostoliques.

Jamais les serviteurs de Notre-Dame n'avaient eu l'esprit plus disposé à la chicane. Cependant le prévôt de Chartres , Me Robert de Neiifvifte , a 1'cxetuple de son supérieur le bailli , montrait de la déférence pour le Chapitre et lui faisait rendre justice par ses subordonnés. Ainsi, il prescrivit 1° la restitution au Chapitre, des coutumes exigées à tort par le prévôt de IJonncval , de Mathieu Gaudicheau , homme de corps de Notre-Dame , qui avait acheté un cheval et vendu des porcs au marché de Bouneval (cette restitution fut faite sur le serment prêté par Gaudicheau que le cheval n'était pas destiné à être revendu , et que les porcs avaient été nourris dans sa maison); z° la remise au Chapitre de la personne d'Isabelle, inairesse du clos du Chancelier , demeurant à la Chancellerie , liors la porte des Kpars , que les gens du Comte avaient incarcérée, quoiqu'elle fût justiciable de Loéns. (Iteg. capit., vol. 1"; Séances du samedi après la Saint-Michel et avas:t la Saint-Rémi 1301 ; Mss Bibl.)

Un acte capitulairc du 2 mars 1301 < fin de l'année), fait voir avec quelle rigueur le Chapitre maintenait l'interdit mis sur la ville et la banlieue. U» prieur du Pctit- Beaulicu ayant demandé la restitution, au prolit de l'abbé et du monastère de Ciunv. des gros et fruits de ce prieuré saisis par ordre du Chapitre , il fut délibéré que la pétition serait rejetée , attendu que le prieur, prédécesseur du demandeur , n avait pas observé l'interdit, qu'il était mort ercnmmuniè . et que cependant le demandeur, alors compagnon du défunt , lui avait donné la sépulture ecclésiastique , nonobstant l'opposition de Mp Pierre Pélicon, clerc-procureur du Chapitre, et qu'il avait même déchiré les lettres et mandements de la compagnie et chassé son clerc-procureur de l'enceinte du prieuré.

Les registres capitulaires font mention d'amendes payées, en 1301 , par Guillaume de Esprolunga , clerc du bailli Renaud de Rennes , pour avoir concouru au mariage de Mathieu de Béarnais et de Pélr<»nille , dans l'église de Sours, pendant l'interdit; par le prieur de Saint-Martin-au-Val , pour avoir célébré l'oflicc pendant l'interdit ; en 1303, par Fr. Martin . prieur de Lncé, pour même cause; en 1301, par Me Benoit de Bourges , clerc , pour avoir dit la messe à la chapelle de la Tour pendant l'interdit; par Kr. Michel, prieur de Saint-Lubin-dcs-Vijines . pour avoir ouvert les portes de son église le jour de la Saint-Lubin , pendant l'interdit ; par Radulf Bcdel , clerc de chœur de Notre-Dame , pour avoir donné \;\ hénédirlion nuptiale à Nicolas Trouble et à Aalise, nièce de l'ex-prévol Guillaume de Montdidier, excommunié, dans la chapelle de Goindrevillc . en présence du prieur de Saint-Kman de Chartres.

amorti quelque temps par l'espoir d'un arrangement , se fit sentir avec violence à la fin de 1302. Le bailli et le prévôt furent excommuniés ; et si le Comte et le Roi ne subirent pas le môme sort, ils ne le durent qu'à la guerre de Flandre; mais on se promit qu'au retour de cette campagne les foudres de l'église iraient frapper ces princes s'ils refusaient de faire amende honorable.

Lorsque Philippe-le-Bel, alors au plus fort de sa querelle avec le pape Boniface , apprit les intentions des chanoines à son égard, il fit saisir leur temporel (1302) Cette mesure donna à réfléchir au Chapitre , qui , sachant que le Roi no mollissait jamais avec le clergé, suspendit l'interdit et se mit en devoir d'entamer un traité avec le comte de Valois. Mais un incident imprévu vint envenimer de nouveau cette déplorable affaire et ajourner la transaction.

Le mercredi après la Saint-Michel 1 303 , à ce que nous apprennent les registres capitulaires , le bailli Renaud de Bennes et le prévôt Guillaume de Montdidier entrèrent au cloître avec une bande de gens armés, arrêtèrent le chanoine Eudes d'Àgnanie qui était assis devant sa maison, et le conduisirent à la prison de la Tour avec ses familiers. Le sous-doyen , présent à cette scène , voulut faire des représentations ; mais le bailli , brandissant son épée , enjoignit à tout le monde de se taire et fit traîner au cachot quelques prêtres qui protestaient. Le môme jour, les curés de Saint-Àignan , de Saint-Saturnin , et de Saint-Hilaire furent arrêtés et incarcérés en habits de chœur. Ces violences, qui avaient eu tout Chartres pour témoin , déterminèrent le Chapitre à quit-

el tandis que Jean Lavandicr, prêtre de chœur, faisait le guet; par M1' Pastegras, prieur du lYtil-lfcaulieu , pour avoir parcouru la ville en annonçant à son de clochette l'oHicc dans son église, le jour de la Madeleine , pendant l'interdit.

1 Dans la séance capitulaire du jour de la lune après Ilcminisccrc 1 302 , Jacques de la Kcrté reconnut, en présence de ftle Pasquier Nivelon et de Pierre de Scnonclies, qu'au moment de la saisie du temporel , il avait vers»' entre les mains des gens du Roi 758 livres fi deniers, appartenant au Chapitre et dont il était détenteur. (Heij, rapit ; Mss. de la BiM. I

ter la ville. Il fut décidé que le sous-doyen et quelques chanoines resteraient comme gardiens de Notre-Dame et que les stagiaires pourraient faire leur temps d'épreuve ailleurs que dans la cathédrale. Pendant les années 1303 et 1304, le Chapitre erra de ville en ville , tenant ses assemblées dans les églises de Sainte-Croix d'Étampes, de Saint-Nicolas, de Saint-Bernard, de Sainte-Geneviève de Paris, et de Sainte- Marie-Madeleine de Mantes. Fort heureusement pour la paix publique, les négociations poursuivies à Rome et à la cour de France n'avaient pas cessé nonobstant ces débats ; un projet de concordat élaboré par le doyen , le chancelier, l'archidiacre de Blois, le prévôt d' Au vers et le chanoine Raymond, fut présenté à l'examen des princes dans le courant de l'hiver 1304. Le besoin de repos et surtout la fermeté du Roi, qui ne voulait lever la saisie du temporel canonial qu'autant que le clergé déposerait les armes spirituelles, décidèrent enfin les chanoines à suspendre encore une fois l'interdit (fln de 1304).

Quelquefois l'excès du mal engendre le bien : une circonstance bizarre transforma tout-à-coup le Chapitre en champion de la tolérance religieuse. L'évèque Jean de Gallande, qui avait une querelle avec le comte Charles au sujet de leurs droits respectifs dans la justice de certains quartiers , s'étant avisé, vers l'Épi phanie 1304, de jeter l'interdit sur la ville et la banlieue, les chanoines résidents firent défense aux curés et aux monastères d'obéir à l'injonction du prélat, par la raison que, d'après les privilèges de Notre-Dame, nul autre que le Chapitre n'avait le pouvoir d'interdire l'exercice du culte et l'usage des sacrements à Chartres. Les prêtres se partagèrent en deux camps , et ce point litigieux de jurisprudence ecclésiastique donna naissance à un différend qui n'était pas encore terminé en 1308.

Pour faire preuve de bon vouloir envers les chanoines, le comte Charles avait retiré à Renaud de Bennes la charge de

bailli de Chartres pour lui donner celle de bailli d'Aleneon. Mais le Roi qui ne savait pas céder, ordonna à ce magistrat, au mois d'août 1305, de présenter au Chapitre des lettres ainsi conçues: « Philippe, roi de France, aux Doyen, cha- » noines et chapitre de Chartres, salut. Nous voulons que vous » sachiez que nous avons fait paraître devant nous le bailli » de Chartres , au sujet du fait pour lequel vous avez excom- » munié nos gens, et qu'après l'avoir écouté en ses justifica- » tions, nous ne l'avons pas trouvé en faute. C'est pourquoi » nous vous prions de lui donner le bénéfice de votre absolu- » tion , vous avertissant qu'en cas de refus , nous emploierons » un moyen efficace pour terminer la contestation \ »

Le ton sec et bref de Philippe-le-Bel était ordinairement entendu. Après quelques délais pendant lesquels les articles de la transaction furent débattus , le Chapitre décida , dans les derniers jours de 1 305 , que l'absolution serait donnée aux baillis, prévôts et sergents du Comte, à l'exception de Guillaume de Montdidier, ancien prévôt , plus compromis que les autres par les antécédents de sa famille et par sa conduite personnelle envers le clergé *.

Le mercredi après la Saint-Martin d'été 1 306 , Guillaume des Moulins , nouveau bailli , Girard de Dourdan , prévôt , et Guillaume de Batilly , avocat en la cour du Comte à Chartres, prêtèrent serment de respecter les privilèges du Chapitre. En retour de cet acte de soumission , le chapelain du Comte reçut la permission de dire la messe dans la chapelle de la

* Reg. capit. Séance du vendredi avant l'Assomption 1305. Mss. de ia Bibl.

* Ce Guillaume de Montdidier, de la même famille que Renaud de Montdidier, bailli de Chartres en 1280 et ennemi déclaré du Chapitre, avait payé une amende, en 1300 , pour avoir instrumenté dans le cloître et violé une maison canoniale. Il ne fut relevé de son excommunication qu'en 1 307 , après amende honoraltle et visite processionnelle à l'église de Saint-Martin-au-Val , en chemise et brayes. A celte occasion, Robert du Moulin-Neuf, notaire de la Tour du Comte, et Renaud de Senonches , le jeune , furent condamnés à des amendes : le premier, pour avoir placé un coussin sous les genoux du palient pendant la cérémonie de l'amende honorable T et le second , pour lui avoir jeté son manteau sur les épaules pendant la procession à Saint-Martin-au-Val. (Reg. cnpil.; Mss. de la Bibl.)

Tour , ce qui ne s'était pas fait depuis le commencement des troubles.

Enfin le laineux traité de justice si longtemps attendu fut rédigé à Pontoisc, le lundi après la Saint-Mathieu 1306 ^ par Jean de Chivry , ancien évéque de Carcassonne , et adopté par Charles de Valois et Catherine , sa femme , Empérière de Constant-impie. Cet acte, complément de la charte des avoués de 1271 , basé sur le principe de l'extradition réciproque des criminels, portait une atteinte réelle à l'inviolabilité du cloître comme lieu d'asile, car si la justice exclusive de ce lieu et des vingt-six maisons canoniales situées hors de son enceinte était reconnue aux chanoines , on stipulait formellement que le criminel, homme du Comte, réfugié dans le cloître, serait remis aux officiers seigneuriaux par le maire du Chapitre \ 11 est vrai que la transaction contint une reconnaissance, au proût des chanoines, de la somme de 160 livres mise à la charge du Comte par l'acte de 1 271 , comme récompense des avoués supprimés. Le Chapitre ne toucha cette indemnité qu'en 1313 \

En 1312, le Comte avait terminé à l'amiable le discord qui existait entre lui et l'évêque Jean de Gallande. Un règlement du samedi après la Saiut-Pierre-aux-Liens avait maintenu P Évéque dans la justice de Mondonville, de Berchères, de

' Voir au n° 10 des Appendices, fin de ce volume, la traduction «le cette transaction si importante pour la justice et l'état des personnes au commencement du XIV* siècle.

* Comme le Chapitre avait besoin d'argent pour ses affaires , fort négligées par suite de la saisie du temporel , Mc Laudulphe de CoUimpuia , chanoine plus riche que les autres, avança à la compagnie, le mercredi avant la Saint-Clément 1307, une somme de 100 livres, en échange d'un transport de même somme sur l'argentier du Comte; ou lui donna en gage, pour plus de sûreté, la croix dite de Guitireatre , l'un des plus précieux joyaux du trésor de Notre-Dame. Au bout de six ans de lenteurs occasionnées par les événements politiques et un |>eu par le mauvais vouloir des gens du Comte, Evrard de Thyenges, sire de Valéry, cl Pierre Honoré, bailli d'Alençon . commissaires de Charles de Valois , reconnurent la dette de leur maître (août Ï3I3); une promesse de paiement pour le jour de la Toussaint fut donnée en chapitre de la Saint-Luc par M*" Sance de la Fontaine , bailli de Chartres , en présence du prévôt Etienne Colruuge et des bourgeois Jean Colrouge et llemeric Galopin. Enfin , le mercredi avant la Saint-Clément 1313. les ItiO livres furent comptées aux chanoines .par M" Jean de Montgisnn , tabellion-juré de la Tour . remplaçant l'argentier du Comte. (Il<(j. mpil.; Msv de la Hibl.)

quelques moulins de lu rivière et du chemin de Nicochet depuis la maison donnée à l'hôtel-Dieu par le Roi, en 1279, jusqu'à Vauparlbnd ; le prélat devait rester en possession de la moitié des coutumes perçues dans la ville, et un article particulier sur le fait du monnayage à Chartres réservait les prétentions des parties jusqu'à la convention à intervenir entre le Comte et le vidame Hugues de Meslay, chargé, à titre de fieffé de PÉvèque, de la justice des faux raonnaycurs. L'exécution de ce règlement fut remise , par les plénipotentiaires de Charles de Valois , à la prudhommie du prévôt Étienne Colrouge, du procureur Robert des Moulins et du bourgeois Hémeric Galopin. Ces délégués, par manière d'amende honorable, firent rapporter sur le territoire de Mondonville un gros orme que l'ex-bailli Renaud de Bennes en avait fait enlever, rendirent les effigies de Binet Barbe-torte, clerc tonsuré, et de Jacques Ribaudière, homme de l'Évéque, pendus par ordre du bailli et du prévôt, et prescrivirent à Richard, dit Chicou, pendeur ordinaire des voleurs et homicides du comté de Chartres, de relever de ses propres mains ? en y accrochant le mannequin d'un pendu, les fourches patibulaires de la justice épiscopale de Berchères, détruites en 1303 par le prévôt Guillaume de Montdidier

Les chanoines avaient compris depuis longtemps que le seul moyen de mettre un terme aux scènes violentes qui affligeaient si souvent le parvis de Notre-Dame, était d'achever le mur d'enceinte du cloître. Le chanoine Sequance ayant avancé quelque argent en 1 209 , les travaux furent poussés activement sous la direction de Mc Jean des Carrières, maître de l'œuvre de réalise*. On augmenta aussi le nombre desgar-

1 Le trait»'" de i'Mi est donné [>ar extrait s.ms le u" 10 des Appendices , fin de ce volume.

! Jean des Carrières , maçon, lutliomus, fut admis en qualité (|<> Maître de l'œuvre de Mot re- Dame , dans la séance capitulnirr du samedi avant Noël l.'WKl; on lui fil jurer de ne pas accepter l'oHier de Maître de l'ceurrr du ('mute, tant qu'il serait an service du Chapitre

diens de nuit du cloître (1 301-1304) et on les arma de cottes de mailles, de bacinets et d'épées (1309) *. Ces précautions étaient d'autant plus nécessaires que le Chapitre n'avait plus la sympathie des habitants. Depuis la charte municipale, il devenait à peu près indifférent pour les gens de Chartres d'appartenir à la justice du Comte ou à celle des chanoines; l'interdit lancé à tout propos sur la ville indisposait les esprits contre le clergé. Aussi vit-on quelques familles importantes, les Colrouge et les Aresnard , qui cependant avaient des parents chanoines, les Sequart, les Breton, les Bernard, les La Ferté, les Goucet, les Eliot, rompre en visière avec le Chapitre, se faire exclure de Yavouerie et prendre hautement le parti du Comte (1302-1304-1316) \

Ces événements n'inquiétaient guères Charles de Valois, qui, éloigné de Chartres, n'agissait que par procureur, et suivait avec ardeur le courant des affaires du royaume \ Une croisade pompeusement annoncée , en 1 307 , pour la recouvrance de Constantinople et de Jérusalem , à la tète de laquelle le Comte devait naturellement se placer en sa qualité d'époux de YEmpérière de Constantinople , procura au Roi, selon son désir, deux décimes sur les revenus de l'église gallicane. Le chapitre de Chartres fut forcé de vendre la majeure partie des blés de ses greniers pour acquitter cet impôt qui , sous divers prétextes, fut encore exigé en 1310.

On ne voit pas que le lugubre drame des Templiers, qui se joua de 1307 à 1311 , ait fait beaucoup de bruit à Chartres.

1 Ces gardiens recevaient, chacun, 12 deniers de gages, par nuit, à la charge de sonner , chaque soir , le couvre-feu sur la grosse cloche , et , les jours de ffte , sur deux cloches, (lieg. capit. Séances du samedi après la Saint-Nicolas 130-1, et du jour de la lune après la Nativité de saint Jean-Baptiste 1310. Mss. de la Bibl. )

• Ib., Séance du samedi après l'Assomption 1309. Ib. 3 Ib. passim. Ib.

* Le comte Charles avait échappé miraculeusement à la mort , au mois de novembre 1305, lors du couronnement du pape Clément V, dans la ville de Lyon. Le continuateur de Nangis nous apprend qu'un vieux mur s'étant écroulé au moment où la procession papale sortait de I église , le duc de Bretagne fut écrasé sous les ruines et le comte de Valois grièvement blessé.

On sait seulement que le Chapitre figura par députes au concile provincial de Paris, convoqué par l'archevêque de Sens au mois de mai 1310, qui condamna l'Ordre dans la province ecclésiastique, et que le comte Charles assista, vers la fin de 1311, avec son fidèle conseiller le sire de Valéry, l'évêque Jean de Gallande et les chanoines Jean de Brosse et Jean de Jessia, au concile général de Vienne, où le pourvoi en cassation des condamnés fut rejeté. I^es biens que les Templiers possédaient à Chartres et dans le comté passèrent aux chevaliers de l'hôpital de Saint-Jean-de-Jérusalem , en vertu des conditions réglées par le Roi et le Pape \

La mort de Philippe-le-Bel (29 novembre 1314), en appelant au trône le jeune Louis X, dit Hutin, donna le pouvoir effectif au comte Charles. 11 en profita pour punir les anciens ministres de son frère, qu'il détestait; le plus important d'entre eux, Enguerrand de Marigny, fut pendu au gibet de Montfaucon la veille de l'Ascension 1315.

L'évêque Jean de Gallande trépassa à Berchères le jeudi

1 On n'a que des renseignements fort incomplets sur l'établissement des Templiers à Chartres. La tradition fait connaître que leur maison principale était située à l'endroit où est aujourd'hui la Cour d'assises. Un r.yrographe de 11 K3 apprend que cette maison touchait au four des frères de l'Aumone-Notre-Damc et à un terrain possédé jadis par Juquel de CoriJeto. (Arch. dép., Chapitre, Maisons canon., K, n°24, caisse Gl . ) Û résulte de deux actes capitulaires de 1320 et 1323, que les chevaliers de l'Hôpital avaient succédé aux Templiers dans la possession d'une autre maison située dans la rue du Grand-Beauvoir, et qui était tenue à vie par M* Hadulf de Chivry, chanoine, puis doyen du Chapitre, (liey. eapit.; Mss. Bibl.) Les Templiers avaient à Sours un vaste domaine à eux aumoué par la comtesse Adèle en 1192.

L'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem , qui prit plus tard le nom de Malte , fut introduit à Chartres longtemps avant la destruction de l'ordre du Temple. On voit par un titre de Saint-Père (1129-1150) que le sellier Gauthier divisa, en mourant, sa maison sise en la Sellerie (rue des Trois-Maillets) entre les couvents de Saint- Père et de Josaphat et (hôpital des Hièrosolymilains (Cart. Saint-Pere. vol. 2, p. 33G.) Un acte de 1258 indique que les maisons des Hospitaliers de Chartres étaient situées à peu de distance de celles des frères Prêcheurs ou Jacobins , dans la censive de l'Lvêmie. (Arch. dép., Jacobins.) Enfin, dans un cyrographe de 1200 environ, frère Barthélémy est qualifié procureur des Hospitaliers du bailliage de Chartres , procurator hospit. Carnoten. bajulie. (Arch. dép., Saint-Jean.) En 1312, frère Jean Massut était commandeur de l'ordre de l'Hôpital à Ouarville; en 1310, cette eommanderie appartenait à frère Jean du Pont ; en 1357, frère Gilbert du Sceau prenait le titre de Commandeur en chartraiu ; frère Thomas de Valleran était commandeur d'Ouarville en 1302. (Arch. dép., Saint-Jean.) Ouarville paraît avoir été au XIV siècle le siège principal des possessions chartraines de l'ordre de l'Hôpital.

après la Saint-Rémy i 3 1 î> 11 fut inhumé dans l'église des frères mineurs et remplacé , avec la j>ermission du Roi donnée à Royaumont, par Robert de Joigiiy , chanoine de Notre-Dame depuis longues années. Ce prélat, neveu de Mahaud de Chàtillon , troisième épouse du comte Charles , débuta par enjoindre au Chapitre de lancer des excommunications contre les rebelles flamands , selon l'ordonnance d'un concile provincial tenu à Sens vers la fin de 1315, et auquel le doyen et le chanoine Giles de Fortensia avaient été députés. Une dîme pour la guerre projetée par le Roi frappa les biens ecclésiastiques en 1317 et fut continuée jusqu'en 1319, alors même que le royaume, échu à Philippe-le-Long , n'était plus agité par la question flamande \

L'Évôque prenait avec ses anciens confrères un ton de maître qui ne leur plaisait pas ; son zèle ardent pour le service du Roi et du prince Charles valait aux chauoines des demandes de subsides qui leur plaisaient encore moins. De là, des conflits continuels entre le Chapitre , Robert de Joigny et les gens du Comte.

Le soir du vendredi après la Trinité d'hiver 1319, au moment du couvre-feu , les bourgeois Jean et Guyot Breton , Pierre et Gilet du Muret , Pierre Convers , Jean Marescal , Adam Alart , Pierre de la Cour-Richeux , et autres , tous bouchers aux étaux de la Porte-Neuve , firent irruption dans le cloître , se portèrent vers la maison du chanoine-chambrier de la justice duquel ils relevaient, et poussèrent violemment les portes , en criant : « Ohé , chambrier , ribaud , détesta- » ble normand , sors , nous te cherchons toi et tes ribauds , » nous allons briser ton huis ! » Les serviteurs du chambrier se présentèrent armés, une lutte s'en suivit et le sang coula. Le Chapitre fit arrêter les coupables , qui subirent la

1 Jean de Gallande possédait un hAtel sur le quai des Céïestins, à Paris. (Sauvai. Antiquité* de Paris, vol. 2, p. 204.)

» Reg. capit. Séance du jour do la lune après la Purification 1319. Mss. Bibl.

prison et payèrent les amendes réglées par les privilèges royaux

On prit texte île cette rixe pour prescrire l'exercice le plus rigoureux de la justice du cloître. Les degrés de Notre-Dame, encombrés de vendeurs de cierges et de marchands de victuailles, furent dégagés de ces habitués suspects; Mc Renaud , écuyer du chancelier , homme énergique , reçut l'office de portier du Chapitre , qui consistait à diriger les gardiens du cloître , à fermer les portes à la nuit tombante et à ne les ouvrir qu'à l'heure où les chanoines du dehors arrivaient à matines.

Il y eut aussi quelques sévices de la part des officiers du Comte envers le Chapitre pendant les années 1317 , 1318 et 1319. Une sorte d'information en fut faite à la séance capitulaire de la Purification 1319; les chanoines obtinrent le changement du bailli de Chartres dont ils avaient à se plaindre. Cet officier fut remplacé par Thibault Oger , de Villeneuve—r Archevêque ? qui prêta le serment accoutumé dans la séance tlu samedi après le dimanche où Von chante Oculi mei \

Mais ces querelles n'étaient que les accessoires du grand procès qui s'agitait entre le Chapitre et l'Évêque. Robert de Joigny s'arrogeait le droit de mandement dans ses rapports avec les chanoines; ceux-ci prétendaient ne relever que du Saint-Siège , et pour le prouver catégoriquement , ils refusèrent, en 1319, la porte de Notre-Dame à l'archevêque de

1 Guillaume Goucet , Phlipnot de la Porte , Macé Guespin , Gilcs Chauvel , Simon de la Ferlé , Jean Rogcron , biles Harier , tous bouchers et citoyens de Chartres , se purgèrent légitimement de l'inculpation portée contre eux à l'occasion de la violation du cloître. (Voir : Actes capit. Séance du vendredi après la Trinité d'hiver et du mercredi après Sainl-Barnabé 1319. Mss. de la Bibl.)

* Malgré les discordes qui divisaient ses habitants , Chartres continuait à être visité par de grands personnages. En 1318, Charles, comte de la Marche, qui depuis devint roi sous le nom de Charles-le-Bel , fit tenir dans nos murs son parlement ou conseil supérieur, dans lequel siégeaient Pierre de Villeblain , Étienne de Mornav, doyen de Saint-Martin de Tours, et Jean de Vaucelles, bailli de cette ville. (Ordonn. des Rois de France, vol. H, p 499.)

Sens, lors d'une tournée métropolitaine. Les prélats offensés s'unirent contre le Chapitre , qui riposta aux monitoires épiscopaux par l'excommunication de Guillaume de Billy , officiai de l'Évêque. Nous n'entrerons pas dans les détails de cette affaire dont les écrivains ecclésiastiques ont longuement parlé et qui n'eut pour les habitants qu'un intérêt indirect. Nous dirons seulement que le comte Charles , ses serviteurs , la majorité du peuple et la plupart des curés et recteurs de la ville suivirent la bannière de l'Évêque contre le Chapitre et les monastères. Le chanoine Jean de Jessia, l'un des membres les plus distingués de sa compagnie, qui avait été député par elle au concile de Vienne , déserta sa cause et devint le champion de Robert de Joigny ; ses collègues l'excommunièrent. Le chanoine Sequance , l'un des principaux meneurs du camp opposé , faillit monter sur le bûcher comme hérétique , pour avoir parlé légèrement de l'Évêque et de son officiai.

Au milieu de ces débats, le Chapitre fut frappé d'une contribution de 2,000 livres pour subvenir aux frais de séjour en France de deux légats du Pape. Il y a tout lieu de croire que l'Évêque et le Comte ne furent pas étrangers à l'assiette de cette énorme imposition. Les chanoines consternés décidèrent , dans la séance capitulaire du mercredi après la Puri- Gcation 1320, que leurs confrères, Nicolas de Braye et Renaud de llavesiis , seraient envoyés vers le Prince pour essayer de transiger avec lui au sujet des démêlés de leurs gens et surtout au sujet de la taxe demandée. Cette démarche fut probablement inutile , car, bloqués dans leurs maisons ou pourchassés par les familiers de l'Évêque et du Comte , les chanoines se virent forcés, en 1321 , de dispenser de l'office de matines, de peur qu'il ne leur arrivât malheur, ceux d'entre eux qui demeuraient hors du cloître.

Le Pape essaya d'intervenir par une bulle de 1321 qui annulait les interdits et les excommunications lancés de part et d'autre et défendait aux contestants d'user à l'avenir de ces

mesures violentes. Ce fut en vain; les mauvais procédés continuèrent, quelquefois même jusqu'à effusion de sang.

Le mardi après l'Invention de la Croix 1323, le portier du Chapitre , M* Renaud , auquel les gens de l'Évèque en voulaient particulièrement parce qu'il était le chef de la force armée des chanoines , et Me Jean , chapelain du chanoine Pierre de Rochefort , rencontrés dans la cour de l'hôtel épiscopal , furent pris, battus et emprisonnés par les familiers et les notaires de Robert de Joigny. Plainte au Pape , convocation de tous les chanoines de Chartres présents en France , procédures, mouitoires, etc. , rien ne fut ménagé pour donner du retentissement à l'incident qui venait aggraver une situation déjà intolérable. Dans le Chapitre général de la Saint-Jean

1326 , il fut interdit à tout chanoine ou clerc de chœur de recevoir habits ou pensions de l'Évèque tant que durerait le procès. On en était arrivé à ne plus espérer de remède que dans la mort de Robert de Joigny. Cette solution extrême ne se fit pas très longtemps attendre ; l'Évèque trépassa à la fin de 1 326 , après avoir reconnu ses torts envers le Chapitre de sa cathédrale, à ce que disent Souchet et Pintard \

Pendant ces troubles qui durèrent près de trente ans, le

' Le Chapitre eut aussi Quelques démêlés , en 1 323 et années suivantes , avec le bailli de Chartres , Robert Bretel et les prévôts Etienne de Châleaudun et Simon Druet; mais il sut en sortir à son avantage. Dans la séance capitulaire du jeudi après la Madeleine 1 326 , Robert Bretel fut forcé de jurer qu'il n'avait pas excité les serviteurs de Charles de Valois contre le Chapitre et de désavouer les entréprises criminelles dont quelques-uns d'entre eux s'étaient rendus coupables. Le samedi après Oculi met 1327, Tassin de Platea, sergent royal à Gisors, réintégra publiquement à la prison de Loëns, par exprès commandement du Roi , un clerc nommé Bernard de la Garde, qu'il en avait extrait de vive force. En accomplissant cette restitution , ce sergent cria trois fois : « Je restitue et ramène à la prison de Loèns , • Bernard de la Garde , que j'en avais violemment et indûment tiré et que j'avais » conduit à la Tour du Roi à la demande et suggestion de Robert Bretel , bailli ; » de quoi j'ai gagé amende au Chapitre. • (Iicg. cap.; Mss. de la Bibl.)

Cependant le bruit de toutes ces querelles n'avait pas assez de retentissement pour ébranler le crédit dont jouissait au dehors le sénat de Notre-Dame de Chartres. A cette époque même, plusieurs chanoines étaient employés par les princes à des affaires importantes. Nous voyons le doyen Jean Pate parcourir le midi de 1324 à

1327, comme général réformateur pour le Roi dans les pays de Navarre et de Bigorre , et régler, en cette qualité , les privilèges des villes de Castelnaudary et de La Bastide-Saint-Martin. (Ordonn. des Mois de France, vol. 12, p. M et 50i.)

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